«Un pays qu’il faut faire», René Lévesque, 18 septembre 1967

ti-poil

Il y a 46 ans aujourd’hui, René Lévesque présentait «Un pays qu’il faut faire», manifeste qui sera la genèse de son action politique future.

Il y a 46 ans aujourd’hui, un député libéral provincial à qui on promettait une carrière prestigieuse mettait tout de côté pour tenter de convaincre ses confrères députés de ce formidable cabinet de Jean Lesage que le Québec avait tout d’une nation qui pouvait exister, qui pouvait joindre le concert des nations, il tentait l’impossible, alors que ce Québec balbutiait aux portes de la modernité, bien qu’encore engourdi par le règne Duplessis.

Il y a 46 ans aujourd’hui, René Lévesque jetait les bases de ce formidable projet auquel, encore, des centaines de milliers (des millions?) de Québécois croient. Aujourd’hui le Québec a les deux pieds dans la modernité. Les plus jeunes ont parfois peu de connaissances de qui est René Lévesque, ou Duplessis, encore moins Jean Lesage. Cette notion autrefois homogène a parfois de la difficulté à s’affirmer quand elle est confrontée à l’autre, aux autres. Comme un problème inné avec l’altérité. De la Conquête jusqu’à la modernité, cette nation a survécu, cachée dans les jupes rances des élites du clergé. Cette nation à qui l’on a inculqué tous les dangers de penser par elle-même, cette nation qu’on a nourri aux bons dogmes des curés.

Aujourd’hui cette nation est à la croisée des chemins. Elle s’est diversifiée et la pluralité lui va désormais très bien. Mais elle est erratique, elle titube et elle est incertaine, elle ne sait trop comment affirmer son destin. Cette nation à qui l’on a dit qu’elle n’était qu’une incurie de l’histoire, cette nation à qui l’on a toujours prédit un sombre destin, cette nation qui doit sa survivance aux dos courbés, meurtris de ses anciens n’a pas l’habitude des grandes affirmations. Et encore aujourd’hui à l’heure des grandes décisions, les mêmes voix qu’avant lui hurlent des bêtises, on lui crie qu’elle n’a rien de ce qu’il faut pour avoir droit de cité, pour avoir droit d’exister.

Mais le temps des courbatures est maintenant révolu.

Il est temps de nous battre, c’est l’heure de l’affirmation, fiers et droits pour manifester qui nous sommes; une nation qui a les deux pieds bien ancrés dans son histoire, fière des femmes et des hommes qui ont tenu le fort; une nation francophone ancrée en Amérique, accueillante et pluraliste. Une nation qui ouvre grande les portes de sa maison , sans égards aux couleurs, ethnies ou religions pour autant qu’on respecte le chemin parcouru par ceux et celles ici qui avant y ont vécu. Nos aïeux se souviennent parfois dans la douleur des dérives des églises, de ce lourd asservissement, on leur doit cet espace libre d’avilissement; sans soutanes, sans bonnets, un espace complètement laïc, un espace commun où tous sont conviés, sans égards aux différences, en toute égalité.

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/20046.html

~ par delorimier sur 18 septembre 2013.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :