Pdloi 14 : On se prend en mains pour protéger le fait français ou on accepte l’assimilation?

Le parti Québécois a déposé son projet de loi 14 (nouvelle Loi 101) ce matin et certains la trouvent déjà trop laxiste, d’autres, toujours les mêmes, y voient encore le spectre de ces xénophobes de séparatistes qui n’en finissent plus de ne pas vouloir enfin accepter l’assimilation…

Dans les faits, le PQ a coupé la poire en deux, sachant que son statut minoritaire ne lui permettait pas de réaliser la vaste réécriture nécessaire de cette loi. Quelques faits saillants :

Les travailleurs non syndiqués qui revendiquent le droit de travailler en français pourront obtenir l’aide de la Commission des normes du travail.

Les employeurs devront évaluer avec précision les besoins linguistiques d’un poste avant d’exiger la connaissance de l’anglais.

La Charte québécoise des droits sera modifée pour assurer que toute personne a le droit «de vivre et de travailler en français» au Québec.

Pour l’éducation, le projet de loi, comme prévu, n’impose pas au collégial anglophone les conditions d’admission prévues pour le primaire et le secondaire. Les diplômes d’études secondaires et collégiales seront conditionnels à la réussite d’examens de français uniformes menés par le ministère de l’Éducation. (C’est ici la mesure la plus intéressante du projet de loi à mon avis)

Québec renforcera les exigences linguistiques pour la délivrance de permis par les ordres professionnels. On veut aussi éliminer les «parcours de scolarisation illégaux» ou les stratagèmes pour obtenir le droit d’envoyer ses enfants à l’école anglaise.

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Les statistiques du « Panorama des régions du Québec » de l’Institut de la statistique montrent bien, surtout en Outaouais, à quel point le français continue d’être sous la pression d’une minorisation constante. Le solde migratoire de la région de Gatineau est inquiétant. Forte augmentation du flux migratoire inter-provincial, surtout des familles ontariennes qui choisissent l’Outaouais québécois pour y profiter d’un coût de la vie moins élevé que la contrepartie ontarienne. Nous avons déjà traité ici de la problématique de ces quartiers anglophones qui poussent, à Aylmer par exemple, aidés en cela par des promoteurs immobiliers peu scrupuleux qui promettent à ces familles un milieu de vie où il est tout à fait possible de vivre, au Québec, en anglais seulement.

http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2012/12/05/001-gatineau-croissance-demo-mrc-collines.shtml (voir le pdf)

Mais pour la région de Montréal, et maintenant Laval, les risques de la minorisation du français sont encore bien réels, même inquiétants; d’où la nécessité d’une loi qui établit le français comme seule langue officielle, et d’usage en milieu de travail au Québec.

Afin de mieux comprendre à quel point le projet de loi 14 (nouvelle Loi 101) est en ce sens nécessaire, il est pertinent de revenir à l’analyse des perspectives démolinguistiques du Québec et de Montréal pour la période 2001-2051 de Marc Termote. (http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/etude_08.pdf)

On se prend en mains pour protéger le fait français ou on accepte l’assimilation?

~ par delorimier sur 5 décembre 2012.

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