#polqc Un Front Uni ou l’opposition perpétuelle pour les souverainistes? Réponse à Archambault et au #PQ

Les habitués de la conversation #polqc dans notre (très) petit environnement politique twitter auront remarqué que plus la session parlementaire avance, plus l’animosité semble s’installer entre les tenants de diverses tendance du mouvement souverainiste ou progressiste.

Les militants qui s’affichent pour le parti de Jean-Martin Aussant, Option Nationale (#OpNat), sont très présents sur twitter, une adéquation qui ne reflète pas leur importance réelle dans les intentions de vote ou dans les appuis connus et vérifiables dans la population du Québec. On doit admettre que ce jeune parti use des médias sociaux de façon plus qu’efficace. Certains militants de ce parti se démarquent par l’animosité et la virulence des attaques qu’ils professent à l’endroit du Parti Québécois. Ironiquement, on remarque facilement que ceux-ci attaquent plus souvent le PQ que le Parti Libéral ou la Coalition Avenir Québec.

Toujours à sa gauche, le PQ doit aussi essuyer les attaques constantes des militants –et des co porte-paroles- de Québec Solidaire. La nature des échanges diffère quelque peu dans le sens où ceux-ci portent souvent sur le véritable appui de QS à l’indépendance du Québec. D’ailleurs, le débat qui a cours à Ottawa sur le libellé de l’abjecte loi sur la Clarté de Stéphane Dion, que le NPD, allié naturel de QS au Québec, tente de récupérer en lui substituant sa déclaration de Sherbrooke qui reconnaît la majorité simple comme déterminant de tout référendum, ce débat donc a donné lieu à quelques échanges instructifs sur ce qui peut départager les militants de chacune des formations politiques québécoises dites « souverainistes ».

À ce sujet, notons que Mulcair, le chef du NPD, s’est battu aux côtés d’Alliance Québec et Bill Johnson afin de faire invalider des pans entiers de la loi 101. Le chef néodémocrate paie cher dans le ROC sa « trahison » à l’identité nationale canadienne en désavouant la Clarté de Dion, ironie qui aura été soulevée par quelques commentateurs du ROC qui ont souligné que le PM Conservateur de l’Angleterre David Cameron appuie la majorité simple dans le cas du référendum écossais. Si Westminster l’admet… Ce qui a été moins publicisé dans la presse francophone ici, ce sont les attaques constantes faites par les Conservateurs à l’endroit de quelques députés néodémocrates dont les liens avec QS sont connus, au premier chef Alex Boulerice, qui ne peut s’exprimer à la Chambre des Communes sans que les Conservateurs le raillent. Bref, Boulerice entretient l’ambigüité sur ses convictions personnelles quand à la fédération canadienne, ambiguïté qui s’arrime bien avec la déclaration du co-chef de QS Amir Khadir selon qui « l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance ». Le NPD est aussi attaqué au Québec pour la mollesse de sa défense des intérêts du Québec sur des dossiers qui font pourtant l’unanimité à l’Assemblée Nationale comme celui de Bas-Churchill.

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201212/07/01-4601774-les-parapluies-de-sherbrooke.php

Donc après ce long préambule qui nous permet d’apprécier un peu quelques points discordants entre les différentes mouvances du mouvement souverainiste au Québec, revenons à un article publié ce matin dans Le Soleil (7 février2013- http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201302/07/01-4619181-le-president-du-pq-ferme-la-porte-aux-alliances.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1 ) qui cite le président du PQ, Raymond Archambault, selon qui toute alliance est impossible entre le Parti Québécois et les autres formations souverainistes ou progressistes.

Voilà qui surprend beaucoup compte-tenu de la position dans laquelle se trouve le PQ depuis le 4 septembre. Non seulement le gouvernement est-il minoritaire, il est à la merci de deux formations de droite néo-libérales fédéralistes qui ont le gros bout du bâton quant à l’échéancier électoral. On conçoit bien que ces deux formations ont aussi des défis internes à considérer, mais force est d’admettre que rarement un gouvernement s’est-il trouver en position si fragile dès son institution.

L’analyse froide des chiffres montre bien que entre 10 et 20 comtés ont échappé au PQ en raison de la division du vote souverainiste. On parle ici le plus souvent de quelques centaines de votes ou une fraction de pourcentage.

(Voir Breguet : http://blogues.journaldemontreal.com/politique/too-close-to-call/division-du-vote/ ou http://www.tooclosetocall.ca/2012/09/5-septembre-2012-la-division-du-vote.html)

De plus, même les plus ardents péquistes seront forcés d’admettre que la gouvernance Marois est loin de susciter un enthousiasme débordant tant dans la population en générale que chez les militants des autres formations souverainistes qui pourraient laisser entrevoir un exode vers le parti Québécois. Soyons franc, le gouvernement Marois a souvent été attaqué –parfois injustement ou fallacieusement- par une presse qui lui était hostile, et même quand elle a voulu installer un momentum vers une gouvernance plus progressiste en début de mandat, QS et Option Nationale ont répondu par un silence révélateur; chacun préférant s’occuper de consolider son électorat plutôt que de concéder quoi que ce soit au PQ.

La session du printemps s’annonce cruciale pour les souverainistes car elle révélera assez rapidement les intentions des formations politiques fédéralistes : le PLQ se choisira un chef et tentera d’en profiter pour se refaire une fausse-nouvelle-vertu; la CAQ essaiera de consolider ses appuis dans les milieux anglophones, un électorat au sein duquel il doit gruger des appuis au PLQ, tout en multipliant les activités de financement afin de se refaire une santé financière. Chacune jaugera également ses appuis dans les milieux corporatifs fédéralistes québécois. Si le PQ bouscule ces milieux par des projets de loi avec lesquels ils sont résolument en désaccord, il y aura des élections beaucoup plus vite que l’on pense au Québec…

En définitive, il est évident que quand il est question de division du vote au Québec, les fédéralistes ont beaucoup moins tendance à trouver des raisons de se diviser et cela doit faire partie de la réflexion des forces souverainistes.

Le PQ est le parti qui compte le plus de membre au Québec, on oscille tout près de 100 000 membres. C’est une bonne base mais cela ne lui confère pas la paternité du mouvement souverainiste, loin de là. Plus de 90% des gens qui ont appuyé le PQ en 2012 ne sont pas membre du parti. La force de cette formation politique réside en sa capacité de fédérer, de rassembler différentes mouvances de « nationalistes »; notamment les modérés. Cependant, ce serait une grave erreur de voir QS et Option Nationale comme des minorités d’électeurs desquels on peut se passer. Dans le cas du parti de Jean-Martin Aussant, on sent bien qu’il y a là un air d’aller, un enthousiasme, qui devrait faire l’envie des péquistes.

La solution n’est pas simple, mais elle est évidente, et elle doit passer, à mon avis, par le PQ en premier. Bien sûr il faudra que des « alliances » se fassent pour que les souverainistes accèdent à la majorité parlementaire. Pour que de telles alliances soient possibles, il faudrait que le PQ prenne le gouvernail et lance les discussions; de façon franche et honnête, non pas pour avaler les autres formations politiques, mais bien pour comprendre comment on pourra en arriver à des ententes qui satisferont l’ensemble des formations politiques. Le PQ ne pourra tout concéder. Mais s’il s’entête à ne vouloir se fier qu’à lui-même pour fédérer le plus de souverainistes autour de lui, il le fera au prix de sa crédibilité chez bien des souverainistes, comme moi, qui font partie de ce « plus de 90% » qui l’ont appuyé en 2012 et qui reconsidéreront peut-être leur choix dans un contexte de division- et d’opposition parlementaire- certaine.

~ par delorimier sur 7 février 2013.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :