Théorie à cinq sous : Ma réponse à Richard Martineau…

D’abord lire la chronique de Richard Martineau ici : http://www.journaldemontreal.com/2012/06/16/ma-theorie-a-cinq-sous

Richard Martineau a bien raison, il s’agit d’une théorie à cinq sous. D’entrée de jeu, le chroniqueur annonce ses couleurs en annonçant la prémisse de sa théorie, « la dualité séparatisme-fédéra­lisme » en sous-texte. La terminologie est déjà annonciatrice d’un parti-pris commun au Québec. La sémantique, le lexique comme arme de dissuasion pernicieuse : on étiquette les partisans de l’indépendance par un terme à connotation négative, un néologisme tout inventé par Jean Chrétien, les « séparatisses ».

À cela on devrait donc répondre que les partisans du fédéralisme sont des « assimilasionnisses », des gens qui appuient ouvertement l’assimilation et le métissage de la culture québécoise en un melting-pot de multiculturalisme canadian qui chaque année verrait le nombre de québécois diminuer, jusqu’à la minorisation effective.

Quand je lis d’entrée de jeu que Martineau évoque l’axe « séparatisse-fédéralisme » en usant de la terminologie des bons fédérastes qui nous ont fourré à qui mieux-mieux depuis quarante ans, de la crise d’Octobre patentée dans les bureaux de la SQ et de la GRC à coup d’infiltration et d’agents-provocateurs, en passant par Option Canada et le référendum souillé de 95, par les Commandites et encore aujourd’hui le régime de corruption des bons fédérasses de Capitaine Canada lui-même Jean Charest qui vole et pille le Québec sans compter, qui brade les ressources du Québec et les donne aux amis du parti en attendant que les élus d’aujourd’hui deviennent des employés grassement payés de ses mêmes compagnies sans égard à l’éthique la plus élémentaire… je me souviens pourquoi ce sont eux qui ont inventé la terminologie qui assurait que la référence même à un mouvement démocratiquement légitime deviendrait dans sa sémantique même connoté négativement; cela assurait les assimilationnistes d’un avantage important dans la référenciation aux deux options.

À la base, Martineau se positionne d’entrée de jeu. Il connait très bien la différence entre souverainiste ou indépendantiste, des termes qui évoquent un combat idéologique connoté plus positivement et le chrétianisme « séparatisse ». Il use du second.

Ensuite, Martineau annonce le clou de sa théorie à cinq sous : « Je crois – et voilà ma théorie « à cinq sous » (roulement de tambour) – que profondément, fondamentalement, le Québec voulait se dire Oui et s’inscrire dans le flot de l’histoire. Mais qu’il n’en a pas eu le courage. »

Martineau sait très aussi que ce n’est pas une question de « courage » mais bien de « moyens » qui ont règlé le sort du référendum de 1995. Quand la commission Gomery dévoilait l’ampleur du scandale, du vol pur et simple de l’argent des contribuables canadiens au profit d’une lutte illégale au « séparatisme », nombre de contribuables ont été indignés de constater à quel point les libéraux complices de cette supercherie ont profité du prétexte de cette lutte pour s’en mettre plein les poches sans égards aucun à toute forme de patriotisme! Si l’identité canadienne des tenants du fédéralisme au Québec se construit avec les Corriveau et Lafleur de ce monde, bien des habitants du ROC rejetteraient d’emblée cette contribution malvenue!

Nous savons maintenant que des centaines de milliers de demandes d’immigration ont été traitées de façon accélérée, ce bastion de citoyents qui votent staliniennement libéral, afin de gonfler le camp du « Non »; nous savons que le Canada a violé impunément, effrontément, les règles des consultations populaires du Québec, Jean Chrétien s’en félicitera plus tard au nom de la lutte contre les séparatisses; et nous savons aussi que l’arme de la peur et de l’intimidation institutionnelle est acceptée par les tenants du fédéralisme au Québec, comme l’ont démontré les menaces dans les talons de paye des fonctionnaires fédéraux de l’Outaouais dans la période référendaire de 1995.

L’absence de courage que Martineau repproche aux Québécois est une affirmation pernicieuse. Nous savons aujourd’hui que si tout avait été fait dans les règles, ce dossier serait clôt depuis longtemps. Le courage d’un chroniqueur de Québécor et de Gesca serait, en ces temps troubles, de rappeler que ce baril de poudre dont parle Martineau en évoquant la question constitutionnelle, perdure à cause de l’incurie des fédéralistes-assimilationisses du Québec et de bien vouloir le rappeler par les faits que nous connaissons oh que trop bien aujourd’hui.

~ par delorimier sur 17 juin 2012.

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