L’art de créer l’effet d’illégitimité.

Je le mentionnais dans mon article d’hier, jour après jour, après jour, certains ténors du commentariat politique qui ne cachent pas leur inclinaison fédéraliste ou de droite (presque toujours les deux) usent de leurs tribunes, de façon disproportionnée, afin d’attaquer la légitimité du gouvernement de Pauline Marois et du PQ en général.

Les médias (radio-télé-journaux) populistes de masse sont les premiers et les plus enclins à diffuser ces opinions -que l’on confond parfois malhonnêtement en informations en apparence objective, ce qui est tout à fait condamnable- le plus souvent sans contrepartie, sans que d’autres commentateurs puissent défendre l’opinion inverse.

Chaque dossier sur lesquels se prononcent des membres du gouvernement Marois fait l’objet d’un ressac médiatique, d’une contestation parfois montée en épingle, sous la fausse représentation d’un appui massif de la population alors que dans les faits, ceux qui pilotent la contestation sont-oh comme nous sommes surpris- de la même allégeance politique que les dits commentateurs politiques et défendent- oh comme nous sommes encore surpris- les intérêts bien particuliers de ces grands groupes médiatiques. Le dossier de Gentilly-2 en est un exemple probant.

Comment cela fonctionne-t-il?

L’important c’est de respecter les deux principes suivants : la fréquence et l’impression d’unanimité. L’adage dit : »Répéter un mensonge pour espérer en faire une vérité ». La volonté de ce commentariat d’imposer la perception d’illégitimité du gouvernement Marois procède de ces deux principes. Jour après jour, après jour, offrir la tribune à ceux qui contestent le gouvernement et ses décisions sans se demander au préalable s’ils représentent la majorité des intervenants ou sans offrir la même tribune (en même quantité) à ceux qui appuient ces mêmes décisions. Aussi, s’assurer que les porte-paroles de ce commentariat infléchissent le plus que possible l’opinion que se feront les auditeurs-public cibles de leurs tribunes. L’analyse du fond et de la forme des chroniques des Jean Lapierre, Lise Ravary, Richard Martineau, André Pratte, Lysiane Gagnon, Éric Duhaime, Roch Cholette (au 104,7 en Outaouais, Cogeco); sans compter l’acharnement parfois indécent de mépris de la Radio-poubelle de Québec, qui trouve maintenant écho et antenne à Montréal.

Si l’on calcule en fonction du temps accordé et selon l’inclinaison véritable des propos véhiculés, il est aisé de conclure que les groupes médiatiques qui s’opposent de façon véhémente au gouvernement péquiste use de leurs entreprises-et des deniers publics qui leurs sont versés par diverses subventions et crédits d’impôts- afin de défendre leurs intérêts propres. Ce qui inquiète davantage cependant c’est le dessein qui motive leur entreprise de déstabilisation du gouvernement Marois, gouvernement de tous les Québécois se plaisaient-ils à rappeler quand c’était le très impopulaire Charest qui gouvernait. Il s’agit d’attaquer sa crédibilité jusqu’à ce que à grands renforts de hauts-cris de leurs « chroniqueurs », on puisse imposer la perception que ce gouvernement est illégitime. Pour ce faire, il est intéressant de voir que ces « chroniqueurs » usent des mêmes termes pour caractériser le travail de l’ensemble des membres du gouvernement : improvisation, amateurisme, syndicalisation, économiquement dangereux, instabilité. En bout de ligne, le résultat souhaité serait de créer les conditions favorables au renversement rapide du gouvernement Marois qui s’attaque de front, par ses politiques plus progressistes, aux intérêts de ces groupes médiatiques, et même, dans le cas du dossier des paliers d’imposition plus spécifiquement, une attaque directe à ces « petits-bourgeois » qui font majoritairement partie du faible pourcentage des mieux nantis à qui l’on demande cet effort supplémentaire. Rares sont les chroniqueurs qui ont vanté l’esprit d’équité de l’effort de redistribution de la richesse dans ce dossier. Je félicite les Marissal et Lagacé qui n’ont pas hésité à se déclarer « riches » et à applaudir la mesure progressiste.

Ce que l’on souhaite dorénavant c’est que tous ceux qui en ont marre du biais politique et des jupons qui dépassent tant qu’on en croit que ces chroniqueurs serviles portent des nappes, tous ceux qui en ont marre donc de ces faiseurs d’opinions dénoncent leur entreprise de sappe et réclament plus d’équité dans le traitement des actions gouvernementales, mais surtout dans l’inclinaison des commentaires politiques que ces groupes médiatiques diffusent.

~ par delorimier sur 12 octobre 2012.

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