Tirer la Cause vers le bas…

Un petit matin tout gris, comme un matin d’automne. On dirait que c’est toujours en ces matins tristounets que la gang de Gesca prend un malin plaisir à souligner à grands traits la déconvenue des souverainistes.

Cessons de jouer à l’autruche, déconvenue il y a. La barque fuit de partout, des mollassons regardent vers l’attentisme douillet de Legault, des pressés imaginent la Terre promise d’un œil, la poutre dans l’autre…

Ça me fait tout drôle d’écrire ça, mais de mon œil de faucon (!), les souverainistes devraient prendre exemple sur Jean Charest cette fois-ci. Le PQ comme véhicule politique est-il vraiment dépassé, mort, enterré ??? Jamais politicien n’a-t-il eu la clé de la renaissance comme le Frisé et m’est avis que l’on devrait y penser deux fois avant de trucider le PQ.

D’un autre côté, il est archi évident que certains militants (et employés) du PQ vivent dans une tour de Babel, un monde cloîtré en quelque sorte. De l’intérieur des cercles militants et acquis à la cause de Marois (et non de la souveraineté, c’est bien différent), on voit aux premières lignes (comme à Trois-Rivières cette semaine), des partisans. C’est vrai. Mais ils ne sont pas représentatifs du portrait d’ensemble. Comme ces arbres que l’on pense à l’infini quand on roule en voiture sur la 117 dans le Parc de la Vérendrye ou sur la 315 dans la Réserve Papineau-Labelle. Une lisière réconfortante qui cache la désolation.

Les partis politiques sont devenus des institutions qui obéissent à des intérêts bien précis. On y calcule en fonction de résultats probabilistes aux prochaines élections, en fonction de ce que l’on peut livrer à ceux qui nous soutiennent une fois que l’on mettra les mains sur les leviers du pouvoir. En ça, le PQ ne diffère d’aucun autre parti politique. Ce que le PQ doit livrer en premier, à sa base militante, c’est l’atteinte de la souveraineté pour le Québec. Plus il s’éloigne de cet objectif, plus il devient incohérent. Force est d’admettre que la « gouvernance souverainiste » n’attire personne. À ça, la population du Québec semble préférer la « gouvernance d’extrême centre » de Legault.

Que faire? Qu’espérer?

Il y a des débuts de pistes de solution un peu partout. La situation politique à Ottawa devrait pourtant inspirer les souverainistes à se prendre en main rapidement, en cela j’entends à trouver une voie d’unification.

Les 59 députés NPD du Québec se trouveront bientôt au cœur d’une lutte de pouvoir entre deux aspirants à la succession du Bon Jack qui ne se feront pas de cadeau. C’est un fait connu de tous les « insiders » sur la Colline que Brian Topp, le candidat du ROC-NPD et Thomas Mulcair, le candidat du NPD-Québec, n’ont pas tardé à mettre en place, discrètement, des équipes afin d’être sur la ligne de départ, fin prêtes, en avance si possible sur l’équipe rivale…

Cette lutte fera inévitablement ressortir les conflits inhérents à la composition même du caucus NPD qui est intenable pour un parti pancanadien, c’est-à-dire ce « Bloc » imposant de députés québécois qui dénature ce parti quand vient le temps de mettre de l’avant toutes propositions qui doivent tenir compte des intérêts du Canada, souvent divergents des intérêts du Québec. Le PM Harper est un maître dans l’art de pousser ces dossiers qu’il sait feront la zizanie chez l’opposition et il a tiré deux salves efficaces en ce sens depuis quelques semaines : le dossier de la désignation royale dans les Forces canadiennes et projet hydroélectrique du Bas-Churchill.

Absents de représentation au fédéral, les souverainistes doivent cependant occuper le terrain au Québec afin de tirer partie de cette dichotomie qui existe dans le parti du Bon Jack. Cela veut dire souligner à grands traits les irritants qui froissent parfois dans un parti pancanadien, mais qui sont pour le Québec, la défense de ses intérêts. Dans le contexte de la division qui règne présentement, les forces souverainistes sont en voie de rater complètement cette opportunité, ce devoir en quelque sorte.

Les souverainistes ont souvent « mangé » leurs chefs. C’est le propre d’un parti qui allie des gens aux inclinaisons idéologiques différentes (des pressés de gauche, des mous de centre, des nationalistes plus à droite, etc) qui ne s’entendent que sur un point, que le meilleur intérêt de la nation Québécoise serait mieux servi par la souveraineté. En ce sens, JAMAIS Pauline Marois ne fera l’unanimité, pire, elle attise la division des souverainistes.

Cela n’entache en rien l’ensemble de ses réalisations pour la cause souverainiste, mais à moins de vivre dans la tour de Babel du PQ, il est évident qu’elle ne sera pas la première femme à occuper la fonction de Première Ministre du Québec. C’est triste, mais c’est ça. Plus dommageable encore sera son obstination à s’accrocher aux rênes du PQ.

Je sais, ça fait cliché, mais quand il est question de trouver quelqu’un qui a de l’expérience dans la gouvernance d’un groupe aussi hétéroclite que ces dingues souverainistes, un nom me vient en tête… Il est encore temps… en plus, il connaît bien les coulisses du pouvoir à Ottawa…

~ par delorimier sur 25 août 2011.

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