Que pouvait bien faire Daniel Paillé? À Mourani de s’expliquer. #Charte #PolQc

mouraniQuelques mots sur le cas de Maria Mourani

D’entrée de jeu, j’ai toujours eu un faible pour la député Mourani, que je respecte énormément. Son expertise sur les questions de la criminalité, des gangs de rue ou de la prostitution est indéniable et il s’agit d’un plus pour tout le mouvement souverainiste que de compter sur des gens de grande compétence comme elle.

Quand j’ai appris que le Bloc Québécois avait expulsé Maria Mourani de son caucus ce matin, j’ai été plus que surpris, stupéfié en fait. Quoi? Déjà qu’ils n’étaient pas très nombreux! J’étais de ceux qui avaient applaudi à la dissidence au sein des souverainistes dans le dossier de la proposition de Charte de la laïcité (ne l’oublions jamais, le tout est à l’état de proposition). Voilà qui est sain dans toute démocratie que des points de vue se confrontent, s’opposent, surtout si, en bout de piste, cette confrontation d’idée ajoute au texte final qu’on voudra faire loi.

Maria Mourani y est allé de critiques très fortes du projet de charte, s’y opposant même de façon quasi irrévocable. Ses assertions que ce projet se fondait sur une conception de « nationalisme ethnique » étaient très discutables (Louise Beaudoin a bien fait remarquer que la laïcité est l’antithèse du nationalisme ethnique). Un gros problème cependant, Maria Mourani est député, elle fait partie d’une équipe, qui plus est, de par sa fonction de député, elle peut faire valoir sa dissidence par les canaux de discussion prévu par le gouvernement du Québec quant à l’élaboration du texte de loi qui sera retenu dans l’élaboration d’une future Charte de la laïcité ou des valeurs québécoises.

Ce n’est pas ce qu’elle a fait. Sans égards à la position de son parti, elle a désavoué son chef dès hier soir. Pas juste un peu. Qu’à cela ne tienne; Daniel Paillé et son équipe ont rencontré Maria Mourani hier soir, le 11 septembre, et encore ce matin, le 12 septembre. Le tout semblait réglé ce matin. Madame Mourani ayant accepté de se rallier à la position du Bloc tout en faisant part de ses réserves par les moyens de discussion prévus. Dossier clos?

Non. Dès sa première entrevue ce matin, suite et en dépit de son accord avec les gens du Bloc, loin de se rétracter, Maria Mourani en remet.

Maria Mourani fait partie d’une équipe, à qui elle avait donné sa parole ce matin. Quelles étaient les options de Daniel Paillé? N’allez pas croire que le tout s’est fait de gaieté de cœur. Mais d’autres choix il n’y avait pas.

En ce sens, Madame Mourani doit porter la responsabilité des effets dévastateurs de sa décision et de ses actions. Pourquoi avoir promis de sa rallier si cela lui était inconcevable?

Voilà un beau gâchis. Une situation dont les adversaires de la proposition de Charte de la laïcité se serviront jusqu’à plus soif pour attaquer le gouvernement péquiste. Ils y verront une belle occasion d’infléchir une opinion qu’ils n’avaient pas réussi à mobiliser à leur cause en dépit de nombre d’articles, d’éditos et de chroniques toutes plus acerbes les unes que les autres contre le projet de laïcité.

Je le répète, ce qui se joue en filigrane ici c’est l’adhésion, ou non du Québec au modèle d’intégration multiculturaliste canadien (celui que l’Angleterre, l’Allemagne, la Hollande, etc. ont tous désavoué) au profit d’une laïcité plus républicaine. À terme, l’abandon du Québec du modèle d’intégration multiculturaliste serait un pas de géant dans la réalisation de la souveraineté.

Ça, les fédéralistes comme Pratte, ce matin dans La Presse, ne l’accepteront pas.

~ par delorimier sur 12 septembre 2013.

Une Réponse to “Que pouvait bien faire Daniel Paillé? À Mourani de s’expliquer. #Charte #PolQc”

  1. Votre billet est ridicule. Vous basez votre opinion sur le fait que la laïcité est le contraire du nationalisme ethnique, ce qui est vrai. Sauf que cette charte n’a rien de laïc justement. Elle en porte le nom, elle se veut laïque dans le discours du gouvernement, mais dans les faits, c’est tout le contraire.

    L’Etat prend position pour et contre des religions via cette charte, il n’est pas neutre du tout. Alors, oui, cette charte ne fait que donner une définition ethnique du nationalisme québécois. Un recul de plusieurs décennies pour le mouvement souverainiste. Mme Mourani a bien raison de s’y opposer.

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