De l’art de débattre…

debat

Intéressant de lire à propos des luttes en coulisse concernant la préparation des éléments périphériques à une campagne électorale. On a entendu nombre de journalistes implorer qu’on ne déclenche pas d’élections pendant la semaine de relâche, on entendu certains commentateurs politiques évoquer l’état de certains projets de loi, soudainement capitaux à la vie démocratique, en vue de mettre de la pression sur la première ministre afin qu’elle accepte de se faire tomber sur le budget. Ces mêmes chroniqueurs politiques, les plus hostiles au PQ ici, évitent bien entendu de dire qu’en début d’année 2012, Jean Charest imposait à sa police de matraquer les étudiants (et éventuellement la population) dans le but d’y trouver « ses conditions gagnantes »…

Autre aspect intéressant dont on parle en ce début de mois de mars, la négociation en coulisse de la tenue des débats entre les chefs. Mon fil twitter regorgeait de « pom-pom boys » caquistes qui raillaient le PQ de « poc poc poc » ridicules car Pauline Marois refuse de se prêter aux quatre volontés de TVA et sa formule d’une semaine de débats « face à face ». Et si nous y regardions de plus près…

L’article de La Presse à ce sujet est fort intéressant. On y apprend que les différents partis politiques ont rencontré les grands réseaux de télévision la semaine dernière. Brisant la tradition jadis établie, Quebecor s’est retiré du grand consortium des médias qui organisait le débat entre les chefs lors de la campagne provinciale québécoise de 2012. Voilà qui n’est pas sans rappeler que Quebecor refuse encore et toujours de participer au Conseil de presse au Québec.

Pourquoi alors TVA/Quebecor tiennent-ils tant à organiser des débats parallèles à celui que tiendra le consortium des médias? Simple, avant tout pour n’avoir pas à négocier sur le contenu, les dates, mais aussi, et surtout, parce que TVA tient à ce que ses débats « face à face » servent les intérêts de la maison bien avant ceux de la population.

Le consortium des médias avait été institué pour que l’organisation du Débat des Chefs, élément incontournable depuis la fin des années 60, soit fait de façon objective, par un panel non-partisan de journalistes chevronnés, dont le rôle était de questionner les chefs de façon serrée, mais toujours en laissant les projecteurs braqués sur les politiciens, jamais sur les modérateurs. C’est là l’élément essentiel de la démarche d’un débat des chefs utile et objectif.

Depuis quelques années, à l’ère de l’information-spectacle, force est de constater que certains commentateurs politiques instrumentalisent la campagne électorale au profit de la visibilité de leur personne. C’est pourquoi un Jean Lapierre sillonne le Québec dans son autobus tonitruant jouissant de plus de moyens financiers que certaines formations politiques représentées à l’Assemblée Nationale. Voilà qui est périlleux quand on connait l’inclinaison politique de cet ex politicien qui ne fait pas dans la dentelle pour attaquer ses adversaires politiques.

Voilà exactement pourquoi TVA tient tant à faire cavalier seul dans l’organisation de ses « face à face ». Voilà une formule qui permet au diffuseur, qui refuse les paramètres du Conseil de presse du Québec, de contrôler le contenu, l’analyse, la mise en marché, et surtout, qui ferait de TVA un incontournable s’il fallait que « LA » bourde se produise sur son panel. Imaginez la suite, « un moment historique! », nous voilà déjà rendus aux comparatifs de la défaillance de Nixon contre JFK! Dans les faits, ce que TVA cherche avant tout c’est comment la couverture de la campagne électorale peut servir les intérêts de TVA bien plus que ceux de la population.

Ne pas déranger nos BBM svp…

D’autre part, on remarquera dans l’article de La Presse un autre élément troublant quant aux négociations de la tenue de ces débats :

« Selon nos informations, les partis ont rencontré TVA il y a quelques jours et Radio-Canada, vendredi. Un déclenchement d’élections la semaine prochaine compliquerait la tâche de TVA. La série de trois débats devrait se dérouler durant la période de sondages des cotes d’écoute. Le réseau a indiqué aux partis qu’il diffuserait alors la série de débats à LCN, et non sur sa chaîne principale. Ce problème pourrait être évité si la campagne commençait le 11 mars. »

Voilà le comble! En plus de se soustraire du consortium des médias et de l’impartialité qui y est inhérente, en plus de vouloir contrôler tout le contenu de ses « face à face » (et d’imposer une pause de presque une semaine à la campagne électorale), voilà que TVA aimerait que la première ministre prenne en considération les très importants sondages d’écoute de Quebecor quant à la date des élections…

En terminant, si on doit se fier à l’exercice des « Face à Face » de 2012, l’exercice fut de toute façon, au mieux, rébarbatif et mauvais.

Vous savez quoi… Tous les partis politiques devraient se tenir loin de ce genre de facéties.

~ par delorimier sur 1 mars 2014.

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