Quand la Fédération des femmes du Québec nuit à sa cause…

gagnon

(À une époque, Lysiane Gagnon aurait fustigé Alexa Conradi…)

Ainsi donc le plus grand regroupement (les États généraux) de féministes à se tenir au Québec depuis 20 ans n’aura pas parlé de laïcité. Ou si, selon les dires de Michèle Sirois, présidente de Pour les droits des femmes du Québec (PDF):

…lorsque les participantes ont effleuré le thème de la laïcité.

« J’étais dans un atelier qui me parlait de féminisme, nationalisme et colonialisme. Il y avait quelques petits éléments pour dénigrer la charte, pour l’associer à la xénophobie. Je pense que c’est une erreur. »

À n’en point douter, la scission qui s’est faite au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) aura laissé des traces. Pourquoi donc les organisateurs de ces États généraux sur le féminisme auraient-ils refusé qu’il y ait discussion sur la laïcité au sein des comités pléniers tout en prenant position implicitement lors de certaines présentations ?

Il faut regarder qui est derrière l’organisation de ces États Généraux, du moins le groupe le plus influent, justement la Fédération des femmes du Québec dirigé par Alexa Conradi. Ce groupe n’avait pas attendu que l’encre soit sèche lors de la présentation des grands axes de réflexion (pas un projet de loi, mais bien des pistes de réflexion) de Bernard Drainville le 10 septembre dernier pour lancer un communiqué de presse appuyant du bout dès lèvres la laïcité mais condamnant toute entrave à la liberté individuelle des femmes, ce faisant en se collant à la position des défenseurs du multiculturalisme comme le parti libéral. Alexa Conradi a confirmé la position de la FFQ le 25 septembre, en droite ligne avec celle de Julie-Miville-Deschenes et de la député libérale Christine St-Pierre. Comme quoi placer ses amies quand on est pouvoir, ça rapporte longtemps.

Il n’en fallu pas plus, quelques jours plus tard, il y avait scission au sein du mouvement féministe au Québec, on le comprendra :

«Un nouveau groupe, Pour les droits des femmes (PDF), verra sous peu le jour afin de dénoncer le féminisme individuel que prône la Fédération des femmes du Québec et qui l’a amenée à défendre le voile islamique. Au contraire, PDF ira jusqu’à militer pour l’interdiction du voile intégral partout, même sur la rue. »

Détail important, le groupe de Conradi faisait partie du comité organisateur de ces États généraux sur le féminisme et manifestement, en consultant le cahier des propositions qui encadraient les discussions, tout a été mis en œuvre afin qu’on ne discute pas de laïcité sinon que par le filtre du discrédit imposé par la FFQ. C’est bien dommage. On félicitera le groupe PDF de s’être chargé de rappeler à l’ensemble des Québécois que la FFQ ne fait pas l’unanimité et que c’est une honte que l’on ait occulté toutes discussions de laïcité à ce forum si important au moment même où cette discussion aurait dû occuper une place prépondérante. Mais il y a encore au sein du mouvement féministe des tenantes des méthodes de l’omerta libéral. On s’en désole. Car en imposant le silence sur cet enjeu de société primordial, à premier titre pour les femmes, la FFQ nuit à la cause de celles qu’elle prétend défendre.

~ par delorimier sur 17 novembre 2013.

2 Réponses to “Quand la Fédération des femmes du Québec nuit à sa cause…”

  1. Pas étonnant du tout, ce que vous dites dans cet article. Lire ceci: http://sisyphe.org/spip.php?article4524

  2. A reblogué ceci sur Impératif Français Centre-ville Montréal..

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