Les eaux de la gouvernance seront tumultueuses pour Pauline Marois

L’article de Vincent Marissal dans La Presse de ce matin titre : « Le début de l’ère Marois ». Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre les travaux à la suite de la dernière élection et que le changement de gouvernement devient effectif, il y aura plus que des jeux de coulisses dans la Belle Province. Les forces fédéralistes qui ont soutenu le parti libéral corrompu de Jean Charest et qui ont forcé la profession de foi fédéraste pathétique de François Legault sont à pieds d’oeuvre pour s’assurer que l’incartade au pouvoir de Madame Marois soit de courte durée.

De très courte durée.

Car si des journaux complaisants ont tenté de miner les premiers pas de la gouvernance péquiste à coup de sondages aux prétentions scientifiques douteuses et à grands renforts de battage médiatique négatif et injustement critiques à l’endroit du PQ, une chose les inquiète prestement : les Québécois sont moins enclins à désavouer le gouvernement, sinon les politiques qu’il met de l’avant, que ceux-ci ne l’espéraient. En un mot, les Québécois pourraient prendre goût à ce que le PQ proposera dès les premiers pas de sa gouvernance à l’Assemblée nationale, moment où défaire le gouvernement est politiquement périlleux et socialement inacceptable et mal perçu. Défaire le gouvernement alors qu’il n’a pas même siégé l’équivalent de la durée d’une campagne électorale au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars sera difficile à vendre pour les Cogeco et Gesca de ce monde…

Quelques exemples d’incohérences manifestes entre des décisions gouvernementales annoncées par le PQ et la couverture médiatique discutable des Cogeco, Gesca et autres LCN de ce monde :

A) La fermeture de Gentilly-2. Au moment même où Québécor faisait grand bruit d’un taux d’insatisfaction de plus de 50% de la jeune gouvernance Marois (on le rappelle, Charest oscillait entre 65 et 80%); le quotidien taisait certaines données très révélatrices, comme l’appui de plus de 60% de la population à la fermeture de Gentilly-2.

B) L’arrêt de la subvention à la mine Jeffreys et la fin de l’appui gouvernemental à l’exctraction de l’amiante. Les Directions de la Santé publique du Québec condamnent de façon équivoque depuis 2010 la manipulation de l’amiante (http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Mars2011/31/c8138.html) et par électoralisme, le gouvernement de Jean Charest évitait de se rallier aux arguments de sa propre direction de santé publique. Alors que l’on offre comme de l’info-pub les ondes des stations régionales de Cogeco de la région de l’amiante à la « mobilisation citoyenne » de Thetford Mines et Asbestos, les sondages régionaux montrent que la population appuie la diversification de l’économie locale et l’abandon de l’exploitation de ce cancer ambulant. On peut le comprendre, ces familles ont souvent été les plus touchées par cet épouvantable fléau.

Force est de constater que moduler les tables d’impositions afin que les plus riches de la société paient un peu plus leur juste part, s’attaquer aux cancer de la corruption et de la collusion qui ont fait perdre tant de richesse collective aux Québécois, s’attaquer à l’exploitation nocive de l’amiante et sortir une fois pour toute le Québec des nations qui exploitent le nucléaire; voilà un plan d’action gouvernemental qui risque bien de rallier une forte proportion de la population. Cela inquiète grandement les fédéralistes, dont on apprend, de surcroît, à la commission Charbonneau, que beaucoup ont confondu la population du Québec en se drapant dans l’unifolié canadien pour mieux voler la population et financer le parti libéral par la suite. On notera que ce programme gouvernemental inquiète aussi, dans une moindre mesure, Québec Solidaire, car il courtise directement sa base électorale; un danger qui pourrait replonger QS dans les méandres de la périphérie politique du Québec si leurs électeurs convergent vers le PQ.

Conséquences……..

Plan d’action fédéraliste : on lance un ballon d’essai tout de suite dans la population, le renversement rapide du gouvernement Marois et l’appel au Lieutenant Gouverneur du Québec Pierre Duchesne afin qu’il sanctionne une coalition CAQ / PLQ. Nous l’avions déjà évoqué ici : https://delorimier.wordpress.com/2012/10/11/217/ et ici : https://delorimier.wordpress.com/2012/09/05/qc2012-le-scenario-du-5/. Mais on passe à la vitesse grand V ce matin avec l’intervention faussement déguisée en réserve futile par le pape de l’antipéquisme primaire, Jean Lapierre, que l’on peut entendre ici : http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=151377. Il ne serait pas surprenant que l’on réponde à cette chronique dans Gesca par un édito qui se penche sur la même question et par des appels encore répétés dans la radio-poubelle au renversement du PQ. Tout est question de tenter de légitimiser ce coup d’état à peine déguisé.

Plan d’action des forces progressistes et souverainistes en dehors du PQ : fort simple. Pour Québec Solidaire, un silence complice à l’entreprise de déstabilisation du gouvernement Marois par les fédéralistes. Pour Option Nationale, un silence aussi (quoique comprenable en ce que Aussant n’a plus de voix à l’Assemblée Nationale), et quelques critiques acerbes de point précis sans pour autant appuyer de façon claire et publique les décisions du PQ qu’Option Nationale appuyait dans sa propre plateforme électorale…

Vraiment, les eaux de la gouvernance seront tumultueuses pour Pauline Marois; elle aura besoin de l’appui populaire afin de mettre en oeuvre les premiers pas de sa gouvernance…

~ par delorimier sur 29 octobre 2012.

2 Réponses to “Les eaux de la gouvernance seront tumultueuses pour Pauline Marois”

  1. T’as pas rapport encore concernant ON et QS.

    Tu connais l’adage: « qui dit rien consent »?

    QS et ON laisse faire le travail du PQ parce qu’ils sont d’accord avec le PQ. Eux, ils ne font pas de capital politique en sortant dans les médias pour dire : « oui on est d’accord avec le PQ »… c’t’une sacrament de perte de temps.

  2. […] Dans les semaines qui avaient suivis l’élection de septembre 2012, j’avais évoqué le scénario possible, et permis par notre système parlementaire désuet, d’un gouvernement de coalition fédéraliste CAQ-PLQ (et QS à bien des égards). La très courte minorité du PQ suite à l’élection de 2012 pouvait laisser espérer, à l’époque, que le parti libéral puisse convaincre une demi-douzaine de caquistes fédéralistes de joindre le PLQ ou à tout le moins de former une coalition sanctionnée par le lieutenant-gouverneur du Québec. […]

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