#SPVM Un cadre législatif qui tend vers l’arbitraire, induit par l’opportunisme d’un PM en mal de réélection.

Quelques mots sur le SPVM aujourd’hui, notamment sur le travail que les policiers ont à faire dans un contexte qui n’est pas toujours facile. Loin de moi l’idée de défendre le SPVM et de justifier toutes leurs actions, mais on doit prendre en compte le contexte…

a) Nous sommes encore dans un contexte post grève générale illimitée (#GGI) et il est naïf de penser que les décisions inconsidérées des libéraux l’hiver dernier ne contribuent pas au climat d’intervention du SPVM en ce moment. Pire, la Loi 178 et le P-6 de la ville de Montréal sont la conséquence de ces décisions.

b) Un des effets pervers de l’entreprise de destruction sociale orchestrée par Charest et les libéraux l’an dernier c’est la création d’antagonismes qui perdurent encore aujourd’hui. Par pur électoralisme, Jean Charest a tenté de fomenté une crise sociale dans le but d’y assoir sa réélection. Ça en soi mériterait de le traduire en justice. Ainsi, le PM d’alors, abattu dans les sondages, honni de la population, tente de s’accrocher en antagonisant la jeunesse québécoise. Étape 1; une hausse de 82% des frais de scolarité; étape 2, dépeindre les étudiants comme des bébés gâtés (doit-on rappeler que la génération de Charest a profiter plus que toute autre de la gratuité scolaire!) à coup de statistiques, souvent citées hors-contexte, pour montrer à quel point les frais de scolarité sont bas au Québec (ce qui est en soi discutable); étape 3, devant la grogne provoquée (et attendue) se poser en protecteur de l’ordre social, en bumper de famille (souvenons-nous de ces ridicules annonces du PLQ pendant la dernière campagne électorale, Charest, les cheveux blanchis et accessoirement vieilli pour l’occasion!). Bref, quand on joue avec le feu en fomentant une crise sociale de toutes pièces, il est difficile de prévoir ce qui en ressortira. Pour Charest, ce fut un bon coup de pied au derrière dans son comté et la fin de son règne.

c) Manifestement, le PLQ de Charest n’avait absolument pas vu plus loin que son nez quand il a déclenché les hostilités avec les étudiants. Il avait sous-estimé la capacité de mobilisation des Québécois contre lui (pourtant, son impopularité était manifeste) et c’est en grande partie les différents corps de police de la province qui s’en sont pris plein la gueule, et comme c’est de coutume, si la police s’en prend plein la gueule, elle riposte. Beaucoup de policiers en ont voulu au gouvernement Charest de les avoir placés dans un cul-de-sac le printemps dernier. Les choses ont dégénéré et des abus ont été commis en grand nombre; du côté des manifestants (en quasi-totalité des extrémistes, rarement des étudiants) , et du côté des policiers et des forces de l’ordre (oui il y a eu des agitateurs chez les policiers). Un beau merdier, tout ça par électoralisme… La population s’est mobilisée, chaque soir, soir après soir, après soir… Des centaines, des milliers de personnes dans la rue, les 22 de chaque mois des centaines de milliers de personnes dans la rue, une entreprise de contrôle de foule titanesque pour les policiers. Ces derniers, à force d’être dans la rue chaque soir, ont aussi développé un esprit de corps, une solidarité. Et n’allez pas croire que ce sont tous des Matricule 728!

d) Sentant le tapis lui glisser sous les pieds devant le chaos qu’il avait lui-même volontairement provoqué, Charest a imposé à son cabinet la Loi 78 afin de tenter de mettre un couvercle sur la marmite. La communauté juridique s’est alors jointe au mouvement de protestation devant l’incurie manifeste de cette loi. Du côté des policiers, ils se voyaient dotés d’une nouvelle « arme » qui leur permettait – arbitrairement- de mettre fin à toute manif selon leur bon (ou mauvais) jugement. Dans les faits, cela allait mettre le feu aux poudres et radicaliser une frange des manifestants encore plus. Tannés de chasser du « plateauïen du nowhere » jusqu’à tard dans la nuit chaque soir, les policiers ont déclaré les manifs illégales de façon inopinée, d’autres fois en usant d’agitateurs, tout pour tenter de rétablir l’ordre. Mais ce chaos était télécommandé directement des bureaux du PLQ, par Charest…

e) Le PQ a bien abrogé la loi 12 (l’ancêtre de la loi 78), mais un règlement municipal comme le P-6 existe toujours et avec lui une grande part d’arbitraire. Ces écarts législatifs existent toujours à cause des événements tragiques du printemps dernier. Certains étudiants plus militants ont bien voulu d’un 2e printemps érable, mais sans pyromane à l’Assemblée Nationale, cela n’a pas été possible. Les contestataires modérés de l’an dernier ont accepté, pas toujours de gaité de cœur il est vrai, le compromis péquiste. Mais tant que perdurera l’environnement législatif induit par les dérives de l’an dernier, les policiers se croiront justifiés de recourir à l’arbitraire, comme l’arrestation de Jennifer Pawluck en lien avec un graffiti qu’elle a photographié et partagé sur les réseaux sociaux. Et c’est à cela que devrait s’attaquer le gouvernement péquiste dès maintenant. Ça, et sa promesse de créer un groupe d’enquête indépendant sur les dérives du travail policier; quitte à provoquer des élections sur le sujet.

Sur l’arrestation de Jennifer Pawluck : http://urbania.ca/blog/3882/la-liberte-en-prend-plein-la-gueule

~ par delorimier sur 4 avril 2013.

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