#PQ : Un gouvernement attaqué, muselé. Une presse hostile.

Qu’est ce que ça prendra de plus pour convaincre même le plus ardent des fédéralistes que le traitement médiatique que subit le parti Québécois présentement est injustifié et d’une partisanerie mesquine assurément péremptoire? Jour après jour une chasse aux sorcières pathétique se passe aux yeux de tous laissant les uns indifférents, parfois même approbateurs, mais les autres ébahis devant tant de bassesse.

Tout le monde connait et admet le biais éditorial du groupe Gesca et son fleuron La Presse contre la promotion de la souveraineté, de fait même, ce journal nous a habitué à des hagiographies libérales comme celle sur Couillard signée Lysiane Gagnon aujourd’hui. Le triumvirat Pratte, Gagnon, Dubuc s’occuppe, en alternance, des attaques contre la gouvernance péquiste tout en s’assurant de protéger contre vents et marées la marque de commerce libérale, si chère aux yeux de Sagard -tant en fait qu’on pourrait penser qu’elle appartient aux Desmarais…

On s’est tant choqué dans les cercles fédérastes de certaines nominations du PQ au BAPE (alors que les neuf dernières nominations à cet organisme étaient celles de gens qui avaient tous milité au PLQ) ou de celle de André Boisclair. Pourtant avec plus de 580 nominations partisanes dans la haute fonction publique du Québec pendant sa décennie au pouvoir, le parti libéral a politisé l’appareil étatique à l’extrême et chaque décision que prend ou prendra le PQ risque d’être coulée aux amis de l’ancien régime, et le plus souvent contestée.

C’était sidérant de constater dans les pages des quotidiens de Gesca le 9 décembre dernier, date qu’a choisi l’ONU comme jour international de lutte contre la corruption, qu’on n’y a pratiquement rien publié sur le sujet. Les quelques textes qui ont trouvé la voie vers cyberpresse avaient ceci en commun qu’une courte recherche lexicale permettait de constater qu’aucuns ne mentionnait nul part le terme libéral ou Charest. Rien, niet.

Pourtant depuis un an et demi, voilà un dossier capital de l’actualité québécoise, tant en fait qu’il trouve écho très souvent dans la presse mondiale. Non, rien. Gesca choisit le silence complice plutôt que devoir traiter de cet épineux sujet dont la majeure partie des conséquences néfastes rejaillit sur le parti libéral.

En contrepartie, les journaux de Gesca travaillent jour et nuit afin de déterrer tout dossier qui permettrait d’entacher la crédibilité du parti Québécois par rapport à l’intégrité. La raison en est fort simple, dans les officines de Desmarais, on prépare la prochaine campagne électorale et pour ce faire, il est capital de marteler, jour après jour, que le parti Québécois n’est pas intègre.

Il y a un an et demi quand la perspective de voir Gilles Duceppe débarquer au parti Québécois faisait exploser les intentions de vote pour le PQ, Gesca a procédé exactement de la même manière en fomentant une crise qui s’est révélée être tout à fait fausse. Le fait est que les vieux routiers de la politique qui y travaillent savaient très bien que les allégations de mauvaises utilisations de fonds par Duceppe avaient DÉJÀ fait l’objet d’une analyse par les autorités appropriées à la Chambre des Communes. Mais Desmarais allait trouver un allié objectif à Ottawa en la personne de Stephen Harper afin de traîner dans la boue cet agaçant adversaire que fut Duceppe. On a souillé de façon injustifiée, mais durable, la réputation personnelle et politique d’un homme que les puissants hérauts du fédéralisme jugeaient menaçant.

La même chose se produit présentement. Les Gesca et Cogeco de ce monde s’allient afin de monter en épingle chaque bout de ficelle qui pourrait éventuellement attaquer la crédibilité du PQ. Le cas Maka Kotto est sidérant en ce sens. Encore une fois, une courte recherche dans la base de données de Gesca sur les malversations de Tomassi ou les écarts de Normandeau donneront finalement que peu de résultats. Bien peu de commentaires singlants ou assassins. Pire encore, on vous met au défi de trouver dans La Presse un quelconque éditorial qui critiquerait de façon virulente le bilan catastrophique des années Bachand au finances? 60,4 milliards d’ajout sur la dette en 9 ans et des poussières… Quand on combine cela aux pertes de la Caisse de dépôt, on a là un scandale financier de proportion titanesque!

