L’anti-machinale réactive

L’anti-machinale réactive Scrouff, agnoff, toi mon amie Klop… ( planteuse de l’alberta, bilingue ; hispanno-norvégienne…) Garguk, sprougne, mmmmmmddddddddeeeeeee en cette forêt vierge, le gros m’entends-tu ? Je dékarbe à Kébec la menesse sapée… Tout en cloques sans mes claques tabasslac…  Mon truck à Montraoul, ma tête à Sol angèle , les regrets de la fuite consumée dans la cuite encore chez mmmmmmdddddddddeeeeee…  «Petchob» me traite-t-il… M’en vas te crèmer mon esti… Ta patch est pas mieux que morte…  Dunbar, redneck d’ostie, crosse toué avec ton pick-up. Assis sur la tailgate, on trinque nos déboires en envoyant promener tout ceux que l’on rencontre… Dunbar, la face dans le gazon, s’étouffe avec sa bouffe car il est trop faible pour mastiquer… «Pousse ostie qui s’étouffe une fois pour toute… Boué pas c’t’eau là. Est pas bonne» Y répond : «What ???»… « Ah ben un autre ostie d’anglais…DRINK SLOWLY CALISSE !!!…» Le gros n’aime pas les anglais. «Ça fait trop longtemps qu’ils me font chier chez nous, à Aylmer…» me dit-il.  C’est inmanquable… Chaque fois qu’on le saoule, l’anglais se met à bégayer : « Ba, ba, ya, ddda… ». On se tort, il se choque, c’est pire : ba, ba ya, dda, ba, ba, ba ya , fuck you…».  Mais l’anglais, s’est vengé… Fin stratège, tout en longueur, il s’est vengé. Pendant trois semaines, chaque matin, il s’est mis à chier tout le tour de la tente du gros jusqu’au portique, le jour du day off Quand le gros s’est levé, il a mis les pieds dedans. Comme un hystérique, il se mit à tourner autour de sa tente, toujours en continuant de sentir la pestilencielle vengeance de Dunbar lui glisser entre les orteils…  Un day off dans un camp de planteur, c’est fait pour boire et relaxer. On joue soit au poker à trente sous la mise, «pas plusse que vingt piasses…», sinon à Axe et Alliés , un genre de Risk qui recrée les conditions de la deuxième guerre mondiale. Ce jour là, la tension était palpable. Dunbar était sur ses gardes, prévoyant les foudres du gros. En vain, rien ne se produisit. Ce dernier semblait plus amical envers son comparse albertain. Au souper, ils avaient déjà bu plusieurs bières et l’anglais décida de quitter la mess tent au crépuscule pour se retirer dans sa tente. Le gros attendit que Dunbar ronfle à plein panier et d’un geste qui n’est pas sans rappeler l’agilité d’un moine Shaolin, il ouvre la fermeture de la tente de l’albertain endormi…

 Le cook sonne le réveil avec une corne de bateau, toujours ce pénible appel. Quelle surprise nous eûmes de voir Dunbar se pointer au déjeuner couvert de petites plaies rouges. Des piqûres partout. Toute la nuit, son corps engourdi par l’alcool fut le théâtre du plus fabuleux pique-nique qu’une colonie de moustiques n’eut jamais vu…

~ par delorimier sur 23 octobre 2007.

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