#polqc Sur les nominations partisanes ou la perversion libérale de l’état… et quelques mots sur le « Nous » d’André Pratte

Ça me fait bien rire quand on entend les chroniqueux de la radio-télé populaire qui s’émeuvent du fait que le PQ procède à des nominations partisanes. Les Jean Lapierre, Mario Dumont et compagnie savent pourtant très bien que ces nominations sont absolument essentielles. En fait, sans elles, l’état québécois risquerait d’entrer dans un mode de paralysie contre-productif.

Pendant les dix années du règne de Jean Charest –et c’est là un des aspects les plus intéressants de la Commission Bastarache- l’appareil judiciaire la fonction publique ont été politisés comme jamais auparavant. On se souvient bien de l’image des post-it, si bien que le parti libéral dévouait une personne à temps plein uniquement pour départager l’appartenance politique de chaque position à pourvoir.

Dans de telles conditions, l’appareil étatique québécois a été perverti afin de servir non plus l’intérêt de l’ensemble des Québécois mais bien celui du parti libéral. Les exemples sont si nombreux que cela donne le vertige, la nausée. On n’a qu’à penser au mari de Line Beauchamp pour qui le poste chez Loto-Québec se perd entre le fonctionnariat et la collecte de fonds pour le PLQ; ou le président du BAPE sous Charest qui jouait plutôt le rôle de lobbyiste pour les gazières que sa fonction comme analyste des enjeux environnementaux et de développement durable.

Il faut donc imaginer qu’à tous les niveaux de la fonction publique au Québec, suite à l’astronomique entreprise de politisation imposée par les Libéraux, l’arrivée d’un gouvernement péquiste, fut-il minoritaire (donc encore plus vulnérable et réticente aux changements inévitables d’une nouvelle gouvernance), rencontrera des résistances chaque fois qu’une nouvelle directive sera implantée. D’ailleurs, on le voit aisément par la facilité déconcertante de certains journalistes à obtenir de l’information privilégiée concernant la gouvernance quotidienne de l’état. Le cas du BAPE est encore intéressant ici. La simple visite du ministre Breton, pourtant nécessaire, a été dénoncée à l’interne de façon démesurée. Tous se sont perdus en conjectures tant les versions différaient.

Chaque nouveau régime procède à un réalignement des postes stratégiques de l’état afin d’assurer une symbiose entre les orientations de la nouvelle gouvernance et l’appareil étatique. Ce qui aurait surpris c’est que le PQ accepte l’inertie d’un état qui a été perverti par le régime précédent comme jamais cela ne s’était fait auparavant.

(Au moment d’écrire ces lignes, voilà qu’on apprend que Pauline Marois a nommé Pierre-Karl Péladeau président du C.A. d’Hydro-Québec… Voilà qui en fera réfléchir plus d’un sur la question des nominations…)

Sur la question…

http://t.co/l3Q38sPHOy

http://t.co/EYNnz1i4rG

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Le « Nous » d’André Pratte

http://t.co/eI7tXoWGhI

« À la suite de la publication de La Bataille de Londres, le gouvernement Marois réclame la tenue d’une enquête sur le rôle du juge en chef Bora Laskin lors du débat sur le rapatriement de la Constitution, en 1981. Plusieurs autres personnes appuient cette idée. Selon nous, il n’y a pas lieu de tenir un tel examen. »

On comprend bien que André Pratte est l’éditorialiste en chef de La Presse – bien que JE suis l’un de ceux qui en a son truck en Ta… de lire plutôt sous sa plume l’animateur de L’Idée Fédérale- mais je me demande bien ce qu’implique le « Nous » d’André Pratte quand il commente les affaires constitutionnelles canadiennes.

La tradition des comités éditoriaux (editorial board) de journaux anglophones est de signer des textes sans nom d’auteur (byline). On comprend alors qu’il s’agit d’une opinion qui implique le média en question.

Ceci dit, nul n’a besoin de lire un édito de Pratte sur les questions constitutionnelles, ça penche toujours du même bord comme disait l’autre (Duplessis!). Mais il est périlleux de penser que ses opinions reflètent celles de l’ensemble du comité de rédaction éditorial de La Presse qui, du reste, est fort diversifié. Le « nous » de Pratte doit-il être interprété comme « Messieurs Desmarais et moi pensons que… » ou « le comité des intérêts de Sagard »?

Bref, une chance que nous avons Le Devoir pour ouvrir ses pages à la multiplicité des points de vue sur la question constitutionnelle…

D’ailleurs, encore ce matin, la poursuite du dialogue…

http://www.ledevoir.com/politique/canada/375852/defendre-l-indefendable

~ par delorimier sur 17 avril 2013.

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