Comparons cela au traitement médiatique de la rencontre des aviseurs culturels commandée par Maka Kotto. Bien que chaque dollar public dépensé par nos gouvernements devrait faire l’objet d’une prudence calculée, La Presse a choisi de couler Maka Kotto cette semaine pour une dépense de 64 000 dollars, soit 0,00000457 du budget total des finances du Québec. Et il ne s’agit pas de malversations, la rencontre a eu lieu. On est loin des allégations multiples -sans compter certains aveux de libéraux repentis- de malversations que l’on entend à la Commission Charbonneau. Qui plus est -est-ce le retour d’ascenceur à M. Harper- on se serait attendu à ce que les chroniqueurs politiques tels que Lapierre, Dumont ou Duhaime, déchirent collectivement leurs chemises devant le fiasco des F-35 à Ottawa, dossier qui affecte particulièrement le Québec et son domaine aérospatial de pointe… Non. Cette semaine, on a voulu couler Kotto pour une rencontre à 64000 piasses qui a bel et bien eue lieu et Jean-François Lisée pour un contrat de rénumération avec l’UDM que le commissaire à l’éthique de l’assemblée nationale a jugé conforme, le tout pour du travail que Lisée a déjà fait!!! Le député de Rosemont a décidé de verser des sommes qui lui étaient dûes à la lutte au décrochage.

Allo!!! pendant ce temps une quirielle de maires libéraux corrompus comme Marcotte et Vaillancourt font tout en leur pouvoir pour extorquer jusqu’à la dernière cenne des contribuables québécois; des fonctionnaires verreux avouent à la face du Québec avoir été de bons libéraux, mais en donnant de l’argent volé au bien public, des entrepreneurs en construction font la file pour s’incriminer d’avoir organiser des coquetails de financement courrus par les affairistes du Québec ou pour avoir accepter de verser les pizzo à ces affranchis libéraux que l’on tenait tant en haute estime dans le Québec corporatiste… Combien de députés libéraux ont accepté de renoncer à leur double rénumération? Les retraités du secteur public comme le policier Poëti par exemple? Rien, nada.

Encore plus enrageant, alors que les bons libéraux comme Jean Lapierre ou Roch Cholette en Outaouais -sa charge contre Lisée mercredi dernier au 104,7 Gatineau était honteuse, personnelle et vindicative- usaient de leur micros pour faire la job sale à Jean-François Lisée, toute personne soucieuse d’information ou de commentariat juste une petite affaire objective, sinon du moins juste, hurlait qu’on rappelle le 75 000 cash, en dessous de la table à Jean Charest… Dieu sait qu’avec tout ce que l’on entend à la Commission Charbonneau on est en droit de se demander d’où venait cet argent… Mais rien.

Dernière aberration en liste, cet article sur les détails de la vente de l’ancienne propriété de Pauline Marois. Voilà un autre cas où l’on tente d’installer dans l’imaginaire collectif, le préjugé d’une bourgeoise parvenue séparatiste, riche qu’à cause de son passage au gouvernement (et par le truchement de son mari). Il y a quelques années, deux journalistes de Québécor avaient entrepris d’enquêter sur les avoirs immobiliers de Jean Charest à partir de ses déclarations d’impôts. Leur conclusion était que selon ses salaires déclarés, il était peu probable que ceux-ci puissent lui permettre de tels biens immobiliers. L’empire Gesca s’est empressé de défendre Charest, une mini-guerre commerciale menaçait d’éclore entre les deux plus gros groupes journalistiques au Québec, mais le tout fut éviter par le congédiement, par Québécor, des journalistes impliqués. Le plus révoltant c’est qu’un avocat représentant de La Presse avait alors commenté qu’il était « odieux de s’ingérer ainsi dans les affaires personnelles d’un premier-ministre »… (http://radioquebec.lolforum.net/t313-2-journalistes-congedies)

Toute personne qui conteste que la couverture médiatique mesquine et défavorable que doit subir le PQ n’est pas une guérilla journalistique menée par une certaine presse inclinée politiquement et tout à fait consciente – et certainement complice- ne fait que se mettre la tête dans le sable. Nous n’avons qu’à comparer le traitement médiatique d’une décennie de corruption libérale (et regarder à qui cela a profité) comparativement à celui qui a eu cours en quelques semaines de gouvernance péquiste. Le gouvernement de Pauline Marois est attaqué et par le fait même le sont aussi tous ceux qui n’accepteront jamais une manipulation des leviers médiatiques de la sorte, sans égards à leurs inclinaisons politiques.

~ par delorimier sur 13 décembre 2012.

2 Réponses to “#PQ : Un gouvernement attaqué, muselé. Une presse hostile.”

  1. Tout ce que j’avais à dire vous l’avez écrit. Bravo! Mais il faut envoyer ce texte à tous les journaux pour publier dans « Opinion du lecteur ». Faites-le, s.v.p.

  2. Ils ont sûrement mangé au « Banquet Maudit » du PLQ, la CEIC devrait enquêter les liens possibles, notre démocratie en souffre.

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