À mes amis qui ont choisi le NPD

La poussière retombe sur l’élection fédérale qui a presque fatalement semé le glas d’un véhicule politique original et jadis populaire pour les Québécois afin de faire entendre leur voix, et leur spécificité à Ottawa, le Bloc Québécois. L’électorat du Québec est volatile, certains diront volage, d’autres diront inconscients, sinon tout simplement incohérent.

D’une opposition à l’autre

Les opposants au Bloc Québécois lui ont de tout temps reproché ce paradoxe politique en ces temps où seul le pouvoir semble compter, il ne pouvait accéder au pouvoir. Dans le système parlementaire britannique archaïque qui nous enchaîne au Canada, le « pouvoir » est l’apanage de partis qui sont souvent peu représentatif de la majorité des citoyens que les vainqueurs doivent représenter. Le PCC de Harper a gagné sa majorité avec 39,5 % des voix exprimées sur un total de 60,9 % d’électeurs votant à l’échelle canadienne et seulement 18,9 % des électeurs au Québec. Au total, Harper a reçu l’assentiment de moins de 1 électeur sur 5 au Canada et ce chiffre dégringole à moins de 1 citoyen sur 10 au Québec. L’opposition comme on dit, c’est le lot de la très grande majorité des citoyens canadiens et presque toujours la place du Québec dans le jeu du fédéralisme canadien.

Une opposition qui nous rassemble

Le Bloc Québécois avait ceci d’avantageux qu’il n’avait comme mandat que de représenter le point du vu du Québec à l’intérieur du jeu du parlementarisme canadien. Plus avant que les simples lignes de parti sur la scène provinciale, le Bloc a souvent porté devant le parlement canadien des positions consensuelles de l’Assemblée Nationale du Québec qu’aucun autre parti fédéral au Québec ne pourra défendre. Ne pensons qu’à la future Commission des Valeurs mobilières Canadienne que conteste le Québec ou le litige pétrolifère de Old Harry. Dans les deux cas, la députation néodémocrate sera contrainte de faire passer la position fédérative canadienne avant la revendication du Québec et ce, MALGRÉ QUE PLUS DE LA MOITIÉ DE CETTE DÉPUTATION SOIT QUÉBÉCOISE. Le bon Jack Layton a déjà fait savoir que le nombre de députés issus du Québec n’influencera PAS les positions traditionnelles de son parti sur les grands enjeux politiques fédéraux. Opposition, pour opposition, le Québec était certes mieux servi par un groupe parlementaire dont le mandat était de s’unir derrière les consensus de la nation Québécoise.

Le bon Jack a déjà fait le plein de députés au Québec, sa mission est maintenant de courtiser l’électorat canadien. Comme tous les partis, la prochaine marche pour Jack c’est le pouvoir et comme le mentionnait le Globe and Mail dans son analyse de sa performance au Québec, toutes concessions faites au Québec dans les positions du NPD se traduiront par un recul sur la scène canadienne… Bref, comme le dit Bernard Descôteaux ce matin dans Le Devoir : « Les 58 néodémocrates du Québec ne pourront influer véritablement sur le cours du débat, car ils n’ont pas en main la clé pour changer quoi que ce soit. Celle-ci est dans les seules mains du gouvernement Harper, qui est désormais majoritaire. Ils réaliseront vite les limites de leur statut d’opposition officielle, qui ne leur permettra pas de faire plus que ce que faisait le Bloc. »

http://www.ledevoir.com/politique/elections-2011/322507/elections-federales-parlons-quebec

Une opposition qui nous ressemble

Le jeu de la démocratie est parfois ingrat. Si certains des députés néodémocrates élus lundi dernier sont bien ancrés dans leur communauté et ont depuis longtemps porté le flambeau de l’idéal de ce parti, ce n’est pas le lot de tous ces députés. On se doit de condamner l’élection de « poteaux », ces candidats que l’on place sur le bulletin de vote juste pour dire que l’on a des candidats partout, et qui n’ont pas les compétences pour représenter les électeurs qui les ont portés au pouvoir. C’est un autre paradoxe.

La vague qui porte au pouvoir un parti est composée de gens qui individuellement votent pour ces candidats. Dans le comté de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, femme connue surtout pour son unilinguisme ainsi que pour avoir voyagé à Vegas pendant la campagne électorale, refusait toujours de rencontrer les électeurs de la circonscription qui l’avait choisi et où ELLE N’A JAMAIS MIS LES PIEDS DE SA VIE. Bien des électeurs rencontrés dans les villages de Lavaltrie et de Lanoraie par les journalistes qui ont avoué avoir voté pour Jack Layton, se désolaient d’avoir comme député la résidente d’Ottawa. Ce mécontentement est encore plus sensible quand on prend compte de l’opinion des maires de ces municipalités :

« Chose certaine, ses absences et sa méconnaissance du français font des mécontents au sein des villes de sa circonscription.
«On ne l’a jamais vue, s’est plaint le maire de Lavaltrie, Jean-Claude Gravel. Gagner des élections sans pancartes, faut le faire ! C’est dommage pour les autres candidats qui, eux, étaient visibles.»
La mairesse de Lanoraie, Jacinthe Brissette, craint de son côté de ne pas réussir à se «faire comprendre» par la députée du NPD, parce que cette dernière ne parle que quelques rudiments de français.
«Aussi, ce n’est pas quelqu’un d’expérimenté. Elle ne connaît pas les rouages de la politique. Disons qu’on lui souhaite bonne chance», a lancé ironiquement la mairesse.
«Nous sommes tous abasourdis, poursuit-elle. Personne ne connaît cette femme. C’est insécurisant. Est-ce à dire que nous avons les élus que nous méritons ?»

http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/federales2011/archives/2011/05/20110504-060102.html

D’ailleurs, le même article mentionne que le lieutenant du Québec du NPD, Thomas Mulcair, ancien avocat du groupe de pression anti-francophone Alliance Québec, était sur la défensive. Cet homme est visiblement agacé de devoir défendre l’indéfendable et il sent la pression de la population locale qui demande déjà au parti de trouver une autre personne pour les représenter. Notons également que lors de sa conversation quotidienne avec le chroniqueur politique Jean Lapierre, le populaire animateur Paul Arcand faisait remarquer que le bulletin de candidature de Ruth Ellen Brosseau était contesté. Si la jeune femme n’a pas réuni les signatures requises dans son comté (elle n’y a jamais mis les pieds, le parti l’a-t-il fait pour elle?), sa candidature pourrait être rejetée.

Bref, si on doit saluer l’arrivée de néophytes en politique qui ont des assises dans leurs comtés et qui ont été choisis en raison de leur travail acharné auprès de la population qu’ils représenteront maintenant, on doit dénoncer le fait que certaines municipalités du Québec sont désormais orphelins de député quand un « poteau » décide se cacher, ou quand ce poteau ne parle pas la langue de 98,5% des gens qu’il doit représenter.

~ par delorimier sur 4 mai 2011.

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