La question afghane…

Dans mon coin de pays, fief de Mario Laframboise au fédéral (mais grâce à un découpage surréaliste de la carte électorale québécoise – fief de Norm MacMillan – le fier à bras pas trop fort en bouche! au provincial) on peut dire que les gens sont très nationalistes; surtout dans mon cercle social. En périphérie de l’Outaouais, les « locaux » regardent souvent les vacanciers d’un air amusé, pour ne pas dire suspect.

Lors d’une fête où l’on célébrait la récolte de la pomme, chez des amis producteurs bio, une discussion a retenu mon attention. La dive bouteille de rouge aidant, chacun argumentait intensément. On débattait de la mission canadienne en Afghanistan. Des amis français, en visite au Québec, ne comprennaient pas que des citoyens d’un pays qui envoit des troupes puissent condamner ainsi leur travail.

Difficulté 1 : expliquer la nature des relations entre les québécois et leur gouvernement fédéral… ayoye!

Difficulté 2 : expliquer la nature des relations entre les québécois et l’armée en général… ouin…

Difficulté 3 : expliquer la nature du gouvernement fédéral en place et son anachronisme par rapport à l’historique des précédents gouvernements en matière de gestion militaire et de positionnement des affaires étrangères…

Je suis seul. mon exposé a fait fuir autant mes chums que les deux français. Je les vois au loin picoler. Dans l’état actuel des choses, il fallait un raisonnement simple. Difficile pour une question si complexe.

Et c’est bien là le noeud de la question : il n’y a pas de réponses simples à un problème complexe. J’essaie parfois d’expliquer que les Vandoos ont besoin qu’on les appuie, que ces gars là font un travail qui dépasse les préoccupations ponctuelles des programmes politiques. Qu’entre les lignes, sous le couvert de l’anonymat, certains m’ont avoué que la gestion de la mission afghane était parfois critiquée. Mais rejeter en bloc leur travail équivaut à cracher sur les tombes de ceux qui crèvent là-bas. Bien sûr on devrait faire plus de place à l’humanitaire, on devrait travailler avec plus de liens opérationnels avec les ONG reconnues pour leur expertise des questions humanitaires. Mais les Vandoos n’ont pas le contrôle de ces choses là.

Tout n’est pas perdu. Je pense par exemple à ces deux québécois, des officiers dans les FC, qui travaillent à l’École internationale de pacification de Bamako au Mali (École de Maintien de la Paix). Leur travail est essentiel et les fruits de leur savoir et de leurs connaissances sont un tribu de ce que peut faire la coopération internationale. Malheureusement, on ne parle pas beaucoup des réussites. Ça vend pas. On braque la lorgnette sur les débris des VBL qui sautent et sur les morceaux encore fumants de chair qui jouxtent le cratère laissé par l’EEI (engin explosif improvisé).

C’est vendeur. C’est menteur aussi. Car on ne dit pas tout. En filigrane on tait le principal.

à écouter : la nouvelle toune de J.P. Cormier, composée lorsqu’il était en tournée en Afghanistan. Matt Minglewood en a aussi composée une.

~ par delorimier sur 30 septembre 2007.

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