Élection ontarienne sur fond de cynisme…

Comme bien d’autre Québécois et Canadiens, j’ai été très intéressé par la campagne électorale provinciale ontarienne. Au Québec, normalement, les élections provinciales des autres provinces canadiennes sont peu suivies, même par les férus de politique. Un nouveau positionnement de la politique canadienne sur l’axe gauche-droite semble changer la donne.

Beaucoup ont été dégoûtés par l’arrogance du maire de Toronto, Rob Ford, un digne représentant de l’extrême droite populiste et rétrograde, lorsque dans une cérémonie familiale à laquelle le premier-ministre Harper et d’autres députés conservateurs étaient conviés, la droite canadienne se targuait de viser le « tour du chapeau » lors de l’élection provinciale ontarienne afin de « nettoyer » la province de la racaille de gauche…

Au lendemain de cette élection, comment ne pas être d’accord avec l’analyste politique Robert Asselin, contributeur notamment au site ipolitics.ca, qui sur les ondes du SRC 90,7 Ottawa-Gatineau, arguait que le plus grand perdant de l’élection était le chef conservateur ontarien Tim Hudak. Ce dernier a payé, entre autre, de l’arrogance de ses amis néocons. Plus encore, l’analyste rappelait qu’en début de campagne, le parti Progressiste-conservateur jouissait d’une confortable avance, le gouvernement libéral étant impopulaire et traînant plusieurs décisions controversées. C’était l’élection de Hudak, à lui de la perdre ou de la gagner. D’entrée de jeu, en qualifiant les travailleurs immigrants ontariens de « travailleurs étrangers qui volent les jobs des vrais ontariens », en plus de voir ses anciens appuis à des campagnes anti-avortement venir le hanter, Hudak a montré le visage rétrograde de la droite canadienne. La partie était perdue, les Canadiens et les Québécois rejettent d’emblée les politiques et l’idéologie néo-conservatrice.

Mais il y a plus inquiétant encore cependant. Encore, Robert Asselin le soulignait judicieusement, mais d’autres aussi l’évoquent ce matin, la plus grande perdante ce matin, c’est la légitimité de la démocratie canadienne. Le taux de participation à l’élection de la plus populeuse province canadienne n’était que de 44 %! Le parti Libéral formera un gouvernement (à l’heure actuelle à un siège de la minorité) avec 37,6% des voix de 44% de la population habileté à voter. C’est très inquiétant.

Les dernières élections provinciales québécoise ont aussi produit le plus faible taux de participation de l’histoire et la désaffection de la population canadienne s’est aussi fait sentir le 2 mai dernier sur la scène fédérale.

Une des raisons qui explique le rejet des options politiques existantes est le recours de plus en plus courant (introduit par la droite Harper suite à l’unification PC et Reform) au « Wedge politics », la politique de la division, et les campagnes de dénigrement, souvent agressives. Encore, les Néocons de Harper sont les champions en la matière. La campagne de salissage contre Stéphane Dion fait école dans le domaine (pas que j’en pleurerai…).

Au Québec, le cynisme de la population est nourri quotidiennement par la politique du déni et l’acharnement partisan dont fait usage le gouvernement Charest. Il n’y a plus même raison de cacher les tractations pour les libéraux québécois en vue de couvrir les amis du régime, les firmes de génie-conseil et les financiers occultes. Tous savent très bien que chaque jour qu’achète ce gouvernement au prix de son impopularité sert à ses amis profiteurs du système à préparer leur défense pendant que l’appareil politique partisan cogite sur la façon de construire un forum biaisé que l’on tentera de faire passer pour « Commission d’enquête » sans que les grands joueurs n’y soient affectés. Les Québécois ont déjà joué dans ce jeu là. La famille libérale fédéraste au Québec aussi, mais il semble qu’elle n’y ait rien appris.

Devant ce marasme, bien des électeurs abandonnent et le cynisme libéral rejaillit sur toute la classe politique. Le plus sidérant au Québec, c’est que plus la désaffection gagne le Québécois, plus Charest y gagne. Les libéraux savent très bien que depuis 1976, plus le taux de participation est bas au Québec, meilleures sont leur chance de victoire… C’est con de même!

~ par delorimier sur 7 octobre 2011.

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