Alors Jean Charest… une petite blague ce matin?

•avril 26, 2012 • Laisser un commentaire

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“Le recours à la violence est le propre des régimes moribonds qui s’accrochent au pouvoir au prix de tabasser leurs enfants…”

Les images sont troublantes, on les voit partout. Mais on ne voit jamais le portrait d’ensemble. Les trois premières heures d’une marche de milliers de personnes qui descendent en très grand nombre, spontanément indignés par l’incurie de leur gourvernement. Trois heures de protestation pacifique. Le souci, même, des factions les plus militantes du mouvement étudiant que le tout se passe dans le calme. C’est la réponse qu’il faut opposer à l’incurie du gouvernement: la force du nombre, la démonstration de l’engagement dans la lutte loin des débordements dont se sert la ministre pour discréditer et diviser le mouvement étudiant.

Un gouvernement odieux et corrompu. nUn gouvernement qui rit à la face du sang et de la casse :

www.youtube.com/watch?v=xcVMe5HLF_Q

Un gouvernement qui n’a plus la légitimité de gouverner, un gouvernement qui use des leviers de l’état depuis longtemps afin de servir les intérêts des amis du parti, un classique de népotisme à la sauce Duplessis. Un gouvernement qui mérite l’opprobre. Mais surtout, dans la plus abjecte des traditions des régimes moribonds qui s’accrochent au pouvoir, un gouvernement qui montre depuis des semaines qu’il est prêt à sacrifier la jeunesse, à tabasser ses enfants, à recourir à la brutalité des tactiques d’intimidations policières sur le dos d’un groupe social vulnérable, les étudiants, dans le seul but de capitaliser sur les gains politiques qu’il POURRAIT en bénéficier. Du pur opportunisme politique nourrit par le sang, les crânes brisés, les rêves décapités de sa jeunesse.

Votre gouvernement Jean Charest (vous ne méritez certainement pas que l’on vous appelle monsieur et vous montrez votre vrai visage, qui n’a rien d’honorable) est ignoble. Des milliers de personnes l’on constater dans les rues de Montréal, encore, hier soir.

Le prétexte sur lequel s’appuie votre gouvernement pour faire la “passe” aux étudiants est odieux. Une goutte d’eau dans l’océan de la corruption et la collusion qui font transiter beaucoup plus en cash dans vos bureaux pour soutenir votre régime que tout ce que vous pouvez espérez aller chercher dans les poches des plus pauvres de la société.

Par opportunisme politique vous avez reculé quand il fut question du gaspillage de l’UQAM à l’Îlot Voyageur, du Suroît, du Mont-Orford, vous n’avez pas bronché quand on a appris la perte de 40 milliards du bas de laine des Québécois, la CDPQ, par souci de nourrir le régime vous avez perverti le système d’attibution des places en garderies, que vous avez assujetti aux impératifs de financement occulte de votre parti, vos nominations partisanes aujourd’hui vous servent bien alors que des juges associés au parti libéral écoutent des avocats militants libéraux qui défendent des étudiants pro-hausse qui forment des associations comme le MESRQ, fortement noyeautés par des jeunes libéraux… ainsi va la roue, ainsi se nourrit le régime…

Fort de ce bilan honteux, cette feuille de route qui ferait exploser la rue dans d’autres contrées où la tradition militante est plus virulente qu’ici, c’est en traînant tout l’odieux de votre régime moribond que vous vous présentez devant les étudiants en leur faisant la morale!!! Ils sont peut-être jeunes, mais ils ne sont pas dupes. Leurs représentants s’expriment avec la verve et l’aplomb qui font rougir les gueules de bois que vous nous envoyer chaque jour ressasser vos cassettes indigestes.

Dans les moments de crise, alors qu’on s’attendrait du gouvernement qu’il calme le jeu, qu’il se place en tant que fiduciaire du bien commun, vous avez choisi, par le truchement des mots de votre ministre de l’éducation hier, l’ultime appel à l’opportunisme politique, le scénario de la division et de la confrontation. Au diable la paix sociale, au diable la mise au rencart des intérêts du parti. C’est pas avec une cassette que Line Beauchamp a rencontré la presse hier après midi, c’est avec un jerry can. Ce qu’elle a dit aux étudiants c’est : “Go fuck yourself”.

La ministre qui condamne ad nauseam la violence mais qui l’encourage à grands renforts de stratégie de confrontation soigneusement planifiée dans vos officines où les sondages que vous commandez à des firmes amies, que vous publiez dans des journaux complaisants, cette ministre donc tourne les talons en conférence de presse et ne daigne jamais répondre de la violence de votre régime, et elle ne répond pas non plus quand on lui demande quel effet peut avoir les luxueuses rencontres de recteurs “riches en tabarnak” dans le sud, en première classe, sur le bras de la gestion caduque de leurs institutions… Non, à ça pas de réponses. Elle ne répond jamais non plus des bris de la trève par les nombreuses injonctions faites pendant la période où elles ne devaient pas avoir lieu. De la mauvaise foi en boîte par un régime moribond.

Nous, population du Québec, espérons que les aimez en tabarnak vos sondages et que vous déclenchiez des élections avant que votre incurie pousse la majorité silencieuse dans la rue. Excédés par tant de corruption, tant de copinage, par tant d’arrogance et de mépris, il ne faudra pas vous surprendre que les Québécois prennent la rue. Pas seulement des étudiants, mais du vrai monde (car pour vous les n’étudiants n’en sont pas manifestement), vraiment excédés et prêts à tout pour vous crisser dehors.

La petite histoire d’une grève…

•avril 18, 2012 • Laisser un commentaire

Une drôle de classe que la mienne cette session. Un cours à prédominance orale et un groupe de 40 étudiantes. Pas un seul garçon. Une première. Moi qui aime traiter de la gestion de classe, je serai servi!

Le soir de la Saint-Valentin, je me permets une blague un peu moche. Les impératifs d’être étudiantes ou celui d’être prof; nous sommes là. Je me compte chanceux, je souperai ce soir là avec 40 charmantes étudiantes du module de l’éducation! On doit bien rire un peu de ce cours à l’horaire atypique! Un 5 à 8!

Déjà dans le corpus de lecture fortement teinté de l’actualité qui touche le monde de l’éducation, nous avons à discuter du mouvement de protestation étudiant en lien avec la hausse des frais de scolarité. Contexte : construire un plan d’intervention orale de 5 à 7 minutes, fonction référentielle du discours, pas question de donner son opinion. Présenter les enjeux, les positions des uns et des autres sans prendre partie. Un cours particulièrement stimulant, beaucoup d’échanges, des arguments dans la période de discussion, de mise en commun des idées. Les opinions de mes étudiantes sont partagées. Je fédère le tout sans prendre partie. Pas tout de suite.

La semaine d’ensuite, on m’apprend qu’il y aura vote au département de l’éducation du campus de St-Jérôme de l’UQO. Le vote général a été teinté semble-t-il d’irrégularités. Les Associations étudiantes veulent voter par département. Encore nous en discutons en classe. Je demeure neutre tout en m’assurant de mettre en garde mon groupe des dérives possibles de ce type d’exercice démocratique. Il faut s’assurer que le vote soit légitime, un vote secret si possible, du moins que personne ne soit intimidé en fonction de son opinion sur le sujet. Mais surtout, quoiqu’il advienne de l’issue du vote, du nécessaire impératif de respecter le résultat du vote.

Je reverrai mes étudiantes une dernière fois la semaine d’après car mon cours se tiendra une journée avant l’entrée en vigueur de la grève. On me demande ce que j’en pense. Mon syndicat appuie publiquement la grève, moi aussi. J’ai le privilège (peut-être sera-ce la seule fois de ma carrière) d’avoir un groupe exclusivement féminin. Des futures enseignantes, un métier de plus en plus difficile, où les conditions de pratique se détériorent, où le taux de rétention dans la profession inquiète; j’aborde le tout sous l’angle des conditions sociales des femmes. Une société qui fait reculer les droits de la majorité attaque toujours les femmes en premier. L’histoire montre que quand les conditions des travailleurs reculent, quand les acquis sociaux sont remis en question et menacés, ce sont TOUJOURS LES FEMMES qui en souffre en premier. En ce sens, mon appui à leur cause est acquis, doublement. À titre d’étudiantes, mais aussi à titre de femmes.

Nous en parlerons longtemps après le cours. Je suis touché par les histoires que j’entends. Loin des égosillements démagogiques des radios complaisantes à la cause du gouvernement qui condamnent tous azimuts ces fauteurs de troubles, ces « crisses de pourris sales», non mais quel con ce maire d’Huntingdon. Un petit échantillon certes, 40 étudiantes. Mais ce que je vois c’est beaucoup de filles qui travaillent pour arriver à étudier; l’une serveuse dans un restaurant, une autre dans une garderie privée le jour, sans reconnaissance, une autre encore qui œuvre dans le secrétariat. Presque toutes doivent travailler et étudier. Plus de la moitié est forcée à s’endetter. Une réalité que je comprends bien, dix après le début de ma carrière, je rembourse encore mon prêt étudiant. Les études de cycle supérieur pour un fils de camionneur…

Elles risquent beaucoup dans bien cas. Mettre en péril ses études quand on y met tant d’effort est un geste louable que l’on doit saluer; dans cette société trop souvent nourrie au cynisme et à l’individualité comment ne pas saluer ces filles qui décident de se tenir debout? Une me racontait qu’effectivement elle avait un téléphone portable (ce qui semblait en importuner plusieurs, symbole de ces enfants gâtés), il lui avait été offert par un ancien copain, inquiet de savoir que sa blonde terminait vers minuit, sa voiture garée dans un endroit sombre de St-Jérôme…

Un jour que j’étais attablé au quatrième étage de l’aire commune du pavillon de l’UQO de St-Jérôme, un très endroit qui surplombe la ville, je croise une étudiante qui arbore le carré rouge. J’attends que mon cours commence en sachant qu’il n’aura pas lieu. Les deux dernières semaines, j’ai été reçu par un comité d’accueil d’étudiantes arborant fièrement le carré rouge. Cette étudiante ne fait pas partie des grévistes, elle étudie en administration. Elle est visiblement enceinte de plusieurs mois. Je sais cependant qu’elle devra voter ce soir là comme les étudiants en administration doivent se prononcer. « Ma session est bien peu importante dans le fond, je sais trop bien tout le mal que ça me ferais de devoir payer quelques centaines de dollars de plus, j’ai tant de mal à arriver déjà. Je ne suis pas la seule mère monoparentale à essayer d’étudier en m’endettant le moins possible… »

Les démagogues en tous genres ont inondé leurs nombreuses tribunes de tant de faussetés que l’histoire de ce groupe d’étudiantes se doit d’être racontée. Semaine après semaine, nous sommes loin des rassemblements tapageurs et des casseurs tonitruants! La même routine. Mon contrat stipule que je dois me rendre à mon cours. Je connais la chanson; elles sont là, au fond d’un couloir dans le sous-sol du campus de St-Jérôme, une classe. Des sourires et une ambiance festive la première fois, quelques enfants. Je discute avec elles pendant un certain temps et je rebrousse chemin. Un peu fier tout de même de cette mobilisation. La jeunesse se politise-t-elle… enfin! Notre époque du morcellement de tout ce qui nous unit au collectif voit-elle enfin quelques bribes d’une solidarité vivifiante?

La semaine d’ensuite, elles sont beaucoup moins. Il fait tristounet dehors, et dans le fond du couloir elles s’attendaient à être plus. C’est dans l’indifférence cette fois qu’elles m’accueillent. Il y a dans le milieu de leur cercle (un carré plutôt, elles ne sont que quatre) un plat qui contient des muffins décorés de glaçage rouge. Visiblement le plat demeure entier. Je ne sais trop quoi dire, sinon que de partager ma solidarité.

Dans quelques minutes je me rendrai devant ma salle de classe. Je sais que mes étudiantes ont voté hier soir. Je ne sais trop à quoi m’attendre. Un refus de poursuivre la session au-delà de la période d’aujourd’hui mettrait sérieusement la session en péril. Honnêtement je m’attends à donner mon cours.

Comme je descends l’escalier, les cris et les rires d’enfants m’ont vendu la mèche. Ont-elles osé? Leur détermination est incontestable! Elles sont plus d’une vingtaine à m’attendre. Des sourires, certains inquiets, mais fièrement elles accueillent leur professeur pour lui signifier leur refus d’abandonner la lutte pour cette cause en laquelle elles croient. On peut être en désaccord avec leur position, mais on doit saluer leur courage. Trop d’entre elles ont connu la précarité de la vie étudiante, les jobbines mal payées, les loyers que l’on partage à plusieurs pour arriver, les horaires de travail des unes et des autres, le va et vient d’un loyer trop exigüe pour jouir de la tranquillité nécessaire à la réalisation de travaux universitaires décents. La déception de devoir se comparer avec une minorité également qui peut étudier sans devoir se tracasser des questions financières. Cette iniquité des chances qui fait que trop souvent la note que l’on se voit attribuée est conditionnée, inévitablement, par des impératifs qu’ont subit plus que l’on ne contrôle.

Quand j’entends Paul Arcand, matin après matin qui fait des milles et des milles sur le dos des étudiants, qui questionne la légitimité de leur choix démocratiques, qui met en doute la justesse de leur cause, qui dresse un portrait caricatural de ces jeunes qui sont dans la rue, dans le fond des couloirs universitaires pour défendre une cause en laquelle ils croient, pour laquelle ils ont résolument décider de s’unir, je rage en dedans. Ça m’enrage profondément. Et je pense à cette fille, enceinte de plus de huit mois, qui a travaillé si fort pour réussir sa session malgré les rigueurs de la maternité à venir mais pour qui le bien commun passe avant les considérations de sa seule session… Nous avons beaucoup à apprendre de ces jeunes. Beaucoup.

Les hockeyeurs Québécois, grands oubliés du développement de l’élite junior.

•janvier 6, 2012 • Laisser un commentaire

Maintenant que le championnat mondial junior de la FIHG est terminé, voici les résultats d’une courte recherche de la représentativité des hockeyeurs du Québec au sein de cette équipe depuis l’an 2000. On trouvera également à la fin de cet article une courte réflexion sur Pierre Gauthier et la situation du français chez le Canadien de Montréal.

Les hockeyeurs Québécois, grand oubliés du développement de l’élite junior.

Compte tenu que l’on garde habituellement 23 joueurs par année et que l’on peut comptabiliser environ 275 places qui ont été campées par 261 joueurs, certains ayant vécu l’expérience plus d’une fois.

Parmi les joueurs d’origine québécoise (donc nés au Québec, ce qui élimine les Claude Giroux et Sean Couturier par exemple), seulement trois joueurs ont été retenus deux fois par Team Canada : les gardiens Maxime Ouellet (2000-2001), Marc-André Fleury (2003-2004) et le défenseur Kristopher Letang (2006-2007).

Sur cette période, un total de 24 joueurs d’origine québécoise ont réussi à se hisser parmi les 261 joueurs choisis, soit un ratio de 9,1 %. La Québec compose environ 21% de la population du Canada et bon an mal an, Hockey Québec revendique environ la même proportion des inscriptions au total des joueurs d’âge mineur qui sont comptabilisés par Hockey Canada.

Comptant sur un circuit junior majeur, la LHJMQ, qui assure une visibilité aux joueurs d’âge junior provenant de la province (et des maritimes), on ne peut affirmer que la sous-représentation des joueurs juniors québécois à Team Canada serait la conséquence d’un manque de visibilité.

Ce qui crève les yeux, c’est que pour qu’un joueurs Québécois perce l’alignement de Team Canada il doit : a) être gardien de but (ça aide…) ou b) être un joueur d’exception. Les joueurs de soutien (hormis Max Talbot?) sont exclusivement Canadiens et à talent égal, c’est toujours le gars de l’Ontario ou de l’Ouest qui sera retenu. Tout milite en fonction d’une représentativité québécoise distincte au hockey international pour le Québec comme le font nombre d’autres nations « fédérées » sur la scène internationale (Pays de Galle, Écosse, Irlande du Nord, etc).

Liste des joueurs Québécois ayant été retenus pour Team Canada junior 2000-2012

2000
G Maxime Ouellet
D Mathieu Biron
D Joe Rullier
A Éric Chouinard

2001
G Maxime Ouellet

2002
G Pascal Leclaire
G Olivier Michaud

2003
G Marc-André Fleury
D Alex Rouleau
A Pierre-Marc Bouchard
A Pierre Alexandre Parenteau

2004
G Marc-André Fleury
A Maxime Talbot

2005
A Patrice Bergeron

2006
D Kris Letang
A Guillaume Latendresse

2007
D Kris Letang
A Marc-André Cliche

2008
G Jonathan Bernier

2009
A Angelo Esposito

2010
D Marco Scandella
A Jordan Caron

2011
G Olivier Roy
D Simon Després
A louis Leblanc

2012
A Jonathan Huberdeau
A Michaël Bournival

Un petit commentaire par rapport à certaines critiques que j’ai lu concernant le travail de Pierre Gauthier. Cantin et Gagnon notamment dans la Presse ont évoqué que le DG du Canadien aurait dû voir venir la controverse inévitable que susciterait l’embauche d’un entraîneur unilingue anglophone à Montréal.

