PKP: tentative d’exécution politique au moyen d’une instrumentalisation grossière de l’éthique…

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Le parti libéral de Philippe Couillard veut « régler le cas Péladeau » en commission parlementaire; bel euphémisme pour dire que l’Assemblée nationale sera instrumentalisée pour évincée un citoyen qui y a été dûment élu. C’est outrageusement injuste.

a) Doit-on rappeler que les citoyens qui ont élu Pierre-Karl Péladeau savait très bien QUI il était, connaissaient ses intérêts dans Québecor, ses aspirations politiques… On ne peut en dire autant de Philippe Couillard qui a sciemment CACHÉ son plan de gouvernance d’austérité extrême à la population afin d’être élu. PKP est donc plus légitime que le parti libéral.

b) Doit-on rappeler que l’automne dernier, les trois partis CAQ, PLQ et QS ont tenté de pousser une motion « PKP » afin de faire pression sur Péladeau à l’aune de son actionnariat chez Québecor, un pétard mouillé compte tenu que le libellé de la motion, en fin de compte, visait trop large et s’appliquait ainsi à quelques députés libéraux et caquistes! Dans les circonstances, cette coalition « anti-PKP » a dû reculer pour essayer de trouver une autre stratégie afin de concocter un plan qui ne s’appliquera seulement qu’à PKP… Leur dessein a été révélé au grand jour, une instrumentalisation politique faussement cachée en préoccupation éthique mensongère.

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c) Doit-on rappeler que Philippe Couillard et nombre de sa députation sont eux-mêmes en position éthique très discutable, et ainsi n’ont aucune légitimité de s’attaquer ainsi à Pierre-Karl Péladeau! Un rappel très juste par Léo-Paul Lauzon concernant les conflits d’intérêts de Couillard et Gaétan Barrette :

« On parle beaucoup des possibles conflits d’intérêts de Pierre-Karl Péladeau, le politicien avec son entreprise Québecor. Il est vraiment ridicule de voir les libéraux, entre autres, le chef Philippe Couillard et son futur ministre de la Santé Gaétan Barrette joués aux vierges offensées. Eux-mêmes sont en conflit d’intérêts pas seulement apparents, mais réels.

Puis-je vous rappeler mes amis que les deux sbires furent partenaires de grosses cliniques médicales privées et / ou de sociétés pharmaceutiques, qu’ils sont tous les deux des médecins spécialistes et que Barrette fût longtemps le président du plus puissant syndicat au Québec, dixit François Legault de la CAQ, soit la Fédération des médecins spécialistes. »

Et un peu plus loin:

« Gaétan Barrette, bien plus qu’un opposant

Le docteur Barrette est un rustre et un carriériste, très attaché, lui aussi, à l’argent, mais que Power Corp., propriétaire de La Presse et du Soleil, entre autres, adore.

Imaginez le samedi 8 mars 2014, La Presse lui a consacré ses trois premières pages dans un « dossier » intitulé : «  Radiographie d’un battant. ». Tout simplement pathétique.

Mais comme Power Corp. est intensément présent dans la santé privée, que La Presse est sa courroie de transmission idéologique et que Barrette et Couillard sont des fanatiques des cliniques et des hôpitaux privés qu’ils sont destinés pour bien aller ensemble, être en parfaite communion de corps et d’esprit. Comme ils disent, les petits esprits se rejoignent. « Le docteur Barrette ferait davantage de place au privé » (La Presse, 14 août 2014). Oui itou, bien évidemment. Y en as-tu qui ne s’inquiètent pas? »

d) Comment accorder le droit à Philippe Couillard de « régler le cas Péladeau » alors que le premier ministre devrait lui-même se trouver en commission parlementaire pour expliquer ses liens nébuleux, troublants, avec la minière chinoise Canadian Royalties qui vient de recevoir 100M de notre argent en dépit du fait que Investissement Québec avait recommandé de ne pas verser cet argent! Qui est intervenu? L’organisme Canadian Minewatch dresse un portrait accablant de cette minière au passé trouble, au bilan environnemental exécrable et aux finances vacillantes. Pire, alors que Couillard tentait de clouer le bec, par une conférence de presse à Québec au Salon de presse, à tous ceux qui oseraient trop enquêter sur la question, le PM a menti en assurant que lors de son récent séjour en Chine, il n’avait pas rencontré les dirigeants de Canadian Royalties.

Couillard a été contredit par le ministre Jacques Daoust, forcé d’admettre que le PM avait rencontré la minière en question au sein de laquelle il avait des intérêts avec un certain Arthur Porter… Mieux, cette minière fait partie de la grande nébuleuse d’actionnariat de Power Corporation. On écoutera l’entrevue de Dutrizac avec le représentant de Canadian Minewatch et le sinologue Loïc Tassé. Que Couillard ne soit pas déjà au ban en train de s’expliquer est proprement scandaleux. Comme si ce n’était pas assez, les scandales éthiques se superposent dans le cas de Philippe Couillard, la même semaine on ajoutait le dossier Amorfix… Que le premier ministre réponde de son passé troublant avant de lancer toute kabbale envers un autre député.

e) Les parlementaires « anti-PKP » ont eu beaucoup de difficultés à trouver quelqu’un pour faire la job de bras et pondre un rapport qui accuserait Péladeau, sans pour autant mettre dans l’embarras d’autres parlementaires dans des situations analogues (être ministre et avoir dans sa famille quelqu’un qui a des intérêts dans les médias). En dernier recours, ces parlementaires se sont tournés vers le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval (CEM), relativement au cas de Pierre Karl Péladeau, même si les gens dans le domaine savent très bien qu’au CEM il y a des adversaires de longue date de Péladeau et que rapport de ce centre d’étude ne saurait être impartial. D’ailleurs, le comité du CEM est mené par Florian Sauvageau, un ex du Soleil, très proche de Gesca et adversaire de longue date, pourfendeur en somme de Québecor…

f) S’il s’agit vraiment de « préoccupations éthiques » pourquoi PKP n’ajoute-t-il pas le cas de sa ministre Stéphanie Vallée à l’ordre du jour? Sa relation amoureuse avec l’animateur vedette de Cogéco en Outaouais, la région qu’elle représente au Conseil des ministres, fait beaucoup jaser et pose des problèmes éthiques non négligeables.

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Dès que la candidature de PKP fut connue, tous savaient qu’un jour ou l’autre, cet adversaire gênant serait victime de ce que Mathieu Bock-Côté avait nommé « une tentative d’exécution politique » au moyen ‘d’une instrumentalisation grossière de l’éthique ». C’était vrai alors, ce l’est encore aujourd’hui. Évincer PKP de l’assemblée nationale de règlera en rien le problème de la concentration des médias au Québec, ni celui de l’emprise sur le politique d’un autre groupe industriel, Power Corporation, au moyen de son bras politique Gesca.

~ par delorimier sur 7 mai 2015.

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