Dévaine de cycliste…

(suite à la publication du billet d’hier, mon bon ami cycliste Vincent me taquinait en me demandant qui diantre était mon mécano… un autre copain cycliste connaissant mes déveines mécaniques, le jeune Tobie, lui a répondu sur mon fbook, du tac au tac, « si ça frotte, c’est lui le mécano! »… ça commence mal!)

 Le promontoire sur lequel a été érigée l’église de St-Léandre est impressionnant. Les paroissiens avaient des idées de grandeur! Ce qui l’est encore plus, c’est la pente qui permet de quitter ce petit village vers Ste-Paule… du 15 %! Horreur… la contrepente est aussi escarpée…

 Changement de braquet complètement raté, petit plateau avant inaccessible, chaîne qui se prend dans le dérailleur, c’est la gale. Pied à terre, constatation désolante, manifestement, j’ai perdu l’accès à mon petit plateau. Misère!

 Manuellement, j’engage ma chaîne sur le petit pignon avant et au prix d’un effort titanesque, commence à gravir cette ridicule sortie de village. Mon odomètre m’indique l’allure de ma pathétique ascension; vitesse grand L en fait, j’irais plus vite en marchant!

 Position danseuse, je sens la sueur me perler au visage jusqu’à ce qu’un grand « Pouing! » vienne ajouter à mon calvaire…

 Non de non de … Arrrrgh! Encore un rayon de la roue arrière qui vient de lâcher. Comble de malheur, c’est tout l’équilibre de la roue qui est rompu et elle est si voilée que deux points de son axe frottent contre le haut du cadre. Cette fois c’en est trop. Je bouille et sens venir en moi cette rage, la même que canalisait mon père en inventant nombre de sacres encore inconnus… « Eucharistie sale, de viarge maudite »…

 En plein milieu de cette putain de côte, je dois retirer ma roue arrière. Ce faisant, en enlevant le quick release, j’en perd l’embout qui roule je ne sais où, le devant du vélo se cambre et revient sur lui-même et dans l’action me fait trébucher… Je pense dans ma tête… « Un vrai osti de Gratton ».

 Une pause. Le Brodie va revoler dans le décor et je m’assoie dans la côte. Bref. État de la situation : je suis à plus de 20 bornes de la maison, mon portable de prend plus depuis Rimouski, ce faisant m’empêche d’appeler une voiture relais (!) et ma roue arrière ne peut ni tenir sur le vélo sans l’embout du quick release, ni faire un tour dans son axe tant elle est voilée.

 Pathétiquement, je redescend ce que j’ai durement monté et doit me résoudre à retourner vers St-Léandre à pied…

 En haut de la côte de l’église, le même couple de vieux m’attend. Le  bonhomme esquisse un large sourire. Dans mon Ford intérieur comme dirait Réjean, je m’imagine lui balancer quelques avoines dans sa mouille pour paraphraser l’imparable Astier dans Kaamelott.

 « C’est pas bin fiable les béssik à pédales! »

C’est le boutte du boutte! Le vieux sacrament me balance ça par la tête alors que la voiture qui pollue son entrée tout mal foutue est une Ford Escrotte des années 80 couleur jaune pâle qui tome à la rouille!

 La dame du magasin général me fait bonheur de l’usage de son téléphone et j’en suis quitte pour la voiture balais.

 Alors que j’attend, assis dans l’herbe devant l’église, je ne peux m’empêcher de penser que le Grand Détour, où habitent mes beaux-parents, c’est le plus bel endroit du monde, mais c’est aussi un osti de trou! Pas moyen de sortir de ce rang, sinon qu’au prix d’une grimpée de plus de 10 bornes, ou se résigner à retourner sur le bord du fleuve…

 Et putain que j’aime ça!

~ par delorimier sur 16 juillet 2010.

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