Une formidable fraude électorale… Rien de moins!

•29 juin 2015 • Laisser un commentaire

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En plein été, à quelques heures d’un grand congé, le chef du parti libéral du Québec Philippe Couillard annonce les grandes lignes d’une stratégie maritime dont le principal était déjà connu. Qu’à cela ne tienne, en pleine période d’austérité sauvage, y’a rien de trop beau pour les Libéraux, 65 000 dollars gaspillés en promotion inutile, un gros show de boucane pour épater la galerie.

Je me demande combien de collations décente on pourrait offrir aux enfants des CPE comme celui de ma plus jeune avec ces 65K $… Car on a tellement coupé dans ce service que le verre de lait des poupons est remplacé souvent par un verre d’eau, la viande est plus rare dans les repas, la mission éducative y est en péril, l’achat de matériel éducatif reporté…

Mais en sous-texte de ce party pour amis du parti qui profiteront le plus de cette annonce, c’est la plus formidable fraude électorale du Québec qui se trouve pour ainsi dire consumée…

Car ne soyons pas dupes, il y a dans cette stratégie maritime du PLQ une large part du programme électoral de la CAQ de François Legault. On se souvient qu’il y a 10 jours, Couillard ouvrait grand les bras aux caquistes les enjoignant de rejoindre le parti Libéral; « nous menons le même combat » avait-il déclaré.

Loin de pousser les haut-cris, on sent bien que plusieurs députés de la CAQ, le staff politique sur les réseaux sociaux ou dans les médias, peu ont déchiré leur chemise de voir ainsi leur programme politique copié. Ce n’est que question de temps avant que Couillard n’engraisse son total de députés de la majorité de la députation caquiste.

Pourquoi fraude électorale? D’abord car Couillard n’a jamais annoncé son intention de déconstruire le modèle québécois en campagne électorale, ni jamais n’a-t-il annoncé qu’il imposerait au Québec l’un des plus sévères plan d’austérité de toutes les économies industrialisées. Jamais. La liste de ses promesses brisées est indécente. Il a menti sur toute la ligne pour s’emparer du pouvoir et spolier le Québec ensuite.

Combien de députés de la CAQ ont été élu? Si la CAQ est avalée par le PLQ, c’est aussi un mensonge inadmissible, une attaque envers nombre de ceux qui l’ont appuyé, une attaque si grave qu’on serait légitime de demander que ces députés démissionnent et fassent face à leur électorat.

On dit de la CAQ (et les sondages tendent à le montrer) que 50% de son électorat est favorable à PKP et au PQ. Comment alors justifier que l’ensemble de la députation joigne en bloc le parti Libéral sans que ce ne soit un affront démocratique inadmissible?

Voilà en quoi l’annonce de ce matin est la plus intéressante, mais surtout inquiétante. Il faudra surveiller de près ce qui se passera au cours des prochains jours, des prochaines semaines. Loin de se montrer combatif, Legault semblait bien avoir baisser les bras en fin de session parlementaire. S’il poussait l’odieux jusqu’à livrer ses troupes au PLQ, ce sera notre devoir de citoyen de réclamer que le processus démocratique, déjà suffisamment moqué par Couillard jusqu’ici par l’omission et le mensonge, soit respecté, réaffirmé.

Que Couillard mette son gouvernement en jeu lors d’un référendum pour légitimer ses politiques d’austérité jamais annoncée par exemple. Tsipras le fait en Grèce pour combattre les banquiers radicaux qui tentent de mettre à genoux le peuple grec et cela même si le dirigeant grec avait très bien annoncé son plan en campagne électorale avant d’être élu. Cette légitimité démocratique fera toujours défaut à Philippe Couillard. Ajouter l’ensemble de la députation caquiste à ses rangs ne serait rien de plus que la plus formidable fraude électorale de notre histoire.

Austérité libérale : entêtement et mensonges…

•4 juin 2015 • Laisser un commentaire

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Des économistes avaient mis en garde le gouvernement Couillard des dangers d’imposer des politiques d’austérité qui plomberaient l’économie du Québec et qui n’étaient absolument pas nécessaires. Des intervenants économiques, des économistes indépendants, au Québec et ailleurs dans le monde, ont contesté les chiffres de la dette et du déficit qui ont été avancés par les ministres Leitao et Coiteux. Dès l’été 2014, ces spécialistes de la fiscalité ont dénoncé une instrumentalisation flagrante et mensongère du déficit et de la dette afin de justifier des politiques d’austérité inefficaces et illégitimes.

