#POLQC : quelle direction pour le PLQ ???

Voilà maintenant une semaine que le PQ a été élu de façon minoritaire et nos voisins canadiens seront forcés de constater que la terre continue de tourner, que les marchés ne se sont pas effondrés, que le Clan Panneton n’est pas débordé par une horde de fédéralistes francophones désireux de s’établir au Canada et Westmount n’est pas en train de se vider…

On a enterré un homme cependant hier et un autre panse ses blessures, témoignages malheureux d’un climat malsain auquel ont participé certains médias, on doit l’admettre, même si on ne peut les en tenir responsable. Il est trop tôt pour départager la ferveur sociétale de l’irrépressible folie du tueur…

Souhaitons que le temps aidant, on puisse passer à autre chose, que la somme des opus pathétiques et de toutes les déclinaisons de mépris envers le choix légitime des Québécois laisse place à autre chose… comme à la redéfinition du PLQ laissé vacant par Charest.

On note quelques articles d’intérêt concernant la question au Canada anglais ce matin, ce qui nous changera des analyses post-onze-septembre…

En général, on notera que la course à la chefferie du PLQ intéresse grandement les commentateurs politiques du ROC, notamment sous l’angle du renouvellement des voix du fédéralisme au Québec. À ce titre, on doit admettre que la conversion de l’ancien caribou-pressé François Legault est accuillie avec une grande dose de scepticisme chez ces même commentateurs.

On lira avec intérêt la chronique de Zach Paikin sur ipolitics.ca (http://www.ipolitics.ca/2012/09/10/zach-paikin-who-will-be-the-next-strong-voice-for-federalism-in-quebec/) concernant les enjeux inhérents à la course à la chefferie libérale du Québec. Chroniqueur associé au parti libéral du Canada, Paikin voit la CAQ comme un adveraire du PLQ et n’accorde que peu de crédibilité à François Legault comme possible « nouvelle voix » du fédéralisme au Québec. De façon circonstancielle, Paikin voit plutôt la venue d’un NPD-Québec comme une occasion d’incliner les débats sociétaux au Québec sur l’axe gauche-droite plutôt qu’en seule fonction des positions constitutionnelles, ce qui à terme, selon lui, avantagera le (la) nouveau leader du PLQ à condition qu’il respecte certains critères bien précis :

-qu’il soit parfaitement bilingue afin de re-fidéliser la clientèle anglophone du parti;
-qu’il maîtrise parfaitement les dossiers régionaux afin de mieux combattre la CAQ sur le terrain électoral de la ville de Québec et sa périphérie;
-que le prochain chef du PLQ ne soit pas de l’école du fédéralisme centralisateur trudeauien, ce qui nuirait au parti au Québec (passage intéressant de son analyse)

« In other words, defenders of Big Ottawa might not be doing the federalist cause in Quebec a favour — a stark reminder that the Canadian federation has changed drastically since Pierre Trudeau’s premiership »

On remarquera d’ailleurs dans l’analyse de Paikin que selon lui, la menace que représente la CAQ tient beaucoup du fait qu’elle peut mordre dans l’électoral « fédéraliste-nationaliste » du PLQ, surtout dans la périphérie des deux grandes villes du Québec. De l’autre côté, le PQ peut toujours compter sur un plancher électoral qui est moins volatile toujours selon Paikin. Dans cette nouvelle donne, le prochain chef du PLQ doit donc être plus ouvert aux revendications constitutionnelles traditionnelles tout en misant sur la marque de commerce fédéraliste du parti. La CAQ portera toujours le fardeau de l’ambiguïté constitutionnelle selon Paikin car une telle coalition porte en son sein des « séparatisses ».

Une autre figure marquante du PLC en appelle à la prudence ce matin concernant la victoire du PQ… Nul autre que M. Clarté lui-même, Stéphane Dion! Lui aussi sur ipolitics.ca (http://www.ipolitics.ca/2012/09/11/dont-underestimate-the-pq-and-dont-appease-it-dion/), abonde dans le même sens qu’André Pratte dans son édito de la fin de semaine en ce sens où l’on conjure M. Harper de ne pas céder de pouvoirs additionnels au Québec. Le problème demeure que selon l’idéologie des Conservateurs, il existe des pouvoirs fédéraux qui sont tout à fait « transférables » et qui participent à l’amincissement de l’état fédéral… Encore ici, deux visions contradictoire du fédéralisme s’affrontent et les tenants du fédéralisme centralisateur sont minoritaires à Ottawa en ce moment…

Pendant que les fédéralistes du Québec pensent et planifient la suite des choses, il est impératif que les souverainistes prennent bonne note de ces questionnements. Il est évident que l’électorat « nationaliste mou » (putain qu’elle me fait rire – et me décourage – cette catégorie d’électeurs…) sera courtisé de toutes parts lors de #QC2013.

Je l’évoquais hier, les souverainistes doivent dès maintenant s’atteler à la tâche de la création d’un FRONT UNI des souverainistes, mais on doit aussi planifier la définitions de prochains thèmes électoraux qui en appelleront aux électeurs nationalistes moins pressés. Le PQ (et les partisants d’un FRONT UNI) détiennent un avantage non-négligeable, les leviers du pouvoir et la possibilité de démontrer que les souverainistes sont prêts à gouverner de façon constructive tout en accélérant la pédagogie du projet souverainiste, toujours en misant sur ses aspects fédérateurs…

~ par delorimier sur 11 septembre 2012.

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