Neutralité religieuse de Philippe Couillard, ceux qui pensent que la Charte divisait n’ont encore rien vu!

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Philippe Couillard avait promis, dès son discours d’entrée à l’Assemblée nationale en 2014, d’agir rapidement sur la question de la laïcité. Ici comme ailleurs, ce n’était que mensonges et le PM a reculé sans cesse pour protéger son électorat captif.

L’éditorialiste Antoine Robitaille expose très bien la situation dans Le Devoir de ce matin :

« Puis, en dépit de la multiplication des événements liés à l’intégrisme ici et ailleurs, les libéraux au pouvoir donnèrent l’impression de jouer avec les mots afin de reporter les échéances… d’abord à l’automne, puis à l’hiver, puis au printemps. L’objet et les mots mêmes changèrent : il ne s’agissait plus de lutter « contre l’intégrisme », mais contre la « radicalisation ». On apprit même que l’intégrisme pouvait être un « choix personnel » ; qu’un intégriste pourrait peut-être même travailler dans un cabinet du gouvernement Couillard… et puis non. Qu’il fallait lutter contre le radicalisme. Mais pas toutes les sortes : le radicalisme « violent » en particulier.

Ce qui semblait l’application simple de « consensus » en 2014 est devenu, semble-t-il, extrêmement complexe l’année suivante. Au fond, le gouvernement a embrassé trop large : il a voulu tout faire à la fois. On attendait une simple loi sur la neutralité de l’État ; un comité interministériel fut créé. À l’origine il comprenait deux ministères : Immigration et Sécurité publique. Puis se sont ajoutés Santé et des Services sociaux, Emploi, Famille, Éducation et Justice. »

Plus loin, Antoine Robitaille explique un nœud important qui divise le caucus libéral et qui, lors du débat sur le projet de loi 60 (la charte), avait été le catalyseur de l’expulsion de Fatima Houda-Pépin qui avait refusé de se rallier à la position radicale de son parti sur ses questions, elle, seule femme député musulmane de l’Assemblée nationale et experte dans le domaine..

« il y aura une « politique très large » (évoquée par M. Couillard mercredi), mais elle ne comportera qu’une loi, celle sur la neutralité religieuse.

Celle-ci, visant à garantir des services publics reçus et donnés à « visage à découvert » est un des facteurs qui retardent toute l’opération : des élus libéraux ont la conviction qu’elle ne réussirait pas le fameux test des chartes de droits. Ils se souviennent que le projet de loi 94 de 2010 — jamais adopté — avait un but similaire. Or, la Commission des droits de la personne (CDPDJ) avait à l’époque exprimé ses « vives inquiétudes » à son égard ainsi que son « malaise » à voir une loi viser ainsi un « groupe particulier de personnes qui, pour des motifs religieux, ont le visage couvert, à savoir les femmes musulmanes portant le niqab »

Petit rappel : Robitaille évoque ici le risible épisode où la ministre Kathleen Weil, pour faire écho aux convictions multiculturalistes radicales de son chef, elle avait candidement avoué qu’un « intégriste » pourrait très bien travailler dans son cabinet. On pense aussi à l’un des ténors du radicalisme multiculturaliste libéral, Marc Tanguay, qui annonçait à tout le monde en 2014 qu’une femme portant le tchador pourrait très bien être candidate du PLQ aux élections.

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Tout est là. Philippe Couillard sait très bien qu’il existe un schisme profond entre ses convictions radicales, l’intérêt d’une frange importante de son électoral religieux et le consensus qui existe dans la grande majorité de la population du Québec sur cette question. C’est pourquoi il hésite, il repousse, il patine (fort mal d’ailleurs). Le chef libéral cherche une façon de légiférer en la matière pour contenter les prosélytes religieux qui, depuis longtemps, assurent un appui électoral indéfectible au PLQ en échange d’une écoute précieuse de leurs revendications…

Ceux qui pensaient que le projet de loi 60 de Bernard Drainville était « divisif » n’ont encore rien vu. Je suis content que Antoine Robitaille rappelle les tractations du PL94 de Jean Charest sur les « accommodements raisonnables » car si c’est là le point de départ des discussions pour Philippe Couillard, il se peut bien que l’éjection de Fatima Houda-Pépin ne soit plus l’exception mais bien le prémisse à une grande déception du côté des troupes libérales et surtout de leurs militants qui, en grande partie, ont sourcillé en entendant les inepties de Kathleen Weil et Marc Tanguay…

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~ par delorimier sur 21 mai 2015.

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