Ô Rossignol sauvage…

« Ô rossignol sauvage, montre moi ton langage, montre à voler, à rire et à pleurer, montre moi comment faire pour aimer…»
Chanson populaire

notre exil sera doux
l’eau, une petite chèvre et une colline
comme tu me l’as demandé

je me saignerai à blanc s’il le faut
j’écumerai tout les maux de ma mémoire
j’écrirai jusqu’à devenir fou
j’irai revisiter les rivages de mon absence
j’irai me rompre au pieds de mes rêves troublés d’ennui

car j’y repense souvent
comment oublier les débordements de rires
et les notes caduques de nos premiers reels
on écoutait Barde, un vieux disque vinyle
on dansait, ripaillait
les planches qui tremblaient…
J’ai mal d’avoir connu
les folies du lac Bowman
la découverte de l’orgasme
à l’acide et la bière

en ces temps d’innocence
les murs de la shède nous protègent et sont enduits de l’énergie vitale
à l’intérieur l’absurde est total et agréable
la tête dans la banquette arrière de la van du paternel
j’observe un monde irréel se former
dans les limites de mes arcades fermées

l’imagination suinte en mille saules pleureurs colorés qui s’étirent à l’infini
kaléidoscope au point de fuite qui s’éloigne à jamais,
l’incompréhension est totale et réconfortante,
je lève la tête et croise furtivement le visage trop réel de mon âme-frère
sous l’éclairage tamisé,
j’observe le mur qui ondule comme sujet au vent de mon regard
le tapis se tord de plaisir et s’intrique en interminable casse-tête…

—je me serai rompu jusqu’à la fin, j’aurai vaincu mes démons, dans la douleur et la sérénité… c’est le temps qui nous martèle que nous sommes en des époques si divergentes—

Ô comme je comprend ton excès, cet ardent besoin de vivre, qui ne connaît ni les limites, ou la raison
qui ignore tout des larmes
te sachant si loin de moi  
te sachant accomplissant ce que la nature, en quelque sorte, impose…

je la connais que trop bien cette passion, ce désir, qui naît, parfois l’instant d’une folie

——- impardonnable——–

mais nécessaire
avant de suffoquer, étouffé par le désir et l’angoisse

la trahison croupit au sein des images, et des constructions mentales qui nous minent quand la graine de l’incertitude est plantée…

la raison ne fait pas le poids
quand elle est juxtaposée à la colère,
et l’ultime déception

loin derrière, en oraison funeste, chant diatribe et exposé au chaos
l’écho des temps jadis heureux qui tiraillent quand vient le temps de partir.

 Et pourtant je t’aime comme au premier jour…

~ par delorimier sur 2 septembre 2010.

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