Quand La Presse, Gesca et Cauchon traiteront du cas Péladeau…

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Samedi, cela a fait un mois jour pour jour que le Journal de Montréal, Cogéco et La Presse Canadienne ont traité du cas de la subvention de 100 millions de dollars de fonds publics à une minière chinoise à la réputation très douteuse, Canadian Royalties. J’ai beaucoup écrit là dessus et je rappelle que depuis le dévoilement de cette affaire troublante (ainsi que la fraude Amorfix) pour Couillard (et ses alliés comme Power), toujours La Presse s’est abstenu de publier quoi que ce soit qui puisse embêter le chef libéral. Rien.

Pourtant, pendant la même période, entre le 9 avril et le 10 mai, La Presse/Gesca/Cauchon ont publié au minimum 41 textes qui visaient, attaquaient PKP, sa famille, sa course à la chefferie ou son statut à l’assemblée nationale. 41 textes minimum. Et on lit l’extrait ci-haut de la convention collective en cours chez Gesca.

« Les commentaires, analyses [comme en publie Denis Lessard], chroniques ou autres écrits [c’est très large…] ne doivent pas être hostiles à La Presse, ni à son orientation idéologique »

À la lumière des choix qui sont faits au pupitre quant à ce qui est couvert ou pas dans la section « information », manifestement, ce biais idéologique transparait aussi à l’info. C’est très troublant. 41 textes (plusieurs à l’info) sur PKP, rien de substantiel sur Canadian Royalties/Amorfix/Couillard/PowerCorp…

Suite à ce qui a été révélé dans les médias il y a un mois, le premier ministre Couillard a été forcé de  s’expliquer sur ses liens nébuleux, troublants, avec la minière chinoise Canadian Royalties qui a reçu 100M de notre argent en dépit du fait que Investissement Québec avait recommandé de ne pas verser cet argent! Qui est intervenu? L’organisme Canadian Minewatch dresse un portrait accablant de cette minière au passé trouble, au bilan environnemental exécrable et aux finances vacillantes. Couillard a bien tenté de clouer le bec, par une conférence de presse à Québec au Salon de presse, à tous ceux qui oseraient trop enquêter sur la question, le PM a plutôt confondu la population en assurant que lors de son récent séjour en Chine, il n’avait pas rencontré les dirigeants de Canadian Royalties.

Couillard a été contredit quelques heures plus tard par le ministre Jacques Daoust, forcé d’admettre que le PM avait menti, il avait bel et bien rencontré les dirigeants de la minière en question au sein de laquelle il avait des intérêts avec un certain Arthur Porter… Mieux, cette minière fait partie de la grande nébuleuse d’actionnariat de Power Corporation. On écoutera l’entrevue de Dutrizac avec le représentant de Canadian Minewatch et le sinologue Loïc Tassé. Que Couillard ne soit pas déjà au ban en train de s’expliquer de ces dossiers éthiquement très inquiétants est proprement scandaleux.

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Comme si ce n’était pas assez, les scandales éthiques se superposent dans le cas de Philippe Couillard, la même semaine on ajoutait le dossier Amorfix… Quelle a été la défense du premier ministre?  Oui mais regardez le cas PKP et son actionnariat chez Québecor! Parfait. Si Couillard veut jouer sur ce tableau, on ajoutera au menu de la commission parlementaire (lire instrumentalisation partisane de l’éthique pour chasser PKP de l’Assemblée nationale) qu’il veut convoquer pour traiter de cette question justement pour le questionner sur le diktat idéologique chez Gesca tel que stipulé dans la convention collective, le tout à l’aune des intérêts du PM Couillard qui remontent jusqu’à Power Corporation et toutes les compagnies de cette grande nébuleuse.

Sur le terrain de l’éthique, le PLQ et Couillard misent beaucoup plus que Péladeau…

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Le Québec s’était penché en 1981 à l’Assemblée nationale sur le problème de la concentration des médias. Rien n’a vraiment été fait depuis pour analyser, étudier, comprendre les effets réels de cette concentration des médias sur la gouvernance, l’influence politique. Le parti libéral s’est d’ailleurs très bien accommodé, quand il ne s’est pas tout simplement appuyé, sur l’influence indéniable des Desmarais au sein du politique au Québec.

Une réflexion est-elle nécessaire sur ces aspects? Assurément. Ce n’est pas la sinistre farce de « commission parlementaire anti-PKP » qui ne règlera quoi que ce soit en la matière. Il n’y a là qu’une inquisition partisane de mauvais goût. Si les parlementaires qui veulent faire la peau à Péladeau étaient sérieux, ils prendraient leur temps afin de se pencher sur l’ensemble de la problématique de la concentration des médias. mais ne comptez pas sur le PLQ pour le faire car cela risquerait d’embêter un allié dont ils ont bien besoin…

Réflexions intéressantes du spécialiste de ces questions éthiques dans les médias Marc-François Bernier…

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~ par delorimier sur 10 mai 2015.

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