Pourquoi alors le gouvernement Couillard fonce-t-il tête baissée? Lui qui impose une austérité dont il s’est assuré de cacher la nature, ses intentions en campagne électorale, donc une austérité tout à fait illégitime?

Simple, réduire la taille de l’état par l’imposition de mesures qui suppriment des fonctions essentielles de son fonctionnement et compenser ensuite par le recours au privé, en tout ou en partie.

Le problème fondamental, c’est que JAMAIS Couillard n’a osé annoncer ses intentions de changer radicalement le modèle québécois en campagne électorale.

JAMAIS.

Chaque jour les Québécois se réveillent et constatent qu’un service, qu’une fonction assumée par l’état, n’est plus, n’existe plus. Dans les écoles, à l’université, dans le système de santé, la surveillance alimentaire, la gouvernance régionale, la prise en charge des tout petits (CPE) jusqu’aux plus âgés (CHSLD). On coupe du verre de lait aux bambins jusqu’au verre du jus des plus âgés qu’on réduit à l’eau.

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Tel le supplice de la goutte d’eau, les Québécois perdent chaque jour des acquis pour lesquels leurs aïeux se sont battus, ou ont imaginé, comme « Monsieur » qui nous a quitté avant-hier.

Au final, quand la poussière retombera, le Québec de Couillard-Coiteux n’aura plus rien à voir avec celui du 6 avril 2014. Sans qu’il n’y ait eu l’once d’un début de débat sur la question, en le cachant en campagne électorale, Couillard et Coiteux auront procédé sans l’assentiment du Québec pour déconstruite plus de 50 ans de progrès social au seul profit d’une minorité proche du pouvoir.

Les CLD, les CRÉ, les CJE, les commissions/élections scolaires, le privé en santé, en éducation, la fin du mandat éducatif des CPE, une école primaire et secondaire réduite à sa plus simple expression, spoliée et privée d’éléments essentiels au développement, le plus souvent, des plus vulnérables, un système de santé où le privé assumera une charge toujours plus grande à l’intérieur des paramètres publics (ce qui est toujours très, très lucratif pour ces spécialistes de la privatisation; Couillard et Barrette en savent quelque chose, les deux ayant des intérêts non négligeable dans le privé en santé), un système d’éducation post-secondaire vidé de ses moyens de croissance par la recherche, par l’investissement dans l’innovation au profit de sa marchandisation en laissant l’entreprise dicter les orientations de nombreux programme pour plus « d’efficience »…

Avez-vous entendu Philippe Couillard annoncer quelque intention que ce soit en campagne électorale à ces sujets? Non. Car même si le plan était tracé d’avance jusqu’aux plus fines lignes, Couillard s’est bien gardé d’en parler.

Si Philippe Couillard avait l’honnêteté d’annoncer ses intentions, il n’aurait pas été élu. Si le PLQ avait fait campagne en proposant tout ce qu’il saccage en ce moment, il n’aurait pas été élu. Par chez nous, en Outaouais, bastion libéral notoire, la grogne des parents qui constatent, et subissent les compressions sauvages en éducation, cette contestation est menée par nombre de gens qui disent ouvertement avoir appuyer le parti Libéral, mais se jurent aussi de ne plus le faire tant ils ont sentiment d’avoir été floués.

L’actualité régionale en Outaouais est gorgée de cette colère populaire. Comme l’avait si bien expliqué une politicienne au niveau municipal et militante libérale depuis plus de 40 ans, la préfet de la MRC Papineau madame Paulette Lalande, on peut être fédéraliste mais apprécier, défendre, tenir aux acquis sociaux de la société québécoise. Cette figure de proue régionale était si en colère suite à la suppression des outils de représentation régionale comme les CLD et les CRÉ, que lors de la visite du ministre Moreau, elle avait refuser de lui serrer la main. Une militante libérale dévouée depuis plus de 40 ans. Mais comme elle le disait, « CE parti libéral est pire que Harper, et jamais je ne voterais pour Harper ».

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Voilà un axe absolument capital que toute contestation de l’austérité du parti Libéral doit exploiter, SON ILLÉGITIMITÉ. Couillard le savait, à peine quelques semaines après son élection en 2014 (ironiquement acquise par le seul slogan « pas de charte, pas de référendum »), le parti Libéral lançait le ballon suivant dans les médias (sans rire!), pourquoi ne pas tenir un référendum sur l’austérité? (André Pratte, oui, oui, avait même écrit un éditorial sur la question… voilà le summum du cynisme…)

ALLO????

Si une campagne électorale n’est pas l’espace démocratique tout désigné pour discuter d’un tel programme politique, pourquoi alors se donner la peine de tenir des élections?

