L’art de déshonorer la fonction de Premier Ministre du Québec

Pathétique. Tout simplement déprimant. Imaginez, tentez de le faire, les anciens premiers ministres du Québec Bourassa, Parizeau ou Bouchard à une émission comme Tout le monde en parle, penauds, à se faire parler de plotte pis de vagin et de cunnilingus, Pouc, Pouc, Pouc!

John James Charest déshonore la fonction de Premier Ministre du Québec.

Ça n’a rien à voir, cependant, avec sa triste apparition à la messe télévisuelle radio-canadienne. Ce pathétique opus n’est que la cerise sur l’indigeste sundae d’un règne que les Québécois voudront oublier, la noirceur de notre génération.

Le monsieur dit à toutes les tribunes qu’on doit le juger sur l’ensemble de son mandat, après 10 ans à la tête de la province, il est plus que temps de porter jugement sur le règne de John James Charest, ce conservateur déchu, parachuté un peu contre son réel désir –nous savons tous que le vrai emploi que cherche Charest c’est la tête du Canada- dans une province qu’il a toujours vu comme un club école de la fonction politique canadienne.

Fort des séquelles prévisibles de l’après 1995 et des deux mandats successifs du PQ et d’une chefferie au mieux rocambolesque, Charest a su se maintenir en poste en dépit d’un bilan de gouvernance qui est franchement désastreux.

N’oublions jamais non plus que le fond de commerce du PLQ au sein de certains comtés non-francophones est indestructible, peu importe la situation dans laquelle le conservateur laissera le parti libéral. Une incongruité qui alimente inévitablement le cynisme…

Après les débâcles du Suroît, de Orford, de la CDPQ, des accommodements raisonnables, etc; que l’on juxtapose aux plus récents scandales des places en garderie, ce racket libéral sur le dos des enfants, de l’industrie de la « corruption » comme le dit le PM lui-même, et cet entêtement à privilégier les compagnies de gaz de schiste qui accueillent en dépit de toutes règles sur le lobbyisme et sur l’éthique, des acteurs clés du gouvernement Charest. Malgré tout cela, le PM affirme, sans pouffer de rire, qu’il est bien en selle et que ce sont les derniers retranchements du parti libéral, le 16 % d’appui indestructible, qui est le plus sage. Du pur déni, ou la déchéance du parti libéral du Québec. En y regardant de plus près, force est d’admettre que cette déchéance était prévisible, voire inévitable.

Le mandat majoritaire de 2008 a été acquis au prix du cynisme, le plus faible taux de participation de l’histoire du Québec à une élection provinciale générale, à quelques jours de Noël. C’est une chose. Mais l’ensemble des faits saillants de la gouvernance de Charest depuis 2003 est teinté par le favoritisme et le copinage, cette obsession maladive de tout politiser, de chasser de tous les racoins de l’appareil gouvernemental et public, jusqu’au dernier des traîtres péquistes. Il est connu que sous la férule de John James Charest, le PLQ a dû devenir plus hargneux envers ses adversaires, il a enseigné à ses troupes les rudiments de la détestation. Certains en ont profité, la majorité de la députation libérale vit cependant plus difficilement avec cette nouvelle façon de procéder.

Jusqu’à maintenant, le pouvoir et les « avantages » que le pouvoir confère au parti ont permis à John James Charest de ne jamais être inquiété. Parions que dans les officines poussiéreuses des partis, où l’on fait et défait les équipes politiques, on prépare la sortie du King de Sherbrooke.

~ par delorimier sur 6 décembre 2010.

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