Être Québécois: la fierté olympique par procuration…

TQ
(legrandclub.rds.ca)

Voilà enfin terminée cette grande mascarade olympique en Russie. Les cérémonies de clôture sont terminée, le témoin a été passé aux sud-coréens qui seront les hôtes des prochains jeux d’hiver. Les grands réseaux de télévision qui achètent à prix exorbitants les droits de diffusion, qui déplacent à l’autre bout du monde des équipes considérables pour assurer la couverture des Jeux ont tout fait pour que l’aspect sportif soit exempt de tout ce qui a fait de ce rendez-vous une indécente manifestation de pouvoir du despote Poutine.

Sur la ligne infinie du Transsibérien, ces jeux se tenaient plus près de Vladivostok que de Moscou. Il était plus aisé de confiner les visiteurs internationaux dans ce bled perdu tout en y empêchant d’entrée les indésirables russes. Il y aura bien eu quelques reportages fort pertinents, par exemple, de Jean-François Bélanger de la SRC, sur les opposants à ces Jeux. On a même pu voir quelques images des exilés de Sotchi, ces gens chassés, souvent de force, de leurs maisons, de leurs terres, pour faire place au bulldozer olympique. Mais en général, fort de la complaisance d’alliés pathétiques comme Marcel Aubut, le Comité organisateur russe a pu éviter trop d’embêtements…

Cachez ces noms Québécois…

Ici, on se souviendra de ces JO notamment par les malaises qu’ils ont provoqués au sein des deux solitudes… La première semaine des Jeux a donné lieu à une impressionnante récolte de médailles par les représentants du Québec. À tel point que les tableaux parallèles de médailles pullulaient, le Québec « torchait » le Canada. Cela faisait le bonheur des uns, mais en a irrité plusieurs autres!

Un animateur de la télé-poubelle Sun News se souviendra longtemps de son incartade imbécile contre la prononciation à la « québécoise » du nom de ces médaillés… Le succès fulgurant des athlètes du Québec, pour certains, a fait un peu trop ombrage aux athlètes canadiens. Car qu’on le veuille ou non, il y a deux réseaux parallèles au Canada, deux couvertures d’événements internationaux comme ces Jeux (la SRC, la CBC), chaque solitude ayant son antenne fort peu portée à s’intéresser à l’autre. Deux nations qui évoluent côte à côte, sans trop se parler…

Il y a eu quelques moments forts aussi. Le hockey demeure le ciment qui fait prendre la sauce en quelque sorte, la passion de ce sport fait tout converger vers l’unifolié pendant un moment. Je vais faire mon pisse-vinaigre mais entre l’or gagné par Team Canada avec l’apport de deux ou trois québécois ou la fierté de voir un jour le Fleurdelisé faire bataille au nom du Québec, mon choix est facile. En ce sens, j’ai bien aimé le parallèle que j’ai entendu (c’est Dany Dubé je crois) entre la situation du Québec et celle de la Slovaquie quand ce pays se représente sur la scène internationale. Le Québec n’aurait rien à envier aux autres pays qui participent aux Jeux d’hiver, surtout au hockey.

Un patriotisme de pub de bière…

Mais ce qui me manquera le moins de toute cette période c’est l’insupportable publicité aux forts accents patriotiques qu’on nous garroche ad nauseam pendant ce type d’événements internationaux. Sheila Copps peut aller se rhabiller avec ses ti drapeaux! Quelle meilleure façon que de laver les cerveaux sinon que les inonder au Karcher de la pub patriotique… « Nous jouons tous pour le Caaanaaadaaaaaaaa! » Molson Canadian en Indonésie, Tim Hortons, Canadian Tire, Leon’s, Macdo, etc. Juste pu capable.

Comme bon nombre de mes compatriotes québécois, je courbe l’échine et attend que la tempête passe. J’aimerais quand même souligner cette incongruité grosse comme un camion : le consortium francophone qui présente les JO au Canada axe la quasi-totalité de son contenu périphérique aux compétitions sportives sur le lien entre Sotchi et le Québec et quand il s’aventure sur le terrain canadien, ça donne des entrevues surréalistes comme celle de Dara Howell, sympathique médaillée d’or ski slopestyle, avec le journaliste Marc Durand de la SRC pour « Bon baisers de Sotchi ». Visiblement indifférente au fait que les questions étaient posées en français, la médaillée du jour n’a pas tenté un traître mot de français (peut-être ne sait-elle pas même dire salut ou merci?) et le journaliste essayait de se dépatouiller pour rendre le tout bien radio-canadien, bien bilingue. Ne jetons pas la pierre à Dara Howell, la skieuse n’a que 19 ans et le Canada qu’elle connaît n’a jamais été bilingue; elle est bien loin des tergiversations trudeauiennes de 82…

Tout éloigne toujours plus les deux solitudes de ce pays. Ce faux patriotisme olympien dopé à la pub bébête n’y changera rien. Qu’on cesse de fêter les athlètes de chez nous (et tous ceux qui les appuient : entraineurs, parents, bénévoles, etc) par procuration, à l’ombre de l’hymne d’une autre nation, bâtissons le rêve d’une Équipe Québec, n’ayons pas peur d’en parler, proposons le chaque fois qu’on se désole de ne voir qu’une poignée des nôtres être choisi par un « Team Canada »…

~ par delorimier sur 23 février 2014.

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