Le dernier rempart de la ségrégation nord-américaine: la Québéphobie?

Les gens de mon environnement de travail ont le « caca bas » comme on dit par chez nous, ou plutôt dans le coin des mes ancêtres, en Beauce. La littérature gouvernementale que l’on sert aux employés pour leur expliquer la « Révision stratégique » est truchée de faux-fuyants insultants de la part du Gouvernement en place, selon qui, la population lui a donné le mandat « fort » de réaliser les coupures drastiques… Tu parles! Moins d’un Canadien sur sept habiletés à voter et moins d’un Québécois sur neuf… Vive le système uninominal à un tour… cette égérie britannique qui continue de nous enculer…

Mettons que les discussions sont assez corsées récemment au bureau. Dans ce contexte austère où personne ne sait si c’est lui ou son voisin qui recevra, dès la fin de l’exercice de révision stratégique, la vile lettre de départ, certains sont à fleur de peau…

Ainsi au bureau la semaine dernière, là où pourtant on trouve une équipe d’intellectuels tolérants qui gravitent dans le milieu gouvernemental-journalistique-rédactionnel chevronnés, un débat enflammé sur un cas bien précis : la réaction de certains dans le Rest of Canada (ROC) à l’intérêt qu’a porté la chef intérimaire du NPD Nycole Turmel à deux partis ouvertement souverainistes… Explosif.

Un commentaire internet suite à un article sur le sujet que j’ai lu dans le Citizen d’Ottawa, qui fait partie de la mouvance du National Post, assez à droite donc, m’a fait sursauter : « The only good seperatis is the one hanging on the nearest phone pole » Ma traduction : « le seul bon séparatisse est celui que l’on pendra sur le poteau de téléphone le plus près… »

J’ose une réaction au bureau : « imaginez que l’on écrive, dans un média québécois, la même chose à propos des juifs, des noirs, ou même des anglophones… » Volée de bois vert. C’est pas la même chose… les séparatisses veulent briser le pays… Rien à faire, la discrimination envers les séparatisses est normale, acceptable, à la limite du souhaitable… Quand j’explique que le résultat du référendum de 1995 place ¾ des Québécois de souche dans cette catégorie, on hausse à peine les épaules… qu’importe! L’immigration fait le travail de diluer ces chiens…

Dans une discussion de type « autour de la machine à café », je comprends bien à quel point l’intolérance envers les Québécois qui revendiquent le droit à la pérennité de leur culture, de leur patrimoine de leur « nation » offusque les canadiens anglais… Pas tous certes, mais la majorité…

Suis-je un méchant « séparatisse » ???

On me pose souvent la question ici au bureau, on tente de savoir de quel bois se chauffe cette bibitte qu’est « le séparatisse »… J’essaye toujours d’éviter ce type de discussion dans l’aire de travail, explosif je vous dis! Voici ce que je répondrais à un collègue de travail du ROC :

A) Ce en quoi je crois le plus c’est à la survivance de ma culture, de ma langue, ce français de robine parlé par « un petit peuple » niché sur un vaste territoire mais entouré d’une mer d’anglophones, c’est à la pérennité de nos institutions démocratiques comme le code civil, la loi 101 et tout ce qui assure dans nos institutions que nous puissions nous représenter. Je crois en tout cela, sans compromis.

B) Je crois aussi en la non-violence de la représentation de mes idéaux présentés en A. En toute circonstance, je nous félicite, depuis 1980, d’avoir résisté à la tentation de la violence, un moyen ce que je réprouverai toujours. En d’autres cieux, au sein de démocraties dites « civilisées », on s’est entretué pour moins que ce qui nous oppose à nos voisins du ROC. C’est précisément ce qui me dérange des propos du Citizen, cette violence à peine voilée…

C) Je ne suis pas réfractaire à la réorganisation de la constitution Canadienne afin qu’elle réponde aux aspirations des Québécois en autant que tout A s’y retrouve et que l’on y trouve l’ensemble des outils qui permettent au Québec d’assurer la pérennité de sa langue, sa culture et de ses institutions (et de sa différence bien entendu). Mecch et Chalottetown ont montré les limites de cette option mais pourquoi ne pas poser la question aux Canadiens la prochaine fois et y attacher l’indépendance en cas de refus…

~ par delorimier sur 8 août 2011.

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