« L’homme est un loup pour l’homme »

Le soldat se tient, solonel, devant les siens. Autour de lui, beaucoup sont auréolés des plus brillants exploits. Ainsi en est-il de la reconnaissance que le milieu accorde à ceux qui reviennent, malgré les périls, alors que souvent ceux-ci, intérieurement, organisent le chaos. Car c’est bien un relent de nausée que l’on pouvait voir sur le visage du jeune Teal, visiblement agacé par les honneurs et les faux-sourires du cocktail.

La route est longue entre l’enfer du théâtre d’opération, quand tout vire mal, quand le vbl explose, quand le feu nourri de l’ennemi rappelle que le soldat, de par sa nature même, est programmé à tuer, à mourrir; mais quand il est pris entre les deux, la conscience fait des siennes, les images, les souvenirs, les odeurs, les traumatismes, tout devient insoutenable.

À 19 ans. C’est difficile de savoir où l’on va à 19 ans. C’est long en baptême ruminer sa conscience à partir de 19 ans. Et pourtant, on ne peut questionner l’héroïsme. Sous le feu nourri de l’ennemi, risquer sa peau pour traîner celle d’un frère d’arme en détresse, impossible de juger tant qu’on n’a pas vécu. Que l’on soit sandiniste, taliban, impérialiste, vandoo ou afghan.

Un officier haut gradé me disait récemment que la paix n’a de réel que l’idéal qu’il représente. Que la paix est un état de grâce qui n’existe jamais dans la nature des vivants, que chaque animé est la proie d’un autre.  « L’homme est un loup pour l’homme »

~ par delorimier sur 13 octobre 2007.

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