#Polcan Coupes dans la fonction publique : Mettre un terme aux préjugés

Suite à la publication de quelques articles sur les difficiles conditions de travail des fonctionnaires fédéraux dans la région de la capitale fédérale, une personne que je connais très bien, et qui y travaille depuis bien longtemps, m’a fait parvenir un texte, une longue lettre en quelque sorte, que j’ai traduite et que je publie ici avec l’accord de cette personne.

Comme bien des fonctionnaires québécois, cette personne, avec les années, a perdu bien de ses capacités rédactionnelles en français- à force de ne travailler, toujours, que dans la langue de la majorité- et m’a fait parvenir le texte en anglais accompagné de deux sources venant du journal Le Droit :

http://www.lapresse.ca/le-droit/politique/fonction-publique/201212/05/01-4600959-les-syndicats-doutent-la-validite-des-resultats.php

http://www.lapresse.ca/le-droit/politique/fonction-publique/201212/13/01-4603758-hausse-marquee-des-cas-de-sante-mentale.php

Voici son texte :

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Les histoires d’horreur sont courantes dans le cercle des fonctionnaires fédéraux en Outaouais. Le gouvernement fédéral est un employeur inestimable dans la région de la capitale fédérale et son apport est inestimable au tissu économique de la région. Ainsi, quand on fait trembler les colonnes de ce géant de l’emploi, c’est toute la vigueur économique de la région qui en tremble aussi.

Depuis l’élection du premier gouvernement Harper minoritaire, il y a toujours eu cette vague crainte dans la fonction publique fédérale d’un retour à la morosité d’un milieu de travail soumis à l’austérité budgétaire. La majorité des fonctionnaires admettront qu’il est nécessaire de dépoussiérer cette énorme structure de temps à autre, mais quand le gouvernement Harper a finalement acquis sa majorité parlementaire, les craintes sont devenue réalité et les plus jeunes fonctionnaires ont dû se faméliariser avec une nouvelle terminologie gouvernementale, celle des coupures massives.

La terminologie employée afin de faire cheminer l’information auprès des fonctionnaires qui allaient être inévitablement affectés par les coupures à venir ne mentionnait que rarement les mots « coupures », « pertes d’emplois » et autres termes connexes. En général, les documents internes traitent plutôt-selon les ministères- de « Révision stratégique », de « Plan d’action de réduction du déficit » et de rationalisation.

Dans certains cas, situation inique, les fonctionnaires chargés de développer, rédiger et réviser la documentation concernant la « Révision stratégique » et le « Plan d’action de réduction du déficit » étaient aussi les premiers qui en seraient affectés. Des gestionnaires qui annonçaient à leur subalternes que leur unité, ou direction, serait affectée, sans jamais ne savoir combien de postes, à quel niveau, ni si les possibilité de reclassement étaient possibles. L’information concernant les coupures émanant de la Révision stratégique était gardée secrète et ceux qui devaient y travailler avaient à signer des ententes de confidentialité très sévères.

Ainsi, l’information a circulé au compte-goutte, ce qui a occasionné des semaines, voire des mois de stress pour nombres de fonctionnaires qui jamais ne savaient à quoi s’en tenir. Une fois l’information enfin disponible, il est arrivé qu’on ait ajouté une couche de stress, par exemple, en exigeant que la rationalisation se fasse à l’intérieur d’un groupe de travail entre collègues de longue date qui devaient repostuler sur leurs anciens emplois en sachant que seulement quelques uns seraient retenus. Il y a bien eu des mesures de reclassement ou de d’échange de postes, mais dans trop de cas, ces mesures brutales ont eu pour effet de soumettre nombre de travailleurs à des conditions de stress indues.

Encore aujourd’hui, nombre de fonctionnaires continuent à spéculer sur d’éventuelles prochaines vagues de coupures. Ce gouvernement pratique un contrôle maladif de l’information et bien peu réussit à filtrer jusqu’aux principaux intéressés, ce qui ne calme personne mais laisse plutôt place aux spéculations, souvent négatives et génératrices d’encore plus d’angoisse.

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~ par delorimier sur 18 décembre 2012.

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