#Sommet2013 La réalité de l’endettement étudiant

On lit toutes sortes de choses par rapport au financement de nos institutions d’enseignement post-secondaire et il est grand temps que comme société, nous fassions le point sur ce que nous voulons qu’elles soient à la lumière des défis inhérents au 21e siècle. La Commission Parent, qui a jeté les bases de notre système d’éducation actuel, date de presque 50 ans et un nouveau grand chantier de réflexion en la matière est plus que nécessaire.

Je l’écrivais hier, le gouvernement minoritaire du Parti Québécois n’a pas, à mon avis, la légitimité d’une gouvernance assez solide pour entreprendre ce vaste chantier de réflexion. En ce sens, le Sommet de réflexion que présidera le ministre Pierre Duchesne sur l’enseignement post-secondaire peut cependant servir de point de départ à cette réflexion.

Comme je l’écrivais hier également, et pour les mêmes raisons, je crois que l’ASSÉ fait fausse route en insistant pour que la gratuité scolaire fasse absolument partie des discussions alors que tous savent très bien que c’est une avenue impossible pour le moment. Cependant, là où le combat de cette association plus militante rejoint l’ensemble des revendications du mouvement étudiant réside dans la discussion à faire sur l’endettement étudiant.

Diverses études ont été faites concernant l’endettement étudiant mais pour les fins de la discussion ici je me référerai sommairement à celles de Statistiques Canada (période se terminant en 2005 et le second quinquennat de 2010) et de l’Institut de la statistique du Québec (émanant du MELS, AFE, ISQ).

Ce que l’on constate à la lecture des études faites sur l’endettement étudiant au Québec et au Canada c’est que dans les deux cas, plus de la moitié de ceux qui fréquenteront une institution d’enseignement post-secondaire auront recours pendant leurs études à l’aide financière aux études. La moyenne canadienne en 2005 était de 57% des étudiants qui auraient à se prévaloir de l’AFÉ alors qu’au Québec, en 2006 on parle de 61%. Les chiffres les plus récents concernant la moyenne de l’endettement en dollars au Québec datent de 2009 et on oscille autour de 15 000$ d’endettement moyen. Il est intéressant de constater que pour la complétion d’un diplôme de second cycle universitaire, on parle d’un endettement moyen de plus de 24 000$.

La réalité c’est qu’à moins d’être médecin ou dentiste, la dette étudiante est un fardeau que traîneront longtemps beaucoup d’étudiants. Si l’accessibilité doit rimer avec endettement de la majorité des étudiants, nous nous dirigeons droit dans le mur. Trop d’étudiants ne parviendront même pas à rembourser leurs dettes et bien d’autres la traîneront trop longtemps.

Personnellement, fils de camionneur, l’AFÉ a été un déterminant fondamental à la poursuite d’études de deuxième cycle. Habitant l’Outaouais à l’époque (années 90), comme bien d’autres étudiants québécois de cette région, le choix variait entre l’exil ou l’Université d’Ottawa. J’ai choisi la seconde option. La faculté des Lettres était reconnue pour la qualité de ses enseignants et la diversité de leur provenance; j’ai profité de l’expertise de profs belges, français, québécois, franco-canadiens, argentins, maghrébins et antillais. Au second cycle, j’ai pu compter sur l’expertise de Robert Yergeau, sans qui jamais je n’aurais été diplômé.

À partir de la troisième année d’un Bac de 4 ans, j’ai eu la chance d’être boursier de l’Université d’Ottawa ce qui me permettait d’amortir une partie de mes frais de scolarité. Au second cycle, j’ai continué à être boursier. De plus, comme nombre d’autres étudiants du second cycle, j’ai pu aussi compter sur des assistanats d’enseignement et de recherche comme emploi étudiant relativement bien rémunéré. Ces facteurs ont fait en sorte que j’ai pu contrôler mon endettement étudiant. Malgré tout, à la fin de ma scolarité de maîtrise, je trainais une dette de plus de 20 000$. Divers scénarios de remboursement existent mais pour les fins de compréhension, notons que je rembourserai cette dette à coup de 240$ par mois au-delà de ma quarantaine. Je connais des collègues qui ont voulu rembourser plus vite leurs dettes d’études à raison de 500-600$ par mois mais admettons que le fardeau financier est non-négligeable pour le commun des ours qui travaillera à 50, 60 ou même 80 milles dollars par année armé d’un diplôme de second cycle en sciences humaines.

En définitive, j’espère que le combat pour l’accessibilité aux études se fera en fonction du contrôle des paramètres de l’endettement étudiant. Lier l’accessibilité à la possibilité de s’endetter est une erreur que dénoncent déjà l’ensemble des représentants des associations étudiantes. Nous savons aussi que la situation budgétaire du gouvernement actuel, tout comme sa situation politique, font en sorte que la gratuité scolaire n’est pas envisageable présentement.

La durée de vie du gouvernement actuel oscille entre 6 et 24 mois environ. Il importe donc que chacun des partis en place précise de façon claire et élaborée comment ils entendent répondre au sous-financement (ou au débalancement de celui-ci) des universités au Québec. Espérons que le prochain gouvernement aura les coudées franches pour entreprendre ce grand chantier de réflexion sur l’avenir de nos institutions d’enseignement post-secondaire. Espérons également que les Québécois considéreront cette question dans le choix qu’ils feront lors de la prochaine élection. Car des visions diamétralement opposées existent sur la question du financement post-secondaire entre les trois partis principaux au Québec. J’y reviendrai…

Pistes de recherche : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/100129/dq100129c-fra.htm et http://www.afe.gouv.qc.ca/fr/organisation/historique5.asp

~ par delorimier sur 6 février 2013.

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