Petite précision : Pierre Gauthier SAVAIT TRÈS BIEN que la nomination de ce bon Randy ne passerait pas.

A) C’est précisément pourquoi il a demandé à un type qui n’avait aucune, mais là aucune expérience derrière un banc (surtout pas au niveau professionnel) de prêter son patronyme (Carrière) à la liste des entraîneurs (et aussi pourquoi on voit Pierre Groulx à l’occasion).
B) Pierre Gauthier a CHOISI de défier la base des partisans de l’équipe, à 80-85% francophone, tout comme l’ensemble des journalistes et chroniqueurs sportifs, comme en a témoigné son très arrogant et sec « Une langue, ça s’apprend! ». En effet mon Pierre! Ruth Ellen Brosseau l’a fait en trois mois, assez pour communiquer avec les gens qui payent son salaire. Pierre Gauthier payera de cette arrogance de son poste et pourra retourner aux States…

Team Canada, machine à imprimer de l’$

•janvier 4, 2012 • 1 Commentaire

On se questionne ce matin, entre collègues de travail, sur la relation qu’entretient le peuple canadien avec le sport national, le hockey. Alors que le tournoi annuel des junior mondiaux tire à sa fin, l’équipe canadienne a commis l’odieux de perdre en quart de finale. Une honte nationale?

On parle ici de jeunes hockeyeurs d’au plus 19 ans, des joueurs amateurs qui remplissent des aréna de joueurs professionnels comme moins du tiers des équipes de la LNH peuvent le faire. Au Canada seulement cependant! Car quand ce tournoi est joué ailleurs sur la planète hockey, l’affluence diminue drastiquement. C’est ce qui explique d’ailleurs que ce se tournoi se tient désormais si souvent en sol canadien.

Il était sidérant d’entendre à la CBC le 3 janvier dernier le columnist Eric Francis du Calgary Sun et panéliste au Hockey Night in Canada expliquer l’importance du match de demi-finale pour ces jeunes canadiens. Le tournoi est divisé entre les villes albertaines de Calgary et d’Edmonton. Tous les matchs de la première phase du tournoi de l’équipe canadienne ont été joués à Edmonton. En revanche, l’équipe canadienne a déménagé ses pénates à Calgary pour les matchs de la phase éliminatoire.

Ainsi, le bon « Canadian Fan » de Calgary achetait son laissez-passer a grand prix non pour les matchs de la phase préliminaire entre la Lettonie et la Slovaquie mais bien en prévision du match de la finale du tournoi auquel le Canada a pris part au cours des dix dernières années.

Eric Francis d’expliquer, donc, en analyse du match entre le Canada et la Russie dont le vainqueur passait en finale que le Canada n’avait pas le droit de perdre, que ce serait « injuste » pour le fan de Calgary dont la valeur de l’investissement dans ce tournoi tenait en clair sur ce match de finale si important.

Des joueurs d’âge junior, des non professionnels qui ne sont pas rémunérés pour leur participation à ce tournoi.

Au Canada anglais ce tournoi prend des proportions inégalées alors que l’on mêle la construction d’une fierté nationale à la poursuite de succès internationaux de chaque équipe qui participe à un tournoi international de hockey sur glace. Le tout dopé à la commercialisation payante de ces événements par les réseaux anglo-canadiens comme TSN, Sportsnet et la CBC. Cette commercialisation sert aussi très bien les fabriquant de bière et les sweat shop de café typiquement Canadian qui misent gaiement sur la fibre nationale pour engranger les profits.

Si les grandes compagnies et télédiffuseurs canadiens y gagnent, qu’en est-il des jeunes joueurs du Canada? D’abord, réglons tout de suite une chose, la participation de jeunes Québécois à ce tournoi est très rare. Seuls les joueurs d’exception, les surdoués, sont retenus par Hockey Canada. En clair, les jeunes Québécois sont scandaleusement sous-représentés à ce tournoi et n’y tirent pas grand-chose. Il est plus que temps que le Québec se représente lui-même à ce tournoi. (J’ai d’ailleurs déjà publié à ce sujet)

Pour les jeunes Canadiens, certains ont vu leur statut changer instantanément suite à leur participation à ce tournoi, au-delà de leur réel talent, on pense récemment à Patrice Cormier, capitaine passé de cette équipe, ou à Jordan Tootoo, dont la fougue en avait fait un favori de la nation. À l’inverse, Guillaume Latendresse, 13e attaquant très peu utilisé lors de sa participation à ce tournoi, a montré par la suite que son succès junior était justifié.

Mais avant tout, on devrait toujours rappeler que ce tournoi devrait être une expérience formatrice pour de jeunes joueurs d’âge junior, des joueurs qui sont en phase d’apprentissage, dont le développement est loin d’être terminé, dont les erreurs sont inévitables (comment oublier la bourde de Marc-André Fleury qui avait coûté l’or aux Canadiens, un exemple de persévérance qui s’en est très bien remis!), en sur qui il est irréaliste et injuste de placer les espoirs corporatistes de ceux qui tirent plus profit de l’expérience.

Réflexions du vendredi – l’intimidation

•décembre 2, 2011 • Laisser un commentaire

Pour faire suite à mon texte d’hier sur l’intimidation, je me dois de rajouter ceci; l’intimidation se produit dans une époque, un contexte. Quand je regarde Charest qui félicite et glorifie la ministre Courchesne pour sa gestion des garderies (plutôt son apport au financement occulte libéral), quand on voit ce gouvernement qui ment impunément, qui érige le cynisme et la corruption en système de perpétuation électoral illicite, pourquoi un enfant se formaliserait-il du mal fondé de ses actions? Pourquoi un enfant se sentirait-il mal de ses actions? Pourquoi un adolescent pleurerait-il le sort de ses semblables?

Pourtant je refuse de croire que les enfants sont foncièrement méchants. Je refuse d’admettre la bêtise et de capituler devant les hérauts du pathétisme social. Je dois à mes enfants, aux enfants de ceux que j’aime, de continuer à croire dans la force de ceux qui aspirent au bien commun. Pas pour eux-mêmes, pour le mieux-être de ceux qui nous suivent. Chaque enfant qui souffre le calvaire de l’intimidation, de l’ostracisme, de la rejection, portera en lui les stigmates de ces agressions sociales répétées. Un cycle à briser.

Le cycle de la bêtise sera brisé par l’empathie et le souci de l’autre, par la tolérance, par l’amour. Le cycle de la bêtise sera cassé par la prise de parole, par l’écoute, par l’écoute sincère et le souci des sentiments de l’autre. Maudite altérité. Mais il est en chacun de nous, même toi l’agresseur, même toi qui agresse autrui pour couver tes propres blessures, même toi qui aurait pu intervenir, trop figé dans la peur, pire dans l’indifférence. Il nous appartient tous de veiller au bien être des nôtres, de prendre la parole, dans la tolérance, mais fermement, quand les mots blessent, quand les actions agressent. Je le ferai.

La barbarie dans chaque salon de l’Occident

•octobre 21, 2011 • Laisser un commentaire

Comme d’autres collègues au bureau aujourd’hui, j’ai été sidéré par les images macabres de la capture et de la mort (l’exécution?) de Kadhafi. Le type est un tortionnaire et un dictateur qui donne froid dans le dos. Pire, son inhumanité laisse parfois à penser que certains êtres humains sont fondamentalement méchants, dans le sens le plus tordu du terme.

Dès la diffusion des premières images, mon fil twitter s’anime. D’abord, les images non censurées de Al-Arabya. Pas de doute, c’est bien lui. Comme c’est le cas en pareille circonstance dans le monde des médias, l’information explose dans tous les sens. Il serait encore vivant, seulement blessé aux jambes, d’autres disent qu’il est mort. Les images rapidement laissent planer peu de doutes, il est bien mort, ensanglanté.

Une collègue me fait remarquer qu’en 2001, les médias se gardaient encore une petite gêne. Les tours qui s’effondrent oui, mais les images, pourtant maintes fois captées, de gens qui sautent des hautes sphères de l’édifice pour aller mourir dans les décombres, très peu ont filtré. On n’était pas encore entré dans l’univers de la surenchère de la barbarie graphique selon elle. Je ne savais trop quoi répondre, j’ai dû y penser.

*****

11 septembre 2001. Un matin particulièrement chaud et ensoleillé dans un verger de Frelishburg. Je travaille au verger Longval, celui de Peter MacAuslan, un bijou de ferme. Dans ma grosse van Econoline Camper, un poste de Montréal qui diffuse le grunge rock aliénant parfait pour ce type de travail répétitif. Soudain, rupture dans la programmation, quelque chose de grave pour que l’idiot de DJ tente de passer à un ton trop sérieux, un inconfort manifeste. Le 95.1 rentre trop mal, mais le signal de la NPR (l’équivalent de la SRC à l’époque du moins) est clair. Je deviens boulimique de l’information. Accroché à un fil audio, les quelques heures qui suivent sont surréalistes.

Sans le support de l’image, les animateurs, les analystes, les citoyens consternés tentent tous, en un champ lexical des plus variés, de rendre compte de l’importance du moment. L’histoire arrive, beaucoup avancent que ce sera le moment Kennedy de notre génération.

Des jours et des jours accroché à NPR. Mes potes me fuient, écœurés de la sempiternelle analyse des implications socio-historiques, des conséquences politiques. Je suis avec une bande de hippies qui se droguent au cynisme et au Freeze 21.

Plus la saison avance et moins il y a besoin d’une main d’œuvre abondante. Mi-novembre, nous ne sommes plus que trois pour la pomme de glace et l’entretien du verger. Depuis plus de trois mois, j’habite dans une cambuse aux services rudimentaires : une vieille radio, poêle et frigo, deux chaufferettes électriques. Pas de télé. À l’époque, je n’ai pas d’ordinateur portable non plus. Une pile de journaux. J’ai bien vu les images dans les journaux, mais quand je retourne dans mon patelin, au moment des revues de presse de fin d’année, je vois les images à la télé pour la première fois.

Brutal.

Ma mère me prend pour un hurluberlu, se demandant comment diable j’avais fait pour ne PAS voir ces images que tous ont vu jusqu’à plus soif. Je quittais rarement la ferme et l’engagement que j’avais avec Lee, mon boss, était que j’étais disponible tous les jours. En revanche, je n’avais plus à travailler avant un bon bout de temps.

Nous étions à l’ère Bush II, un air de boulechitte de droite, l’âge d’or des faucons néorépublicains, les Rumsfeld, les Chenney. Les États-Unis avaient mauvaise presse même si la planète compatissait avec le peuple états-unien, beaucoup pensaient que le régime Bush (I et II) l’avait bien mérité. Un soir où, avec mon père, nous discutions de cela, je m’insurgeais contre cette Amérique, contre ce peuple belliqueux. Personne au monde ne connait ce pays comme mon père! Huit millions de km comme trucker, la carte routière fondue dans le cerveau, un low bridge par ici, un truckstop miteux par là, un détour inconnu quand il le faut… Les Américains ne sont pas tous pareils, il me convainc de l’accompagner dans un aller-retour vers Chicago.

En revenant, ma décision est prise, je quitte pour un périple de deux mois dans mon Econoline, je ferai plus de 9000 km le plus souvent dans l’Amérique profonde, une époque fascinante pour découvrir ce pays. J’en garde encore aujourd’hui un souvenir intarissable (j’y reviendrai un jour ici…)

********

Je répondrai à ma collègue que le 11 septembre 2001 est, selon moi, le point de départ et le point de fuite au bout duquel on peut regarder le prisme de la surenchère de la barbarie de l’image.

Le peuple états-unien vit encore les contrecoups du débalancement provoqué par le fracassement des plaques tectoniques sociales qu’a engendré les tristes événements de cette journée. La barbarie dans chaque salon de l’occident, un stunt machiavélique sans précédent, on doit l’avouer, un coup de maître dans la recherche de la provocation terroristique. Les historiens étudieront les conflits que nous vivons présentement à la lumière de cet événement. On est en plein dedans. Et la terreur dans mon iphone ce matin, une simple page issue de cette Histoire.

Patente à gosses pour un pas de couilles

•octobre 20, 2011 • Laisser un commentaire

Sale temps pour un Québec…

C’est un sale temps pour être Québécois dans ce foutu pays. Écouter les nouvelles hier soir donnait la nausée. Je me désole parfois de ne pas être du côté de ceux qui s’en crissent, entre un épisode de Copulation double et la 8e mouture du soporifique Sport 30…

A) Le dossier de la nomination de DEUX juges unilingues à la cour suprême du Canada. Car ce qui ressort des trois heures d’audience hier avec les deux plus récentes nominations des Conservateurs à la Haute cour du Canada c’est que les deux juges admettent d’emblée que leurs compétences linguistiques en français, l’autre langue OFFICIELLE de ce foutu pays, sont DÉFICIENTES. Concrètement, sans l’aide d’un traducticiel instantané, ces deux juges ne pourraient conduire une cause dont l’un des acteurs serait unilingue francophone.

Tout aussi désolant était le camouflet pathétique qu’a tenté de servir la député néodémocrate Boivin au juge Moldaver sur la question linguistique en y allant d’une allocution de départ uniquement en français. Un beau show devant les caméras. Dans les faits, le NPD a ACCEPTÉ et entériné la proposition des Conservateurs en cautionnant de l’unanimité la courte liste de 8 juges proposée par le gouvernement. Autre exemple, s’il en est un, de l’inconfort manifeste du NPD de devoir se poser en défenseur de la spécificité du Québec et de la défense de la place du français dans la fédération canadienne…

B) L’attribution des contrats de construction de vaisseaux de la Marine royale canadienne. Notons d’abord une chose, l’ampleur de l’appel d’offre est si grand (le plus important en temps de paix au Canada) qu’on comprend mal pourquoi le gouvernement fédéral n’ait pas choisi un appel de proposition qui puisse avoir fournit de l’ouvrage pour les trois grands chantiers navals du pays. Non. La Davies de Lévis a été ignorée.

Le gouvernement Harper a tôt fait de se désimpliquer de tout ce dossier, affirmant la main sur le cœur qu’il n’avait pas été au fait de la conduite du processus. CE GOUVERNEMENT!!! qui pousse le contrôle de l’information gouvernementale au-delà de tout ce qui a été connu dans l’histoire de ce pays, qui impose que toute l’information gouvernementale soit filtrée par les yeux du Conseil privé, qui impose les politiques gouvernementales en fonction de ses intérêts… En passant, le député conservateur de Lévis, Steven Blaney, d’ordinaire très affable et bavard, a réagi par communiqué. Quel courage.

Piste de lecture : http://www.huffingtonpost.ca/2011/10/19/canadian-shipbuilding-contracts-vancouver-halifax-levis_n_1020461.html

C) La patente à gosse de Jean Charest. Marrissal a raison ce matin, cessons de parler de « gosses » car la patente de Charest est complètement émasculée. Une arnaque construite sur mesure pour protéger (non la preuve) les acteurs de la collusion et du financement libéral du PLQ et le parti de Charest lui-même. Les juristes et avocats nous livrent un éclairage sidérant par rapport à l’argument principal de Charest quant à l’absence de pouvoir de convocation de sa « commission » qui est plutôt une « omission » d’enquête, la protection de la preuve.

Autant Bernard Roy (procureur pendant Gomery) que Panaccio (juriste Université d’Ottawa) admettent d’emblée que la prémisse du gouvernement est FALLACIEUX et ne tient pas la route. L’Omission d’enquête de Charest évite la Loi sur les Commissions d’enquête du Québec ce qui veut dire que PERSONNE N’EST CONTRAINT à venir témoigner et ceux qui le feront ne jouiront d’aucune immunité. Pire!, les commissaires eux-mêmes marcheront sur des œufs s’ils décidaient de fouiller trop ardemment car ils ne sont même pas protéger des poursuites! Bref, cet exercice est un écran de fumée, sa durée place le résultat au-delà de la prochaine échéance électorale et Charest s’est assuré que ni les financiers du parti, ni les acteurs mafieux ne puissent être inquiétés. Les perdants, ce sont les Québécois qui, comme dans le cas de Bastarache, paient le gros prix pour que le Frisé lave sa réputation aux frais de la population. Si les Québécois ont encore juste un petit peu de dignité, ils montreront la porte à ce sale fossoyeur de la gouvernance en lui bottant le cul jusqu’aux limites du pont Macdonald-Cartier.

Pistes de lecture : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/10/19/004-construction-enquete-annonce-charest.shtml

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/yves-boisvert/201110/19/01-4459038-une-commission-emasculee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_accueil_ECRAN1POS1

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/334032/une-commission-taillee-sur-mesure

http://voir.ca/josee-legault/2011/10/19/la-commission-du-cynisme/

 
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