Se donner les moyens de sa survie ou mourir…

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« Quarante ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles, les chiffres rendus publics par Statistique Canada démontrent plus que jamais à quel point le pays bilingue d’un océan à l’autre dont rêvait Pierre Elliott Trudeau était une chimère. Il faudra bien finir par en prendre acte. »

Michel David, L’îlot, Le Devoir, 6 décembre 2007

Il faut travailler un peu dans la fonction publique fédérale, dans la région de la capitale nationale canadienne, pour comprendre à quel point cette « chimère » pèse lourd pour certains amis canadiens qui côtoient ce bilinguisme imposé. Car soyons francs (je le constate quotidiennement dans certains aspects de mon travail), l’anglophone du petit village de Vars à 30 minutes d’Ottawa, qui se rend au travail à Ottawa ou à Hull et qui est confiné à ne pas pouvoir cheminer au sein de la fonction publique fédérale et voir croître sa classification et, par le fait même son salaire, car il n’arrive pas à atteindre les niveaux de bilinguisme que lui impose le prochain échelon; cet anglophone donc n’aura du français qu’une image de contrainte qui est toute contraire aux dispositions qu’il faudrait pour qu’il l’apprenne. Compte-tenu que même pour une personne qui, comme moi, oeuvre du côté québécois de la rivière, la quasi-totalité des réunions, des rencontres de planification et des activités sociales reliées au travail se déroulent en anglais, l’apprenant de la langue française n’aura que TRÈS RAREMENT l’opportunité de mettre en pratique ses acquis. Il sera alors conforté dans son opinion de la nécessité véritable et effective de la pertinence d’apprendre cette langue. Car dans les faits, il ne l’utilisera jamais dans le cadre de ses fonctions.

Combien de fois ai-je vu un collègue de Gloucester, de Nepean, de Vanier même, choisir le déménagement vers une région canadienne où le poste auquel il aspirait n’était pas classé « bilingual imperative »… Ces gens ne font pas de bons ambassadeurs du rayonnement francophone « coast to coast ».

Il faut bien me comprendre, le fait d’apprendre une autre langue, quelle qu’elle soit, est un gain et une ouverture sur le monde qui encourage la tolérance et la compréhension de l’autre. Obliger autrui à apprendre une langue, « le gun sur la tempe » comme on dit, est un terreau d’intolérance et de mépris. Si le Québec décide de se conforter dans sa détermination d’être un îlot de la francophonie dans cet espace multi-ethnique nord-américain où l’anglais est la langue qui joint tout ce beau monde, il lui faudra quitter sa peur congénitale et se donner les moyens de sa survie, un pays. Sinon, et ce n’est là qu’un constat que ces statistiques démographiques démontrent, dans cet ensemble où il n’est qu’un joueur « provincial », la « nation québécoise dans un Canada uni » sera inexorablement diluée jusqu’à l’épuisement; comme l’état de la syntaxe des générations actuelles le laisse entendre aisément.

~ par delorimier sur 6 décembre 2007.

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