De la pertinence de savoir qui l’on est

Peu de chose me mettent plus le feu au cul que le petit sourire condescendant de Jean Charest –bon ok… elle est facile celle-là, mais crisse qu’ils faisaient pitié la gang de libéraux résignés qui l’ovationnaient à l’Assemblée Nationale, comme des moutons-, et autre irritant majeur, l’ignorance crasse que l’on a imposée à toute une génération de Québécois de leurs référents socio-historiques. C’est la Conquête Part II, Lord Durham all over again, un ethnocide de la nation québécoise en douce, à grand coup de cynisme, d’individualisme et de multiculturalisme, tous des dogmes que l’on érige en système pour mieux dorer la ciguë.

Je me réjouis tout de même du fait que grâce à une étude de la Fondation Lionel-Groulx , un désarmant constat de l’ignoble décision politique d’un gouvernement fédéraste de priver les jeunes Québécois de cours d’histoire de leur nation, on commence à évoquer les effets dévastateurs d’une telle décision sur l’ensemble de la société québécoise. Il est paradoxal, voire triste, qu’en cette époque où près de dix ans de gouvernance fédéraliste au Québec ait fait tant de mal à la nation, on prive les plus jeunes des repères historiques et sociaux qui leur permettrait de mieux saisir l’état dans lequel se trouve le Québec d’aujourd’hui.

Au cours des dix dernières années, l’enseignement post-secondaire m’a maintes fois appris et montré à quel point la majorité de mes étudiants étaient ignares de leur histoire. Plus encore, la bouillie multiculturelle assimilante de l’occupant canadian que l’on nomme « univers social » aura réussi à aliéner toute une génération des outils intellectuels afin qu’ils puissent remettre en question les fondements même des mécanismes d’occupation de l’état canadien. Je sais bien qu’il ne faut pas généraliser, que certains s’intéresseront par eux-mêmes à leur histoire ou se serviront de leur libre arbitre afin de voir clair dans le petit jeu de l’élite fédéraliste du Québec.

Cependant, la récente montée d’une droite populiste aux accents de l’idéologie « Tea-partiste », combiné à un analphabétisme chronique et fonctionnel qui approche le 50 % dans la population masculine adulte au Québec, la table est mise afin que l’incurie des fédéralistes québécois, dont on ne doute plus des véritables motivations à la lueur de l’ampleur de la dérobade de l’ensemble de la nation qu’ils font au nom du grand idéal de leur nation-building of the great Canada, soit récupérée par les ténors des think tank de la droite de l’IEDM et autres requins du genre qui ont mené des économies comme celles de l’Irlande au bord du gouffre et de la faillite non sans avoir permis une dérèglementation avantageuse pour les grandes compagnies avant le coup.

Heureusement, ici au Québec, des représentants de cette droite comme Duhaime et Fillion –qui n’on rien à envier au Palin de ce monde-, nous assurent que ce courant de pensée demeurera folklorique, justement à cause de l’incohérence de leurs argumentaires et la véhémence avec laquelle ils s’acharnent, à coup de mensonges et de chiffres fallacieux, sur tout ce qui est de « gauche » selon eux, c’est-à-dire, tout ce qui n’est pas eux. Comme les libéraux par exemple… Passons.

Ainsi, pour permettre aux générations qui nous suivent et à celle qui ont subies le lavage de cerveau de tenants du multiculturalisme canadian, il est impératif que l’ensemble de la société québécoise se mobilise afin que l’on rétablisse au plus sacrant des cours d’histoire qui seront basés sur l’ensemble de notre parcours en tant que nation; avec les bons coups, les échecs, et aussi la confrontation. Il est abominable que la majorité des étudiants d’un de mes groupes de futurs profs d’histoire et de français au secondaire, en 2e année de leur parcours universitaire, ne sachent à peu près rien des Patriotes de 1837-1838 ou de la Crise de la Conscription de 1917. Sans compter ceux qui ne peuvent rien dire des quatre référendums post 1980 qui ont défini l’état actuel de la société québécoise. Le cynisme ambiant qui prévaut actuellement au Québec prend aussi ses sources dans cet état de fait.

~ par delorimier sur 27 novembre 2010.

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