Ali et moi…

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(lemondedesreligions.fr)

J’imagine que le débat sur la laïcité a divisé bien des amis, peut-être même des familles. Pourtant, une société dynamique, vivante, doit se permettre des débats sociétaux sur la direction qu’elle entend prendre. Je suis de ceux qui trouvent que le Québec est trop consensuel, trop frileux quand vient le temps de débattre. En ça, je salue l’initiative du gouvernement du Québec d’avoir permis qu’on débatte de la laïcité.

À quelques occasions, il m’est arrivé pour la première fois depuis que j’ai une identité sur Facebook de devoir censurer, supprimer des commentaires qui jouxtaient une publication sur mon mur. Il y a parmi mes amis des gens de tous les horizons; du militaire à la retraite très à droite jusqu’au plus ardent Solidaire gogochiste. Point besoin de dire que ce débat sur la charte de la laïcité à conduit à quelques dérives. Quand c’est rendu que des amis interposés se balancent des pelles longues comme le bras sur mon mur, faut y mettre fin!

Puis un matin, un message privé d’un membre de ma famille, une personne que je chéris particulièrement, ma cousine Suzanne. Un message posé, puissant, un rappel que la diversité religieuse est imprégnée à jamais dans notre histoire familiale. Elle me rappelle à la mémoire l’histoire de son père, Ali.

Je n’ai pas connu Ali très longtemps. Ironiquement, c’est là un testament inaliénable de la grande tolérance de ce musulman modéré d’origine égyptienne. Car cet homme n’a jamais contraint ma tante de respecter une union qui devait se terminer. Je ne connais beaucoup cet homme qui est parti tôt et alors que j’étais jeune, mais quand je pense à Ali, ce qui me revient à l’esprit c’est cette décision que ma tante et lui avaient prises de ne pas imposer une identité religieuse à ma cousine. Quel merveilleux legs à lui faire que d’attendre qu’elle ait la maturité nécessaire de faire un choix en fonction de ses propres aspirations personnelles… Ce qu’elle fit à l’âge de 16 ans.

Dans ce débat où l’on a tendance à diaboliser, radicaliser autrui sans se souvenir que de part et d’autres, que l’on soit athée ou religieux, que l’on soit catholique, musulman où je ne sais quoi, jamais on ne doit oublier que la majorité des gens de qui l’on parle sont modérés et tolérants. Par son message, ma cousine me rappelait que j’avais, tout juste là à côté de moi, un exemple probant de cette tolérance. Mais surtout, que cette tolérance n’est pas l’exception mais la règle.

Bien que je demeure absolument convaincu de la nécessité pour notre nation de léguer aux générations futures des institutions totalement laïques, merci à toi cousine d’avoir remis à l’avant plan l’empathie que l’on doit avoir envers tous ceux avec qui nous cohabitons; mais surtout de rappeler que la norme n’est pas dans l’intégrisme mais bien du côté des tolérants.

~ par delorimier sur 12 décembre 2013.

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