Assez de cette gouvernance basée sur le mensonge, acquise par le mensonge. Les Québécois de toutes allégeances politiques doivent se réunir sous ce parapluie commun d’une contestation de l’illégitimité d’un programme politique pour lequel très peu ont voté, que très peu auraient appuyé. Quand c’est rendu que les appuis les plus solides à cette gouvernance sont la radio libertarienne de la droite radicale de Québec, quand les Duhaime, Maurais, Fillion, etc sont ceux qui défendent bec et ongle, par leur mauvaise foi habituelle, les changement qui sont en cours, ça donne une mesure de l’ampleur du mensonge… Trouvez pas?

Conflit linguistique potentiellement explosif dans la MRC du Pontiac…

•27 mai 2015 • 2 commentaires

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Voilà un cas qui promet d’être intéressant… J’écoutais hier le reportage du journaliste de la CBC Giacomo Panico sur les ondes de la SRC Ottawa-Gatineau concernant un litige opposant un journal bilingue de la région du Pontiac (ce territoire oublié à l’ouest de Gatineau, lieu d’une vaste communauté anglophone) et l’Office Québécois de la langue française. C’était stupéfiant.

Nature du litige : « L’Office québécois de la langue française demande à la publication bilingue de séparer le contenu en français de celui en anglais, pour se conformer à la loi. De plus, le 16 avril dernier, l’OQLF a déposé une injonction exigeant que les publicités en anglais soient publiées dans la section anglophone seulement. »

Giacomo Panico l’expliquait, pour cette communauté, la chose est entendue, la grande majorité est bilingue, les dispositions de la loi sur la langue ne devraient pas s’appliquer. Trop compliqué, trop coûteux. Des annonceurs unilingues anglophones veulent s’adresser en anglais à leurs clients potentiels et, quiconque s’adonne à visiter le Pontiac sait très bien que l’on y parle, très souvent, que l’anglais. Mais voilà qu’un impertinent s’est plaint à l’OQLF de la façon dont un petit journal du coin présentait sa publication.

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Lily Ryan, éditrice du Pontiac Journal, s’est expliquée ainsi : « Lily Ryan soutient que son journal, qui paraît deux fois par mois dans la MRC de Pontiac, est bilingue depuis des années. Il propose du contenu en anglais et en français, afin de satisfaire une clientèle qui souhaite avoir de l’information dans les deux langues officielles. »

Les deux langues officielles? Aux dernières nouvelles, la seule langue officielle au Québec, c’est le français.

Il s’agit d’un sujet explosif dans cette collectivité et ce qui me sidérait hier c’était comment et le journaliste, et l’éditrice revendiquait dorénavant, sans complexe, que leur région soit absoute des dispositions relevant de l’OQLF. Le Pontiac libre! Le Pontiac c’est au Canada, pas au Québec. Et le Canada est bilingue; fichez-nous la paix avec vos lois linguistiques.

Il sera intéressant de voir comment réagira le gouvernement de Couillard si ce litige linguistique prend de l’ampleur. On parle ici d’un segment de l’électorat essentiel pour le parti Libéral. Il n’y a pas plus rouge au Québec que le Pontiac. Mais la collectivité anglophone du Québec sait se faire entendre et au besoin se mobiliser contre le PLQ si elle se sent trahie par son parti. On se souvient du Equality party ou des menaces de la communauté anglophone de Montréal (exprimées par l’ancienne député fédérale Marlene Jennings) de voter massivement pour la CAQ lors de la campagne électorale de 2012 quand Charest s’était montré ouvert à étendre les dispositions de la loi 101 aux entreprises de compétences fédérales…

La communauté anglophone du Québec sait très bien que rarement un gouvernement à Québec ne sera plus ouvert à ses revendications que celui de Couillard. Les commissions scolaires anglophones ont en grande partie éviter les foudres de l’austérité et des coupures, au nom de leurs droits constitutionnels, d’une constitution que nous n’avons pas signée… Pour le moment, il ne s’agit que d’une affaire très locale, mais il y a tous les ingrédients ici d’un potentiel conflit linguistique à plus grande échelle. La population est attachée, et c’est bien normal, à son journal local et elle veut que ce journal reflète la communauté dont il traite. Dans la région du Pontiac, il est commun de ne vivre qu’en anglais, les commerces s’affichent souvent qu’en anglais, on vit à Shawville de la même façon que n’importe où ailleurs en Ontario de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Le site web de la municipalité est en anglais. Idem à Quyon ou à Campbell’s Bay où l’on habite et vit le plus souvent en anglais.

Le gouvernement Couillard pourrait-il être tenté d’absoudre de telles communautés des dispositions des lois linguistiques du Québec? Un dossier à suivre…

Neutralité religieuse de Philippe Couillard, ceux qui pensent que la Charte divisait n’ont encore rien vu!

•21 mai 2015 • Laisser un commentaire

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Philippe Couillard avait promis, dès son discours d’entrée à l’Assemblée nationale en 2014, d’agir rapidement sur la question de la laïcité. Ici comme ailleurs, ce n’était que mensonges et le PM a reculé sans cesse pour protéger son électorat captif.

L’éditorialiste Antoine Robitaille expose très bien la situation dans Le Devoir de ce matin :

« Puis, en dépit de la multiplication des événements liés à l’intégrisme ici et ailleurs, les libéraux au pouvoir donnèrent l’impression de jouer avec les mots afin de reporter les échéances… d’abord à l’automne, puis à l’hiver, puis au printemps. L’objet et les mots mêmes changèrent : il ne s’agissait plus de lutter « contre l’intégrisme », mais contre la « radicalisation ». On apprit même que l’intégrisme pouvait être un « choix personnel » ; qu’un intégriste pourrait peut-être même travailler dans un cabinet du gouvernement Couillard… et puis non. Qu’il fallait lutter contre le radicalisme. Mais pas toutes les sortes : le radicalisme « violent » en particulier.

Ce qui semblait l’application simple de « consensus » en 2014 est devenu, semble-t-il, extrêmement complexe l’année suivante. Au fond, le gouvernement a embrassé trop large : il a voulu tout faire à la fois. On attendait une simple loi sur la neutralité de l’État ; un comité interministériel fut créé. À l’origine il comprenait deux ministères : Immigration et Sécurité publique. Puis se sont ajoutés Santé et des Services sociaux, Emploi, Famille, Éducation et Justice. »

Plus loin, Antoine Robitaille explique un nœud important qui divise le caucus libéral et qui, lors du débat sur le projet de loi 60 (la charte), avait été le catalyseur de l’expulsion de Fatima Houda-Pépin qui avait refusé de se rallier à la position radicale de son parti sur ses questions, elle, seule femme député musulmane de l’Assemblée nationale et experte dans le domaine..

« il y aura une « politique très large » (évoquée par M. Couillard mercredi), mais elle ne comportera qu’une loi, celle sur la neutralité religieuse.

Celle-ci, visant à garantir des services publics reçus et donnés à « visage à découvert » est un des facteurs qui retardent toute l’opération : des élus libéraux ont la conviction qu’elle ne réussirait pas le fameux test des chartes de droits. Ils se souviennent que le projet de loi 94 de 2010 — jamais adopté — avait un but similaire. Or, la Commission des droits de la personne (CDPDJ) avait à l’époque exprimé ses « vives inquiétudes » à son égard ainsi que son « malaise » à voir une loi viser ainsi un « groupe particulier de personnes qui, pour des motifs religieux, ont le visage couvert, à savoir les femmes musulmanes portant le niqab »

Petit rappel : Robitaille évoque ici le risible épisode où la ministre Kathleen Weil, pour faire écho aux convictions multiculturalistes radicales de son chef, elle avait candidement avoué qu’un « intégriste » pourrait très bien travailler dans son cabinet. On pense aussi à l’un des ténors du radicalisme multiculturaliste libéral, Marc Tanguay, qui annonçait à tout le monde en 2014 qu’une femme portant le tchador pourrait très bien être candidate du PLQ aux élections.

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Tout est là. Philippe Couillard sait très bien qu’il existe un schisme profond entre ses convictions radicales, l’intérêt d’une frange importante de son électoral religieux et le consensus qui existe dans la grande majorité de la population du Québec sur cette question. C’est pourquoi il hésite, il repousse, il patine (fort mal d’ailleurs). Le chef libéral cherche une façon de légiférer en la matière pour contenter les prosélytes religieux qui, depuis longtemps, assurent un appui électoral indéfectible au PLQ en échange d’une écoute précieuse de leurs revendications…

Ceux qui pensaient que le projet de loi 60 de Bernard Drainville était « divisif » n’ont encore rien vu. Je suis content que Antoine Robitaille rappelle les tractations du PL94 de Jean Charest sur les « accommodements raisonnables » car si c’est là le point de départ des discussions pour Philippe Couillard, il se peut bien que l’éjection de Fatima Houda-Pépin ne soit plus l’exception mais bien le prémisse à une grande déception du côté des troupes libérales et surtout de leurs militants qui, en grande partie, ont sourcillé en entendant les inepties de Kathleen Weil et Marc Tanguay…

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PKP en tête! Prudence avec les sondages, en toutes circonstances!

•19 mai 2015 • Laisser un commentaire

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À ceux qui disent que les sondages sont bidons sauf quand ils font leur affaire, je répondrai ceci : les sondages sont, trop souvent, de vils exercices de relations publiques complaisants des intérêts de ceux qui les commandent, qui les publient.

Pas tous bien sûr, mais il est plus que temps que les grands sondeurs du Québec, à l’instar de l’exercice entrepris au Canada anglais, acceptent de revoir complètement leurs façons de faire. Depuis 2009 les sondeurs canadiens, au gré des élections provinciale et fédérale, ont admis les ratés de leurs enquêtes, les problèmes à la base de ces ratés et entrepris des analyses en profondeur pour corriger le tout.

Je pense ici notamment aux nombreux textes de Frank Graves, fondateur et PDG de EKOS politics qui s’est basé, entre autre, sur l’élection provinciale en Colombie-Britannique en 2013 où les sondeurs s’étaient solidement plantés, afin de lancer une vaste réflexion méthodologique et factuelle. « An Unapologetic Analysis of the BC Polling Debacle ».

Lors de la plus récente élection provinciale en Alberta, EKOS politics a été salué pour son travail rigoureux d’enquête d’opinion et fut le premier, deux semaines avant l’élection, à prévoir un renversement que d’aucuns croyaient possible, un Chinook orange et la fin du règne de 12 mandats majoritaires consécutifs des Progressistes-Conservateurs.

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Ce qui cloche avec les sondages au Québec?

  1. D’abord la méthodologie. On ne sonde pratiquement jamais de façon conventionnelle, c’est à dire par échantillon aléatoire avec marge d’erreur scientifique. Cela fausse inévitablement les données. Loïc Tassé s’en était inquiété dans le Journal de Montréal d’ailleurs. En privilégiant des panels web qui occulte de larges pans de l’électorat, on crée des tendances qui n’existent pas.
  2. Les sondeurs du ROC produisent des enquêtes basées sur des panels web à très petits échantillons, scientifiquement non-valables, le plus souvent à très faible représentation régionale. Encore, cela produit des distorsions à partir desquelles cependant quelques analystes tenteront de faire du réel, sinon de l’infléchir en fonctions de leur intérêt/inclinaison politique.
  3. La problématique de la trop grande proximité de certaines firmes de sondages avec ceux qui les publient. On pense évidemment ici à CROP/SOM et l’empire PowerCorp et le groupe d’intérêt près des Desmarais dont on sait qu’ils aiment bien avoir mot à dire en politique québécoise. Assez du moins pour ajouter un impératif idéologique à la convention collective de l’empire média qu’ils contrôlent. Tout pour la cause.

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À cet effet, j’attire l’attention de ceux qui liront ce blogue sur les recherches détaillées de Claude Caron concernant les sondages pré-campagne et tout ceux faits lors de la campagne électorale de 2003 au Québec. Il s’agit d’un travail de moine, documenté, sérieux, qui vaut la peine d’être étudié. Je reproduis ici deux graphiques qui analysent des tendances, notamment en ce qui concerne les firmes CROP et SOM.

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L’analyse de Claude Caron est intéressante :

« Plus concrètement, les graphiques montrent, à partir de février 2002, les courbes des sondeurs CROP et SOM avec des intentions de vote nettement supérieures ou inférieures à celles de Léger, et ces dernières apparaissent décalées vers l’avant par rapport aux premières et possèdent des piques et creux moins extrêmes. Ici, Léger représente le vote réel des électeurs qui ont été guidés et amenés à changer leur vote par une toute nouvelle et abondante information politique créée qui s’est adaptée relativement vite et au fur et à mesure de la sortie des résultats des faux sondages CROP et SOM. Les faux sondages ont exercé rapidement, en aussi peu que deux jours dans certains cas, de fortes pressions sur l’opinion des électeurs, et cela par l’entremise des journalistes, analystes et autres experts en politique; ceux-ci s’adressant à de larges auditoires, notamment à travers les médias, avec de toutes nouvelles données et argumentations. Tous se sont adaptés aux sondages CROP et SOM, guidant et entraînant l’électorat sans le savoir dans un nouveau choix de gouvernement et de son programme électoral. L’on voit ici que les faux sondages ont provoqué des changements exactement comme tout évènement important le fait. Ils ont engendré de très importants changements dans l’information au lieu de prendre le pouls des changements de l’opinion de l’électorat. D’où le décalage vers l’avant, comme en retard, des courbes Léger. Outre le décalage révélateur de ses courbes, les piques et creux moins extrêmes de celles-ci indiquent que ce ne sont pas tous les électeurs qui ont changé leur vote, et c’est normal, après l’écoute de l’abondante nouvelle information et, dans une certaine mesure, à la vue de l’évolution importante de l’appui de l’électorat pour les différents partis politiques. »

Ce qui m’intéresse le plus personnellement, c’est la variation incongrue que souligne le chercheur et qui est, au minimum, très étrange. J’ai soumis l’ensemble des données empiriques sur ces sondages à l’équipe de Frank Graves afin de savoir ce que ces experts en la matière en pensent. La manipulation de l’opinion publique par sondage est d’ailleurs l’une des carences évoquées non seulement par Graves mais d’autres aussi au Canada anglais, dont Nik Nanos.

Au final, je demeure très sceptique à la lecture de tout sondage et m’assure toujours de voir si la méthodologie complète est disponible. « Un sondeur qui refuse de publier sa méthodologie complète est non seulement peu crédible, il participe aux problèmes de crédibilité de l’industrie » selon Graves. Dans le cas des enquêtes de CROP, on ne trouve presque jamais de méthodologie détaillée. En conséquence, pour moi, cette firme n’est rien d’autre qu’un instrument de propagande à la solde de celui qui publie ces enquêtes.

Dans le cas du plus récent sondage sur les intentions de vote au fédéral fait par Nanos, on pouvait être étonné de trouver le Bloc Québécois à 14% alors que la tendance les place systématiquement à plus de 20% partout ailleurs et depuis des mois. Comme Nanos publie sa méthodologie détaillée, on constate que cette distorsion provient d’un échantillon très faible au Québec (248 feuillets/personnes) qui est statistiquement invalide.

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Bref, prudence avec tous les sondages, attention marquée à la méthodologie, aux liens de la firme qui sonde avec celui qui publie et à la marge d’erreur effective. Tout est là.

Quand La Presse, Gesca et Cauchon traiteront du cas Péladeau…

•10 mai 2015 • Laisser un commentaire

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Samedi, cela a fait un mois jour pour jour que le Journal de Montréal, Cogéco et La Presse Canadienne ont traité du cas de la subvention de 100 millions de dollars de fonds publics à une minière chinoise à la réputation très douteuse, Canadian Royalties. J’ai beaucoup écrit là dessus et je rappelle que depuis le dévoilement de cette affaire troublante (ainsi que la fraude Amorfix) pour Couillard (et ses alliés comme Power), toujours La Presse s’est abstenu de publier quoi que ce soit qui puisse embêter le chef libéral. Rien.

Pourtant, pendant la même période, entre le 9 avril et le 10 mai, La Presse/Gesca/Cauchon ont publié au minimum 41 textes qui visaient, attaquaient PKP, sa famille, sa course à la chefferie ou son statut à l’assemblée nationale. 41 textes minimum. Et on lit l’extrait ci-haut de la convention collective en cours chez Gesca.

« Les commentaires, analyses [comme en publie Denis Lessard], chroniques ou autres écrits [c’est très large…] ne doivent pas être hostiles à La Presse, ni à son orientation idéologique »

À la lumière des choix qui sont faits au pupitre quant à ce qui est couvert ou pas dans la section « information », manifestement, ce biais idéologique transparait aussi à l’info. C’est très troublant. 41 textes (plusieurs à l’info) sur PKP, rien de substantiel sur Canadian Royalties/Amorfix/Couillard/PowerCorp…

Suite à ce qui a été révélé dans les médias il y a un mois, le premier ministre Couillard a été forcé de  s’expliquer sur ses liens nébuleux, troublants, avec la minière chinoise Canadian Royalties qui a reçu 100M de notre argent en dépit du fait que Investissement Québec avait recommandé de ne pas verser cet argent! Qui est intervenu? L’organisme Canadian Minewatch dresse un portrait accablant de cette minière au passé trouble, au bilan environnemental exécrable et aux finances vacillantes. Couillard a bien tenté de clouer le bec, par une conférence de presse à Québec au Salon de presse, à tous ceux qui oseraient trop enquêter sur la question, le PM a plutôt confondu la population en assurant que lors de son récent séjour en Chine, il n’avait pas rencontré les dirigeants de Canadian Royalties.

Couillard a été contredit quelques heures plus tard par le ministre Jacques Daoust, forcé d’admettre que le PM avait menti, il avait bel et bien rencontré les dirigeants de la minière en question au sein de laquelle il avait des intérêts avec un certain Arthur Porter… Mieux, cette minière fait partie de la grande nébuleuse d’actionnariat de Power Corporation. On écoutera l’entrevue de Dutrizac avec le représentant de Canadian Minewatch et le sinologue Loïc Tassé. Que Couillard ne soit pas déjà au ban en train de s’expliquer de ces dossiers éthiquement très inquiétants est proprement scandaleux.

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Comme si ce n’était pas assez, les scandales éthiques se superposent dans le cas de Philippe Couillard, la même semaine on ajoutait le dossier Amorfix… Quelle a été la défense du premier ministre?  Oui mais regardez le cas PKP et son actionnariat chez Québecor! Parfait. Si Couillard veut jouer sur ce tableau, on ajoutera au menu de la commission parlementaire (lire instrumentalisation partisane de l’éthique pour chasser PKP de l’Assemblée nationale) qu’il veut convoquer pour traiter de cette question justement pour le questionner sur le diktat idéologique chez Gesca tel que stipulé dans la convention collective, le tout à l’aune des intérêts du PM Couillard qui remontent jusqu’à Power Corporation et toutes les compagnies de cette grande nébuleuse.

Sur le terrain de l’éthique, le PLQ et Couillard misent beaucoup plus que Péladeau…

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Le Québec s’était penché en 1981 à l’Assemblée nationale sur le problème de la concentration des médias. Rien n’a vraiment été fait depuis pour analyser, étudier, comprendre les effets réels de cette concentration des médias sur la gouvernance, l’influence politique. Le parti libéral s’est d’ailleurs très bien accommodé, quand il ne s’est pas tout simplement appuyé, sur l’influence indéniable des Desmarais au sein du politique au Québec.

Une réflexion est-elle nécessaire sur ces aspects? Assurément. Ce n’est pas la sinistre farce de « commission parlementaire anti-PKP » qui ne règlera quoi que ce soit en la matière. Il n’y a là qu’une inquisition partisane de mauvais goût. Si les parlementaires qui veulent faire la peau à Péladeau étaient sérieux, ils prendraient leur temps afin de se pencher sur l’ensemble de la problématique de la concentration des médias. mais ne comptez pas sur le PLQ pour le faire car cela risquerait d’embêter un allié dont ils ont bien besoin…

Réflexions intéressantes du spécialiste de ces questions éthiques dans les médias Marc-François Bernier…

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PKP: tentative d’exécution politique au moyen d’une instrumentalisation grossière de l’éthique…

•7 mai 2015 • Laisser un commentaire

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Le parti libéral de Philippe Couillard veut « régler le cas Péladeau » en commission parlementaire; bel euphémisme pour dire que l’Assemblée nationale sera instrumentalisée pour évincée un citoyen qui y a été dûment élu. C’est outrageusement injuste.

a) Doit-on rappeler que les citoyens qui ont élu Pierre-Karl Péladeau savait très bien QUI il était, connaissaient ses intérêts dans Québecor, ses aspirations politiques… On ne peut en dire autant de Philippe Couillard qui a sciemment CACHÉ son plan de gouvernance d’austérité extrême à la population afin d’être élu. PKP est donc plus légitime que le parti libéral.

b) Doit-on rappeler que l’automne dernier, les trois partis CAQ, PLQ et QS ont tenté de pousser une motion « PKP » afin de faire pression sur Péladeau à l’aune de son actionnariat chez Québecor, un pétard mouillé compte tenu que le libellé de la motion, en fin de compte, visait trop large et s’appliquait ainsi à quelques députés libéraux et caquistes! Dans les circonstances, cette coalition « anti-PKP » a dû reculer pour essayer de trouver une autre stratégie afin de concocter un plan qui ne s’appliquera seulement qu’à PKP… Leur dessein a été révélé au grand jour, une instrumentalisation politique faussement cachée en préoccupation éthique mensongère.

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c) Doit-on rappeler que Philippe Couillard et nombre de sa députation sont eux-mêmes en position éthique très discutable, et ainsi n’ont aucune légitimité de s’attaquer ainsi à Pierre-Karl Péladeau! Un rappel très juste par Léo-Paul Lauzon concernant les conflits d’intérêts de Couillard et Gaétan Barrette :

« On parle beaucoup des possibles conflits d’intérêts de Pierre-Karl Péladeau, le politicien avec son entreprise Québecor. Il est vraiment ridicule de voir les libéraux, entre autres, le chef Philippe Couillard et son futur ministre de la Santé Gaétan Barrette joués aux vierges offensées. Eux-mêmes sont en conflit d’intérêts pas seulement apparents, mais réels.

Puis-je vous rappeler mes amis que les deux sbires furent partenaires de grosses cliniques médicales privées et / ou de sociétés pharmaceutiques, qu’ils sont tous les deux des médecins spécialistes et que Barrette fût longtemps le président du plus puissant syndicat au Québec, dixit François Legault de la CAQ, soit la Fédération des médecins spécialistes. »

Et un peu plus loin:

« Gaétan Barrette, bien plus qu’un opposant

Le docteur Barrette est un rustre et un carriériste, très attaché, lui aussi, à l’argent, mais que Power Corp., propriétaire de La Presse et du Soleil, entre autres, adore.

Imaginez le samedi 8 mars 2014, La Presse lui a consacré ses trois premières pages dans un « dossier » intitulé : «  Radiographie d’un battant. ». Tout simplement pathétique.

Mais comme Power Corp. est intensément présent dans la santé privée, que La Presse est sa courroie de transmission idéologique et que Barrette et Couillard sont des fanatiques des cliniques et des hôpitaux privés qu’ils sont destinés pour bien aller ensemble, être en parfaite communion de corps et d’esprit. Comme ils disent, les petits esprits se rejoignent. « Le docteur Barrette ferait davantage de place au privé » (La Presse, 14 août 2014). Oui itou, bien évidemment. Y en as-tu qui ne s’inquiètent pas? »

d) Comment accorder le droit à Philippe Couillard de « régler le cas Péladeau » alors que le premier ministre devrait lui-même se trouver en commission parlementaire pour expliquer ses liens nébuleux, troublants, avec la minière chinoise Canadian Royalties qui vient de recevoir 100M de notre argent en dépit du fait que Investissement Québec avait recommandé de ne pas verser cet argent! Qui est intervenu? L’organisme Canadian Minewatch dresse un portrait accablant de cette minière au passé trouble, au bilan environnemental exécrable et aux finances vacillantes. Pire, alors que Couillard tentait de clouer le bec, par une conférence de presse à Québec au Salon de presse, à tous ceux qui oseraient trop enquêter sur la question, le PM a menti en assurant que lors de son récent séjour en Chine, il n’avait pas rencontré les dirigeants de Canadian Royalties.

Couillard a été contredit par le ministre Jacques Daoust, forcé d’admettre que le PM avait rencontré la minière en question au sein de laquelle il avait des intérêts avec un certain Arthur Porter… Mieux, cette minière fait partie de la grande nébuleuse d’actionnariat de Power Corporation. On écoutera l’entrevue de Dutrizac avec le représentant de Canadian Minewatch et le sinologue Loïc Tassé. Que Couillard ne soit pas déjà au ban en train de s’expliquer est proprement scandaleux. Comme si ce n’était pas assez, les scandales éthiques se superposent dans le cas de Philippe Couillard, la même semaine on ajoutait le dossier Amorfix… Que le premier ministre réponde de son passé troublant avant de lancer toute kabbale envers un autre député.

e) Les parlementaires « anti-PKP » ont eu beaucoup de difficultés à trouver quelqu’un pour faire la job de bras et pondre un rapport qui accuserait Péladeau, sans pour autant mettre dans l’embarras d’autres parlementaires dans des situations analogues (être ministre et avoir dans sa famille quelqu’un qui a des intérêts dans les médias). En dernier recours, ces parlementaires se sont tournés vers le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval (CEM), relativement au cas de Pierre Karl Péladeau, même si les gens dans le domaine savent très bien qu’au CEM il y a des adversaires de longue date de Péladeau et que rapport de ce centre d’étude ne saurait être impartial. D’ailleurs, le comité du CEM est mené par Florian Sauvageau, un ex du Soleil, très proche de Gesca et adversaire de longue date, pourfendeur en somme de Québecor…

f) S’il s’agit vraiment de « préoccupations éthiques » pourquoi PKP n’ajoute-t-il pas le cas de sa ministre Stéphanie Vallée à l’ordre du jour? Sa relation amoureuse avec l’animateur vedette de Cogéco en Outaouais, la région qu’elle représente au Conseil des ministres, fait beaucoup jaser et pose des problèmes éthiques non négligeables.

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Dès que la candidature de PKP fut connue, tous savaient qu’un jour ou l’autre, cet adversaire gênant serait victime de ce que Mathieu Bock-Côté avait nommé « une tentative d’exécution politique » au moyen ‘d’une instrumentalisation grossière de l’éthique ». C’était vrai alors, ce l’est encore aujourd’hui. Évincer PKP de l’assemblée nationale de règlera en rien le problème de la concentration des médias au Québec, ni celui de l’emprise sur le politique d’un autre groupe industriel, Power Corporation, au moyen de son bras politique Gesca.