La décision de la FIFA sur #turban, loin de régler la question #polqc

Le moins que l’on puisse dire c’est que la dernière mouture de la controverse concernant le port du turban-patka sur le terrain de soccer aura fait couler beaucoup d’encre. Quitte à décevoir ceux qui aiment voir là dedans un conflit simpliste avec des bons (le pauvre jeune adulte Sikh-car oui, Amel Samra qu’on voit titillant le ballon dans sa cour sur toutes les images publiées dans les journaux n’est PAS un jeune de 5-6-7 ans discriminé par des méchants séparatisses qui mangent des enfants) et des méchants; la récente décision rendue par la FIFA dans ce dossier ne fait que pelleter le problème par en avant et n’arrange rien dans le fond.

Pire encore s’il en fallait encore des preuves déprimantes, ce débat a montré à quel point certains au Québec et dans le Canada anglais n’attendent que la moindre occasion afin de déverser tout leur fiel sur les francophones ici.

A) L’angle sportif

Du point de vue strictement sportif, la FIFA (dont on trouve la décision ici : http://t.co/ESCW592hAv) n’a fait que pousser plus loin le problème en rendant une décision TEMPORAIRE, qui ne s’applique QU’AU CANADA. Donc on calme le jeu et on recommence tout ce débat en octobre 2013 alors que le comité de règlementation de la FIFA promet de se pencher sur le port du turban-patka de façon définitive.

Une partie du problème réside en ce fait que les revendications de ce type émanent le plus souvent de la diaspora Sikh, de certains de ses éléments plus « militants », alors que les clubs Sikh du Penjab qui participent à des compétitions de soccer FIFA se décoiffent sans problème.

D’ailleurs, l’apparente unanimité au Canada qui semblait régner dans la communauté Sikh a rapidement cédé place à des voix discordantes. Des leaders de la communauté Sikh n’ont pas hésité à condamner ceux qui cherchent, par ce genre de revendications, à investir l’espace public en fonction de préceptes religieux radicaux.

On trouve quelques exemples de ces voix discordantes ici : https://t.co/FBNVT1ihvV et de rares entrefilets, comme celui du Devoir : http://t.co/e0XlzBTaLM.

B) L’angle communicationnel

Quelques mots concernant l’angle des communications dans ce dossier. À la base, on doit admettre que la Fédération Québécoise de soccer a failli dans ses tentatives d’expliquer la problématique à la population. Il n’est jamais facile de se présenter au micro d’un Arcand (http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=178719 ) par exemple et d’en arriver à traiter d’une controverse avec toutes les nuances que celle-ci nécessite.

Ceux qui ont voulu s’attaquer à la décision de la FQS n’ont retenu d’une entrevue comme celle-là QUE l’argument de la sécurité, alors que celui-ci faisait partie d’un ensemble de facteurs justifiant la décision de la fédération. Erreur capitale que de n’avoir pu repositionner le message afin de corriger cette fausse interprétation.

Quand on considère la réponse de la FIFA à toute cette affaire, on est en mesure maintenant d’affirmer que les inquiétudes soulevées par la FQS étaient légitimes puisque la FIFA rend un jugement temporaire et très limité dans sa portée (au Canada seulement).

C) Le « Québec bashing » en prime…

Les observateurs des médias se sont rapidement aperçus que cette histoire porterait flanc, encore (!), au second sport national de certains chroniqueurs du ROC, le dénigrement systématique du Québec. Encore une fois, les accusations de racisme, de prosélytisme, d’intolérance, etc.

Chaque fois qu’un tel texte est publié dans le Globe and Mail, dans le National Post, et autres journaux du ROC, la section des commentaires de ces sites internet devient un déversoir de fiel, de mépris. On trouve un exemple probant de cela ici (http://www.theglobeandmail.com/commentary/with-turban-ruling-quebec-has-reached-its-historic-peak-of-intolerance/article12468616/ ), dans l’article et dans la section des commentaires. Ou encore ici : (http://fullcomment.nationalpost.com/2013/06/12/andrew-coyne-pettiness-hypocrisy-and-vacillation-of-quebec-soccer-ban-a-microcosm-of-canadian-federalism/) On notera dans cet article d’Andrew Coyne la mésinterprétation de l’argument sécuritaire justement.

Bref, quand on se penchera sur cet épisode dans quelques années, on en retiendra, encore, que c’est un exemple éclairant des différences fondamentales qui existent entre l’application radicale des préceptes du multiculturalisme au Canada et de tous les accommodements qui en découlent, un principe que la vaste majorité des Québécois de toutes allégeances politique refusent, sachant fort bien les impacts que ce « canadian multiculturalism » pourrait avoir sur la pérennité de la nation québécoise.

~ par delorimier sur 15 juin 2013.

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