Quelques constats en ce qui concerne les élections partielles dans Kamouraska-Témiscouata.

A) Il est manifestement très difficile pour les médias, les commentateurs politiques, les commentateurs citoyens, tout ce qui n’est pas « méchant péquiste » finalement, de donner un peu de crédit à Pauline Marois. Si quelqu’un doute encore que le fait que cette personne est une femme, qui a du succès professionnel par surcroît, nuise à sa quête de reconnaissance, on ne pourrait que conclure à de la mauvaise foi. Pourtant je ne suis membre d’aucun parti politique, du fond de mon rang, j’ai tout loin de la gogauche péquiste (quel mythe!), mais force est de constater que cette femme brise les convenances politiques et qu’elle sait surprendre. BRAVO MADAME MAROIS.

B) Certains commentateurs politiques dont on connait les inclinaisons politiques ont manifestement décidé de biaiser leur analyse de la partielle de Kam-Témis. Chez Arcand entre autre, le guignol moustachu (qui prend de plus en plus des allures de Ron Jeremy)héraut de la drette de la libaaaaaarté de Québec était complètement dans le champ gauche ce matin. Un manifeste de mauvaise volonté. C’est dommage, mais Mario Dumont est de moins en moins pertinent. Comme son alter ego Duhaime, ces rustres sont mal préparés quand ils interviennent dans les médias, ils sont incapables de discernement, trop obnubilés par leurs désir de pousser les idéaux de la drette radicale, sur tout, tout le temps, même quand c’est incohérent. L’intervention de Dumont ce matin ferait école dans le domaine.

C) À la lumière des commentaires que l’on entendu depuis lundi soir, il est évident que le parti Libéral du Québec de John James Charest n’a absolument rien compris du message envoyé par les électeurs de Kam-Témis. On parle ici du dernier château-fort libéral en zone francophone, où les libéraux jouissait d’un fort appui en 2008 (56%), où le capital de sympathie envers le fils du pays, mort trop jeune, assurait un avantage indéniable au parti au pouvoir en dépit de son incroyable impopularité, où l’opposition présentait deux néophytes (ADQ et PQ) en politique provinciale… En dépit de tout cela, les Charest, Normandeau, St-Pierre, Bélanger, Fournier, ont tous minimisé la victoire du PQ, pas de remise en question en vue. La ministre St-Pierre va même jusqu’à annoncer que la population aura tout oublié dans deux ans. Certains libéraux ont dû se demander pourquoi elle ouvrait encore la bouche celle-là! Comme leurs frères fédéraux avant la débâcle des Commandites, les bonzes du PLQ croient que le pouvoir leur est dû. C’est peut-être pourquoi ils ont choisi pour cette élection partielle cruciale, une candidate qui fut liée par le Commissaire Gomery au scandale des Commandites et proche cousinage du PM lui-même. Le PLQ a-t-il tant de misère à se renouveler? Seul un passage aux oubliettes de la politique provinciale permettra à ce refuge de copains plus habitués au partage des enveloppes pleines de cash qu’à l’introspection, assurera la clientèle « naturelle » de ce parti qu’il est digne de leur appui. Hors des ghettos d’appuis staliniens que l’on concède d’emblée au PLQ, la côte sera abrupte et la seule faute en revient à ceux qui bafouent la gouvernance de la province depuis 10 ans, c’est-à-dire le PLQ lui-même. Le passage d’un conservateur à la tête du PLQ, quand on l’analysera dans 10 ans, dans 20 ans, aura été plus dommageable que bénéfique.

D) Pour le PQ, il y a dans ce résultat un petit baume. Tout petit. Mais on oublie trop souvent que depuis 2003 dans ce comté, le PQ était 3e. Ce résultat donne l’ampleur de la déconfiture libérale. À mots à peine voilé au sein de ses instances, le penchant masculin de la direction bicéphale de Québec solidaire avait « permis » à ses ouailles de ne pas « bloqué » le passage au PQ, réalisant l’enjeu de cette partielle assurément serrée où le résultat devait être la défaite du PLQ. En ce sens, le PQ a récolté certains appuis auprès des solidaires. On peut aussi penser que des émules de VLB, fort populaire en ce coin de pays, ont aussi appuyé stratégiquement le PQ. Peu importe, le résultat est le même, 65% de la population de Kam-Témis ont désavoué ce gouvernement après l’avoir appuyé sans réserves à peine deux ans auparavant.

E) En terminant, il est intéressant de constater qu’aucun des chefs de parti n’est conforté par le résultat de cette élection. Charest prépare assurément sa sortie, tout le monde le sait. Marois devra quand même se soumettre à un vote de confiance toujours périlleux tôt en 2011 tout en sachant que Duceppe est l’homme politique, un rare cas, qui emballe le plus les Québécois. Deltel doit lui attendre de voir comment des alliés potentiels joueront leurs cartes avant de se proclamer le chef du courant de centre-droit au Québec. Son leadership est tributaire des décisions du groupe Legault et de ses brebis égarées anciennement adéquistes…

~ par delorimier sur 30 novembre 2010.

Une Réponse to “Quelques constats en ce qui concerne les élections partielles dans Kamouraska-Témiscouata.”

  1. Billet très intéressant.

    Une petite précision toutefois : cela faisait trois élections que nous finissions troisièmes (depuis 2003) et non pas depuis 93.

    Mais c’est quand même une victoire qui nous fait très plaisir.

    J’ai d’ailleurs publié un billet là-dessus :

    http://go.pq.org/0pi

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