La vacuité de l’argumentaire des « multiculturalistes » dans le dossier du turban au soccer #FQS #polqc

Il fallait entendre la vacuité de la réponse du chroniqueur Jean Lapierre chez Arcand ce matin (http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=179585) lorsque questionné sur la possibilité d’un jeune joueur de soccer de retirer son couvre-chef, une petite heure, le temps d’un match de soccer… « Le règlement de la FIFA est pourtant clair » souligne l’animateur…

« C’t un règlement de fou! » s’insurge Lapierre. À n’en point douter, les apôtres du multuculturalisme canadien sont à court d’arguments dans ce débat. Ils font les gorges chaudes pour crier à l’intolérance de la Fédération Québécoise du Soccer, mais ils sont plus discret sur la contrepartie, c’est-à-dire l’orthodoxie et intransigeantes quant à l’aspect social de l’identité religieuse de ceux qui cherchent ces accommodements (http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/380394/soccer-ou-se-situe-l-intransigeance) .

En ce sens, l’article de Pierre Foglia du 6 juin dernier (http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201306/06/01-4658282-lintegration.php) était assez percutant et questionnait de façon judicieuse cette intransigeance ; passages :

« …ce n’est pas vrai, personne, même pas la fédération de soccer, peuplée de sombres brutes, personne ne dit aux enfants sikhs qu’ils ne peuvent pas jouer avec les autres. Ils ne peuvent pas jouer au soccer avec un turban dans un match sanctionné par la fédé, c’est très différent.

Peuvent-ils jouer au water-polo avec un turban? Peuvent-ils plonger (en compétition) avec un turban? Peuvent-ils pratiquer la boxe, la lutte olympique avec un turban? J’ai peut-être couvert 10 Jeux olympiques, je n’ai jamais vu de turban à la boxe, à la lutte olympique, au water-polo, ni d’ailleurs au soccer. Je me demandais: cette soudaine envie de jouer au soccer en turban ne viendrait-elle aux sikhs seulement lorsqu’ils arrivent au Canada? »

Voilà le nœud du problème. Il ne s’agit pas d’une controverse sportive, c’est plutôt le combat politique de ceux qui se battent avec acharnement pour que le Québec se soumette aux mêmes préceptes du multiculturalisme qui ont cours ailleurs dans le Canada. Ce sont les mêmes qui se battent contre tout aspect contraignant d’une loi linguistique au Québec, et les mêmes qui jettent par la fenêtre des consensus à l’Assemblée Nationale sur des questions comme l’élection à date fixe en fonction de faux accommodements que les communautés qu’ils prétendent défendre ne demandent même pas! Comme le disait la politicologue et chroniqueure Josée Legault sur twitter « Élections à date fixe: après avoir encore crié au loup de l’intolérance, le PLQ est seul »… De faux problèmes pour attaquer la spécificité québécoise et son aspiration à une société laïque.

Il y a bien des chroniqueurs qui contestent cette laïcité « de façade » comme l’écrit Patrick Lagacé dans le… Globe and Mail (http://www.theglobeandmail.com/commentary/a-strange-view-of-secularism/article12463223/#dashboard/follows/), en soulignant que cette velléité de laïcité est une manifestation de la « distorsion » de la position de la majorité sur cette question.

« When it comes to “our” religion, we are suddenly much more lenient. In the National Assembly, behind the Speaker’s throne, you find a crucifix. If you think it sends a bad message about separation of church and state, too bad – politicians of all stripes will tell you that it’s not a religious object; it’s a symbol of our cultural heritage! »

Qu’y a-t-il de mal à ce qu’une nation, une société d’accueil s’accorde le droit d’une certaine présence « ostentatoire » d’un symbole religieux, certes, mais qui est aussi un héritage culturel! Car ce n’est pas demain la veille que l’on fera disparaître tous les lieux de culte qui trônent au centre des centaines de tous les villages de Saint-Clin Clin… Car à ce que je sache, le Québec est la terre sur laquelle repose la nation du même nom, tel que reconnu par Stephen Harper lui-même…

Ce faux-débat sur le port du turban au soccer permet aussi de dévoiler au grand jour, encore une fois, le fossé abyssal qui sépare les « deux solitudes » au Canada. La Fédération Québécoise de Soccer (FQS) n’a pas à se plier à la vision orthodoxe de l’Association canadienne de soccer sur la question du turban. Nous n’avons que faire de leurs menaces et de leurs sanctions. Le règlement 4 de la FIFA est clair et tant que la fédération internationale n’aura pas tranché sur la question, pourquoi la FQS le ferait-elle à sa place?

Comme l’écrit Foglia : « Le sport est un assez formidable espace d’intégration. En premier lieu d’intégration à des règles communes. Et parlant d’intégration, j’aimerais rappeler qu’en français, le verbe intégrer se conjugue aussi à la forme pronominale, comme dans l’exemple donné par le Petit Robert: s’intégrer à la société.
Considérant qu’un match de soccer dure deux mi-temps de 45 minutes (un peu plus avec les arrêts de jeu), est-ce demander un grand effort d’intégration que de suspendre deux fois 45 minutes l’obligation de porter un turban pour permettre à ces enfants de jouer un match de soccer et peut-être compter, de la tête, le but gagnant? »

~ par delorimier sur 11 juin 2013.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :