L’histoire juge habituellement sévèrement les personnages politiques comme Maria Mourani…

mourani

Primo : la citoyenne Maria Mourani a tout à fait le droit de changer d’opinion sur la question constitutionnelle, comme toute autre question d’ailleurs. Personne ne remet en question son droit à la réflexion et, ultimement à un changement d’opinion. La député Mourani doit cependant faire un très sérieux examen de conscience. Sur les réseaux sociaux, je n’ai pas vu de messages de gens s’identifiant d’Ahuntsic, des citoyens, qui saluaient le geste de Mourani. En contrepartie, on a pure de nombreux tweets de gens de ce comté qui étaient furieux. Rien de scientifique bien sûr, mais les transfuges sont généralement voués aux poubelles politiques de l’oubli.

Secundo : Il faudra bien que Mourani s’explique sur un détail très gênant. Si comme elle l’affirmait dans l’une de ses nombreuses entrevues aujourd’hui, sa réflexion sur son appartenance au mouvement souverainiste date surtout du débat qui entoure la question de la laïcité au Québec, pourquoi alors avoir dit (après le dépôt du projet de charte par Drainville) à l’ex chef du Nouveau Mouvement pour le Québec et candidat à la chefferie d’Option Nationale Jocelyn Desjardins que vous étiez prête à revenir au Bloc Québécois à condition d’en devenir la cheffe et que Daniel Paillé ne quitte? Il faudra que Mourani s’explique là-dessus.

Tertio : Dans les officines du Bloc Québécois, l’étoile de Maria Mourani avait beaucoup pâlie depuis la défaite cuisante défaite de 2011. Ce n’était un secret pour personne que la député indépendantiste se questionnait sérieusement sur ses convictions. D’ailleurs, dans une entrevue peu diffusée accordée à M Télé en janvier 2012, Maria Mourani avait lâché le morceau, la souveraineté était irréalisable à court terme et même à long terme. Personnellement, c’est un « staffer » du Bloc qui me l’avait discrètement envoyée. Déjà à cette époque, tous savaient que Mourani louvoyait sur la question de la souveraineté.

Quarto : Dans un tel contexte, c’est évident que tout allait mal finir. Le récit fait par certains intimes de la situation diffère beaucoup de la version avancée par Mourani sur son départ du Bloc. J’appellerais ça une « expulsion forcée ». 12 septembre, le matin de cette « expulsion », j’ai reçu un appel de mon contact au Bloc, médusé et furieux. J’ai déjà raconté la séquence des événements ici : https://delorimier.wordpress.com/2013/09/12/que-pouvait-bien-faire-daniel-paille-a-mourani-de-sexpliquer-charte-polqc/.

À la lumière de ce que raconte maintenant Jocelyn Desjardins, il est évident qu’il y avait une guerre larvée dans le très petit caucus du Bloc. Mourani était la figure la plus médiatisée, mais aussi isolée. Et cette semaine là, comme aujourd’hui, elle s’est servie de l’attention (et de la sympathie anti-souverainiste) qu’elle savait qu’elle aurait des médias fédéralistes pour bien beurrer épais.

Ce qui me conforte c’est que l’histoire juge habituellement très sévèrement ce type de personnage politique. Profitez bien de votre heure de gloire Madame Mourani, les transfuges disparaissent souvent très rapidement et sont vite oubliés.

~ par delorimier sur 18 décembre 2013.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :