La Côte de St-Léandre…

Le Tour de France vient de se terminer, comme tant d’autres, j’ai des fourmis dans les jambes, j’ai hâte d’hâte d’enfourcher ma monture et de m’attaquer à cette satanée montée de St-Léandre… 11 kilomètres de souffrance et en prime, un délicieux paysage valloneux!

 C’est bien malaisé cette heure de fin d’étape. Très près de midi, attend-je que le midi passe et quitte après? J’embarque dans le Camel quelques victuailles? Hmmmm. J’attend un peu, léger dîner, et quitte après.

 On me dit que des chaudes journées comme celle d’aujourd’hui sont bien rares dans la péninsule gaspésienne. Misère! Moi qui se sort à peine d’une canicule…

 Quand je gagne enfin la route, le bitume me brûle la face, le soleil plombe et la montagne ne m’offre aucun couvert ombragé. Un long plat cède au premier virage du col, les premiers mètres sont à plus de 8 % de dénivelé, un vrai coup de massue! Devant moi, un échoué qui, pied à terre, semble vouloir changer de cap et virer de bord. Un petit salut de la tête, un braquet plus bas, et hop! Petit coup d’œil furtif à l’arrière, je ne suis pas suivi. Pied à terre! Ok… évaluation de la situation! Misère!

 Mon Brodie cyclocross me donne le luxe de trois pignons avant. Le problème… le petit pignon, dont j’ai VRAIMENT BESOIN EN CE MOMENT, frotte tellement contre le dérailleur avant, qu’on dirait un petit hélico au loin. Ridicule!

 Qu’à cela ne tienne! Petit pignon bruyant = I-Pod sur shuffle et allez hop! Ça commence bien, un peu de rythme dans les oreilles, une toune de Guerilla. Le gradient du col devient plus supportable. Guerilla fait place à Tom Waits. Ouin. Entre la voix rauque du poète, j’entend ce putain de dérailleur…

 Ah voilà! On dirait la cîme! Mon arrivée du jour sous la gloire de mon accomplissement personnel… Wrong again Flanders! Dans le détour, une dernière boucle, une face de singe… Misère! Comble de malheur, ce putain de Pod me balance le mythique Hurt, version Johnny Cash pendant que l’acide lactique me brûle les jambes…

 Le spectacle en vaut bien la chandelle, l’effort fait place à l’étrange cohabitation entre vallons, montagnes au loin, le fleuve qui définit l’horizon et les dizaines d’éoliennes qui détonnent, un peu, singulièrement. Un creux et tout en haut, l’église du village qui semble veiller sur le tout.

 Une pause. La sueur me pisse au visage. Sur le balcon du magasin général, un couple – ils doivent bien être dans la quatrevingtaine – se berce tranquillement. « Y faut chaud! » me lance l’homme… J’acquiesce en m’épongeant le visage. Une décision à prendre… Vais-je vers St-Luc pour un final sur le bord du fleuve ou devrais-je plutôt opter pour Ste-Paule et son paysage d’épinettes cordées… C’est choisi… direction Ste-Paule. « Y’a d’la côte par là mon ti gars », me lance l’homme alors que sa vieille sourit d’un air taquin. Je les quitte, me bidonnant quelque peu… (la suite demain)

~ par delorimier sur 15 juillet 2010.

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